Christophe Cassou, climatisation et canicule [06/2026]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS, est une des figures montantes de la pseudo-écologie. Il valorise son prestige de chercheur au profit de la pseudo-écologie depuis quelques années. Lors de la canicule de juin 2026, il a eu l'occasion de réiterer son allégeance en participant au discours anti-climatisation.

Nous allons commenter plusieurs de ses interventions.

Cassou et la climatisation, transcriptions

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Christophe Cassou : Aujourd'hui, une gestion de crise, une gestion d'urgence. Bien évidemment qu'il faut climatiser les hôpitaux, bien évidemment qu'il faut climatiser les lieux où des personnes vulnérables sont présentes. Ca n'a pas de sens de discuter de ça. Tout le monde est d'accord, quel que soit l'échiquier politique, tout le monde est d'accord. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait avec cette canicule là ?

[...]

Christophe Cassou : Et ce que je veux dire, c'est que ces canicules vont devenir plus intenses, dans le sens où euh des seuils de température vont être franchis, des seuils de température très élevés. Par exemple, on parle du 50 degrés, qui est un qui est un un chiffre emblématique. Ce seuil de 50 degrés, c'est plus la question du du si, est-ce que c'est possible d'avoir 50 degrés en France, c'est quand. Ça peut être au mois d'août.

Christophe Cassou : Ça peut être dès cette année pour vous. Ça peut être dès cette année, ça peut être dans deux ans, ça peut être dans 10 ans. L'idée, dans cette politisation des canicules, c'est de se préparer.

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BFMTV2

Christophe Cassou : Il faut donner à voir une la France que l'on souhaite. La France que l'on souhaite, c'est pas la France de la climatisation non plus.

C'est difficile à entendre ça aujourd'hui, vous l'avez vu, hier, je vous pose la question très simplement parce que, au-delà de la question des politiques, justement, hier, je recevais euh le patron des magasins Intermarché. Il n'est ni de droite ni de gauche. Euh, ce qu'il constate, simplement en regardant, c'est qu'il est à une explosion du nombre de clims. C'est-à-dire que les Français, eux, demandent la clim.

Christophe Cassou : Et je pense que c'est à la puissance publique d'élever le débat, parce que la clim, c'est un chiffon rouge. La clim ne permet pas d'aborder les vraies questions. La clim fait partie des stratégies d'obstruction, qui permettent en fait de masquer la réalité du problème. Et ces stratégies d'obstruction, il faut les dénoncer. Ces stratégies d'obstruction, elles elles elles s'expriment partout. Elles s'expriment à l'Assemblée nationale, elles s'expriment au sein des lobbies, des lobbies qui font pression sur les politiques. Ces stratégies d'obstruction, elles sont présentes.

Christophe Cassou : Regardez la semaine prochaine la loi agricole qui va être discutée à l'Assemblée nationale. Les stratégies d'obstruction ont été partout présentes pour faire que cette loi, en fait, les les les mesures qui sont dans cette loi sont à 180 degrés de ce qu'il faudrait faire pour cette lutte contre le changement climatique.

Journaliste : Mais pardon, Christophe Cassou, encore une fois, je je vous pose la question que se que posent les Français. Pourquoi les privés, c'est-à-dire qu'est-ce qu'est-ce qu'est-ce que vous leur dites quand vous dites c'est de l'enfumage ? Je l'entendu parfaitement. Mais aujourd'hui, qu'est-ce que vous dites à ceux qui se ruent dans les magasins pour aller acheter des clims ?

Christophe Cassou : La question n'est pas de priver la clim, la clim est un faux débat.

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C à vous

Politiser les canicules, de déni de gravité n'est plus une option. Il y a un devoir d'honnêteté, parce que on ne négocie pas avec le climat. Il faut pointer les responsabilités, il faut pointer les responsabilités d'inaction, il faut pointer les responsabilités de de l'impréparation.

Il faut pointer l'obstruction, parce qu'aujourd'hui, il y a des mécanismes qui sont tels que qui visent à saper cette transformation-là. On le voit au niveau du gouvernement actuellement, on le voit au niveau de l'assemblée actuellement, qui vote des lois qui sont à 180 degrés de l'adaptation. Pourquoi ? La connaissance est là. Pourquoi ? En fait, c'est des mécanismes d'obstruction qui sont très documentés dans la littérature scientifique, hein.

