Confédération paysanne, importations et Sahara occidental [26/11/2025]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

On sait depuis longtemps que la Confédération paysanne est un des acteurs de la pseudo-écologie. Le 26 novembre 2025, elle a mené une action contre une entreprise marocaine important des tomates cerises du Sahara Occidental.

L'événement peut sembler anodin, sauf que l'argumentaire développé dans la vidéo du syndicat interpelle : il s'oppose à la présence marocaine dans cette région. Or, La France Insoumise, parti clé de la pseudo-écologie est justement proche de l'Algérie.

Faut-il voir ici une illustration de l'asujetissement de l'action syndicale aux intérêts politiques ?

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Transcription

"Aujourd'hui, la Confédération paysanne est allée bloquer et s'est introduite dans les locaux d'Azura, une entreprise marocaine qui importe illégalement des tomates du Sahara occidental. Nous sommes ensuite allés à Carrefour récupérer dans des caddies toutes les barquettes de tomates du Sahara occidental que nous avons trouvées pour ensuite les emmener à la douane à Perpignan.

L'objectif était de dénoncer les activités du groupe Azura qui importe des tomates et des légumes du Sahara occidental vers l'Union européenne à travers l'accord de libre-échange UE-Maroc de manière illégale, puisque normalement cet accord n'inclut pas les territoires du Sahara occidental qui est un territoire non-autonome à décoloniser selon l'ONU.

Le problème pour nous aujourd'hui à la Confédération paysanne, c'est que les producteurs européens et français se retrouvent en concurrence avec ces importations. Les conditions de production, notamment de ces tomates cerises, sont extrêmement différentes. Les normes sont quasi inexistantes, à la fois en termes de droit du travail et de l'environnement, ce qui permet aujourd'hui à des entreprises comme Azura d'importer en Europe des tomates à un prix extrêmement faible.

Quand on a des tomates qui arrivent à moins de 4 € le kilo ici sur le territoire français, alors que nous l'entrée de gamme c'est au minimum 8 à 10 € le kilo, forcément il y a une concurrence déloyale.

Les prix minimums d'entrée sont une proposition qui permet un commerce international basé sur la solidarité et sur la souveraineté alimentaire et qui nous permettrait de vivre dignement de notre métier.

Aujourd'hui, c'est une action jonction de deux histoires : le combat pour un prix juste, un prix rémunérateur pour les paysans et les paysannes en France, mais aussi le combat contre la colonisation, pour la solidarité avec un peuple qui subit des violations liées à l'accaparement de leurs ressources, à savoir le Sahara occidental.

Opération "braderie" de tomates illégales ! Et nous, Confédération paysanne, on est pour la solidarité entre les peuples et on peut faire du commerce sans signer des accords de libre-échange délétères.

En tant que syndicat agricole paysan français, porte-plainte aujourd'hui contre Azura qui fait une fraude fiscale sur les droits de douane aujourd'hui."

Une critique classique des importations ?

La critique des importations ne respectant pas le cahier des charges des exploitations françaises est assez répandue. Les pays étrangers ayant des coûts du travail plus bas et plus de liberté environnementale opposeraient une concurrence déloyale aux agriculteurs Français.

Jusque là, rien de choquant.

Juridisme et contestation de l'emprise marocaine sur le Sahara occidental

Néanmoins, le discours de la Confédération paysanne ne s'arrête pas là : il reproche l'illégalité du fait que les tomates bénéficieraient de l'accord de libre échange maroc-UE alors qu'elles viendraient du Sahara occidental. On ne sait pas trop d'où ils tiennent leur certitude.

Mieux, ils prennent position contre le fait que le Maroc contrôle la zone : "un peuple qui subit des violations liées à l'accaparement de leurs ressources, à savoir le Sahara occidental".

Ce parti-pris interroge. De plus, pourquoi s'attaquer spécifiquement à des importations du Sahara occidental ? On trouve des tomates marocaines à prix cassé, souvent à moitié prix des françaises, un peu partout.

Un article d'un média algérien a d'ailleurs félicité l'opération dans un article du 1er décembre. Il relève que "À travers son action, la Confédération paysanne a voulu attirer l’attention des euro-députés afin qu’ils s’opposent ce jour-là à Bruxelles à un vote convoqué par la commission agriculture du Parlement européen."

Le syndicat semble avoir un intérêt continu en la matière : "Or, à la suite d’une plainte déposée par le syndicat français, la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) a rappelé, à plusieurs reprises, que le Maroc et le Sahara occidental sont « deux territoires distincts et séparés », sans souveraineté marocaine sur le second ce qui implique la pose de l’étiquette « Western Sahara (EH) » et non « MA »."

L'article confirme que la posture défendu par la Confédération est conforme aux intérêts algériens, reprenant l'accusation : "firmes franco-marocaines qui « pillent » les ressources en eau du Sahara occidental et exploitent la main-d’œuvre féminine."

Une réponse possible peut résider dans l'écosystème pseudo-écologiste. La gauche est justement assez proche de l'Algérie, qui conteste l'emprise du maroc sur cette région. Par exemple, un de ses députés, Delogu, y est allé dire que c'était génial (alors même que Boualem Sansal et un journaliste sport y étaient incarcérés pour avoir déplu au régime).

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Dernier point, on observe le point récurrent de la Confédération paysanne : l'utilisation du terme "paysan" pour décrire les agriculteurs, promouvant l'image misérabiliste d'une agriculture coincée au début du XXe siècle. On note également la prétention au "combat contre la colonisation", s'ancrant bien à l'extrême gauche (même si ça n'a rien à voir avec l'agriculture).