L'exagération des problèmes environnementaux: une pratique récurrente de la pseudo-écologie
L'une des études citée dans les Monsanto Papers comme ghostwritée (c'est-à-dire qui est écrite par un auteur qui n'est pas mentionné, souvent pour cacher ses conflits d'intérêts), a été finalement rétractée :
>illiams GM, Kroes R, Munro IC. Safety evaluation and risk assessment of the herbicide Roundup and its active ingredient, glyphosate, for humans. Regul Toxicol Pharmacol. 2000 Apr;31(2 Pt 1):117-65. doi: 10.1006/rtph.1999.1371. PMID: 10854122
J'en avais parlé dans mon livre sur les Monsanto papers. L'étude mentionnait explicitement une intervention de Monsanto : "Key personnel at Monsanto who provided scientific support were William F. Heydens, Donna R. Farmer, Marian S. Bleeke, Stephen J. Wratten, and Katherine H. Carr."
Il s'agissait en outre d'une revue de littérature, pas de la production de données primaires.
Cette rétractation, sans conséquence, est pourtant présentée comme un "petit tsunami" par Quota Climat (et la sphère pseudo-écologiste en général).
Exagération de l'importance de l'étude
QuotaClima commence par exagérer la portée de l'étude. Cela permet de diaboliser au maximum : si l'étude était sans portée, qui s'en soucierait ?
Fausse neutralité et "chercheurs"
Alexander Kaurov et Naomi Oreskes sont présentés comme des chercheurs neutres, alors que, au moins la seconde est une militante produisant avec consistance des travaux destinés à plaire aux anticapitalistes.
Les fameuses "études indépendantes"
On retrouve le dénigrement des études industrielles au profit d'études "indépendante" : "(3) Les autorités sanitaires doivent se méfier d’études financées par les industriels, et favoriser la prise en compte d’études indépendantes"
Or d'une part il ne s'agit pas d'une "étude industrielle", terme utilisé pour décrire les données primaires financées directement par l'industrie. Il s'agissait, rappelons le, d'une revue de littérature.
D'autres part, ce n'est pas parce que les recherches sont financées par un organisme public ou une Université qu'ils sont "indépendants". On peut penser par exemple à l'étude Séralini, que son auteur a pu transformer en un atout communicationnel pour vendre un film et un livre.
Ce discours s'inscrit dans la volonté de mise sous tutelle de la science par la pseudo-écologie : seuls les organismes que nous reconnaissons doivent être considérés fiables.
Diabolisation par insinuation
Enfin, l'association présente le fait que le Conseil d’autorisation des produits phytopharmaceutiques du Pays-Bas annonce "que la rétractation de cette étude n’aurait pas d’incidence sur la mise sur le marché de la substance" comme douteux, insinuant qu'il y a anguille sous-roche, une incohérence avec la gravité exceptionnel de ce "petit tsunami".