Et ils ils sont vraiment présents aujourd'hui. Et puis, il faut dénoncer aussi les enfumages médiatiques. Parce que il y a des chiffres en rouge qui sont allumés, par exemple la clim, c'est un chiffre en rouge dans lequel tout le monde s'engouffre. Les politiques, les médias, mais en fait on ne parle pas de la vraie question. La vraie question c'est une France à 50 degrés, qu'est-ce qu'on fait ? Il va y avoir de la clim ? Non.

Une France à 45 degrés avec les jeunes qui sont les les étudiants, qui sont sous les toits, dans des passoires, des bouilloires thermiques. Qu'est-ce qu'ils vont mettre ? Ils vont mettre la clim dans des bouilloires thermiques, ça sert à rien. Donc ils seront sous les toits, et en fait, on invisibilise ce risque-là.

Donc arrêtons avec ces ces chiffres en rouge, parlons de des vraies solutions, des vraies des vraies solutions, et parce qu'elles existent. On regarde dans le dernier rapport du Giec, on regarde dans les dans le rapport du Haut Conseil pour le climat qui a fait un rapport absolument extraordinaire sur l'état des connaissances sur l'adaptation et les recommandations.

On regarde le plan d'adaptation au changement climatique et l'inadéquation entre ce plan et ce qu'il faudrait faire, et aujourd'hui, voilà, on a des mesures cosmétiques qui arrivent en se disant "bah voilà" on n'est pas prêt. Mais en fait, tout était là pour être prêt. Donc en fait, l'impréparation, c'est un choix politique. C'est pour ça qu'il faut politiser les les canicules, qu'il faut politiser les événements extrêmes, parce que l'impréparation n'est pas une fatalité.

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Analyse : une discours politicien habile anti-climatisation

Le dénigrement creux de la climatisation

Tout d'abord, ce qui frappe, c'est le dénigrement creux de la climatisation. Il dénigre sans rien reprocher de clair.

Écarter le débat sur la climatisation

Sa manière d'écarter la discussion sur la climatisation dans les hôpitaux est fallacieuse : si on était aussi d'accord qu'il le prétend, pourquoi cela n'a pas déjà été fait ? Pourquoi plus de 20 ans après la canicule de 2003, les hôpitaux ne sont-ils pas tous climatisés ?

Il s'agit ici en fait d'une part de déresponsabiliser son écosystème de cet état de fait.

D'autre part, il pousse sous le tapis les questions que cela implique : "les lieux où des personnes vulnérables sont présentes". Qu'est-ce qu'on appelle personnes vulnérables ? Est-ce qu'on climatise les logements de personnes âgées ? Beaucoup d'anciens sont morts chez eux de la canicule de 2003. Les enfants ? Au fond, est-ce que les employés ne sont pas aussi "vulnérables" : leur perte de productivité représente des milliards d'euros. Pour les solutions plus écologiques, il faut de l'argent.

Il s'agit, en fait, de neutraliser la piste en s'arrêtant à la raison la plus évidemment indiscutable de mettre la climatisation.

Pas de climatisation, plus de souffrance, plus de levier d'action

Le fond de son propos, détaillé dans C à vous, est plus glaçant. En effet, ce qu'il dit en substance, c'est que le débat sur la climatisation vole la vedette au catastrophisme sur le réchauffement climatique.

Ceci tout en dénigrant l'usage de la climatisation avec des mots parfaitement creux ("la France de la climatisation") ou en la qualifiant d'obstruction.

La logique est évidente : la seule raison pour laquelle la climatisation est qualifiée d'obstruction, c'est parce qu'elle soulage la douleur causée par la canicule, favorisée par le réchauffement climatique.

En somme, il veut que nous souffrions davantage pour avoir davantage envie d'adhérer au discours pseudo-écologiste. C'est la logique doloriste, centrale dans la désinformation anti-climatisation.

Un discours de politiciens

Quand on prend du recul, on note qu'il s'agit d'un discours de politicien : aucune donnée, simplement une façon élaborer d'imposer une perspective.

On peut même aller plus loin. Son discours est très bon politiquement, très sophistiqué. Tellement qu'on peut se demander : est-ce qu'un chercheur sait faire à la volée des discours de politicien chevronné ? Ne faut-il pas peut se demander s'il n'a pas été briefé ?

Dans tous les cas, Christophe Cassou montre ici qu'il a complètement endossé sa nouvelle identité de politicien au service de la pseudo-écologie.