Le contexte idéologique de la pseudo-écologie

La pseudo-écologie n’est pas isolée: elle partage d’importants points communs avec d’autres mouvances, comme l’anthroposophie, la sphère antivaxx ou encore les mouvements anticapitalistes. C’est le cas parce qu’elle exploite des thèmes communs, comme l’idée d’une contamination, le passéisme (c’était mieux avant) et le complotisme.

Les thèmes récurrents de la pseudo-écologie

Plusieurs thèmes reviennent constamment dans les discours pseudo-écologistes. Ils font partie de son « coeur », ce sont les grandes tendances qui la traversent. Ils ont aussi le terrain commun qui va servir l’union avec d’autres courants.

Le passéisme

La pseudo-écologie adopte souvent une vision romantique du passé, croyant que les sociétés anciennes vivaient en harmonie parfaite avec la nature.

Cette idée de retour à un âge d’or perdu est souvent utilisée pour critiquer les progrès technologiques et le développement moderne.

Le complotisme

Les tenants de la pseudo-écologie sont souvent enclins à croire en des théories du complot impliquant des entités puissantes (gouvernements, grandes entreprises, etc.) conspirant pour détruire l’environnement dans un but de domination ou de profit. Cela conduit à une méfiance généralisée envers les institutions et les autorités.

La glorification de la pureté

On retrouve la glorification de la pureté à plusieurs niveaux:

  • Dans la conception des conflits d’intérêts: il faudrait pour être « pur » n’avoir aucun lien d’aucune sorte, passé, présent et futur avec des entreprises privées pour être « neutre ».
  • Dans le thème de la contamination: le monde et les humains devraient être parfaitement exempt de certaines particules (ex: radioactivité) ou molécules (ex: pesticides). C’est un terrain commun avec les antivaxx notamment.

Les courants idéologiques proches de la pseudo-écologie

Plusieurs courants idéologies sont proches de la pseudo-écologie, notamment parce qu’ils exploitent aussi ces thèmes :

  • L’anthroposophie, notamment à travers la biodynamie.
  • Le pseudo-féminisme, qui se retrouve dans de nombreux thèmes pseudo-écologistes et a même un terme spécifique: l’écoféminisme.
  • L’anticapitalisme, qui a largement englobé la pseudo-écologie.
  • L’antispécisme, autour de l’élevage.
  • Le mouvement antivaccins, dit antivaxx.

Anthroposophie

L’anthroposophie est une discipline ésotérique sortie de l’imagination de Rudolf Steiner au début du XXe siècle en Allemagne. Racialiste et antiscience, elle a participé à inspirer l’ésotérisme nazi. Elle rejoint la pseudo-écologie avec la biodynamie, souvent présentée comme une agriculture « plus bio que bio » et une alternative à l’agriculture conventionelle.

Pseudo-féminisme et écoféminisme

Le pseudo-féminisme est au féminisme ce que la pseudo-écologie est à l’écologie: un système permettant d’exploiter une idée pour le profit de ses entrepreneurs.

Les partis politiques pseudo-écologistes sont en général aussi pseudo-féministes. Il y a même une fusion des deux thèmes dans « l’écoféminisme », selon lequel les problèmes climatiques viendraient du « patriarcat ».

Anticapitalisme

L’anticapitalisme est une réaction populiste au libéralisme qui remonte au XIXe siècle et s’est notamment matérialisé dans de nombreuses dictatures dans le monde.

La pseudo-écologie a aujourd’hui pleinement intégré le mouvement, accusant systématiquement le « capitalisme » d’être à l’origine des dégats environnementaux.

Antispécisme

L’antispécisme est un mouvement philosophique qui prône l’égalité morale entre les êtres sensibles, qu’ils soient humains ou non humains.

Il rejette l’idée de hiérarchie morale basée sur l’espèce et condamne l’exploitation des animaux par les humains.

Antivaxx – fakemeds

La proximité da la pseudo-écologie avec les antivaxx et les « Fake Meds » [ecosystème de promotion de « médecines alternatives » et inefficaces] semble plus distante, puisqu’il n’y a pas de thème parfaitement identique.

Même sur le thème, commun, de la contamination, les antivaxx parlent d’une contamination d’origine médicamenteuse, alors que les pseudo-écologistes parlent d’une contamination d’origine environnementale (pesticides / radioactivité). Pire, beaucoup de sympathisants de la pseudo-écologie condamnent le mouvement antivaxx, les accusant notamment d’être antiscience.

Néanmoins, en pratique, on voit une forte proximité organique : l’une des principales cadres du parti pseudo-écologiste français, Michèle Rivasi, était aussi une des principales figures du mouvement antivaxx ; plusieurs leaders du CRIIGEN, Pierre-Henri Gouyon et Christian Vélot, ont également intégré le mouvement antivaxx avec le Covid. La jonction se fait aussi autour du discours complotiste rapprochant l’industrie des pesticides et des médicaments : les premiers rendraient les gens malades pour que la seconde puisse les soigner.

L’antisémitisme antisioniste

Enfin, et c’est une proximité qui a pu rester discrète jusque là, mais qui prend de l’ampleur: l’antisémitisme antisioniste. Il s’agit de la dernière mutation de l’antisémitisme consistant en substance à rejeter la présence des Juifs en « Palestine » et encourager les violences contre les Juifs dans le monde en prétextant s’opposer à la politique du gouvernement Israélien.

La proximité s’explique par des logiques purement clientélistes et la proximité avec la sphère anticapitaliste, fortement antisémite, qui phagocyte de plus en plus la pseudo-écologie. C’est un point de tension difficile à négocier pour des partis comme EELV, dont l’électorat a une forte aversion pour l’antisémitisme.

L’agribashing

L’agribashing est un peu difficile à placer dans cet ensemble. En effet, c’est plus un espace qu’un courant. Il agrège en effet l’ensemble des dénigrements de l’agriculture et des comportements y étant connectés.

Cela inclut non seulement la pseudo-écologie, mais aussi les actions des écosystèmes anti-chasse et antispécistes noamment.

L’écoislamisme

Enfin, une tendance de plus en plus sensible, notamment en Belgique, est l’éco-islamisme : la jonction entre politiciens islamistes et écologistes.

Autres pseudo-causes

Ce que nous venons de voir sont des pseudo-causes: des systèmes dédiés à l’exploitation d’une « cause » pour en extraire de la valeur en escroquant une base de croyants. On pourrait aussi appeler ça des « économies du bullshit ».

Par cette nature, elles partagent un lien de complicité et de concurrence avec les autres pseudo-causes, parce qu’elle cible globalement le même marché. Il y a donc d’une part une tendance à étendre ce marché et d’autre part une tendance à être en compétition pour sa domination.

Nous reviendrons sur cette mécanique dans la partie sur le fonctionnement. Néanmoins, cela signifie aussi que toutes les pseudo-causes ont en principe le potentiel de contribuer à l’écosystème d’une manière ou d’une autre. Voici quelques exemples: