Périnaud et la diabolisation de l'acétamipride [21/07/2025]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Avec la loi Duplomb, on a vu un déferlement terrifiant contre l'acétamipride. Ce pesticides, jusqu'alors inconnu au bataillon, tellement anodin qu'on le retrouve dans des spray anti-moustiques et des produits anti-mites alimentaires, est présenté comme le pire des pesticides. Nous allons commenter un des articles responsables de ce déferlement : "Ce pesticide peut exposer la population par l'alimentation", par Apolline Le Romanser pour Libération, qui interviewe erre-Michel Périnaud, médecin généraliste à Limoges.

L'article commence par expliquer que beaucoup de monde est contre :

"Une pétition s'opposant au texte a atteint le million de signatures en seulement dix jours. Son instigatrice, Eléonore Pattery, étudiante de 23 ans, y dénonce une «attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité». C'est aussi la position de nombreuses associations, dont Alerte des médecins sur les pesticides. Son président, le Dr Pierre-Michel Périnaud, généraliste à Limoges, revient pour Libération sur les risques liés à cet insecticide."

Puis, elle laisse la parole au médecin.

L'agroécologie selon le grand public

Il recrache les éléments militants pseudo-écologistes sans probablement rien n'y comprendre, déplorant : "À nos débuts, on sentait que la transition agroécologique était actée – certes, pas assez vite. Mais il y a un retour en arrière depuis cinq six ans, avec l'effondrement du soutien au bio, la mise au pas de l'Office français de la biodiversité. Et maintenant la loi Duplomb."

Il serait intéressant de lui poser des questions sur l'agroécologie pour savoir ce qu'il y connaît. À travers ce genre de discours hors sol, on devine que le terme d'agroécologie est, pour beaucoup un simple élément de langage, une pseudo-alternative.

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Attaque contre les agences

Il s'en prend ensuite aux agence, après une petite phrase qui dit beaucoup : "Elle [la pétition] devrait permettre d'ouvrir un débat qui n'a pas eu lieu à l'Assemblée nationale".

Ici il s'agit implicitement de reprocher au gouvernement d'avoir adopté sa stratégie, qui aboutit à éviter les débats. En effet, l'opposition avait déposé plusieurs MILLIERS d'amendements. C'est bien elle qui est responsable de l'absence de débat en faisant de l'obstruction parlementaire. Pourtant, les opposants le reprochent constamment au gouvernement et à la droite.

C'est une inversion victimaire qui s'inscrit en outre dans une sorte d'idéalisation du dialogue et de prétention à être "ceux qui veulent discuter" (tout en flinguant toute discussion évidemment).

Donc, les agences ! Il déclare "C'est l'occasion de reconsidérer certains arguments et de se pencher sur les failles dans les autorisations de mise sur le marché de substances chimiques."

Puis, il se permet une fallacie évidente : "Le fait que cette pétition ait pris autant d'ampleur en une dizaine de jours montre l'impact que cette loi a pour toute la société." Or cela montre juste l'efficacité des campagnes de communication pseudo-écologistes. Il

Il prétend ensuite que "On fait l'impasse sur les données de l'impact sur la biodiversité de l'Inrae, de celles sur la santé humaine de l'Inserm" sans préciser. Puis dénigre le fait que l'EFSA puisse inscrire qu'un aspect toxique n'est pas suffisamment documenté par l'industriel dans deux évaluatons successives, sans bloquer l'autorisation.

Puis, il dénonce " des effets plus que suspectés sur le neurodéveloppement de l'enfant" en citant 3 études. Sachant que l'EFSA elle-même reconnait ce danger.

Il évacue d'un geste toute nuance et démontre son incurie absolue sur fond de complotisme, digne d'un bistrot : "Pour nous, rien ne prouve que l'acétamipride serait moins dangereux que les autres néonicotinoïdes, c'est un argument des industriels."

Puis il continue son énumération, accusant l'acétamipride d'être un perturbateur endocrinien.

Ici, la principale manipulation est de présenter un danger comme un risque en exploitant la faible culture sanitaire de la population.