Dénigrement de la climatisation : les îlots de chaleur
Françoise Vimeux est climatologue de formation et directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement. Discrète, on l'entend de temps en temps depuis peu. Sur la climatisation, elle a eu des interventions assez délirantes lors de la canicule, surtout mise en avant par Franceinfo.
Elle répète le 25 juin l'anerie phénoménale qu'aurait dit "On est en train de vivre l’été le plus froid du reste de notre vie".
Interview du 25 juin 2026
Dans son interview du 25 juin elle reprend une large part du discours anti-climatisation :
- L'exagération des îlots de chaleur ;
- Elle explicite le discours doloriste ("En quelque sorte, mais le problème c'est que aussi, si vous climatisez, vous allez vous dire "bah voilà, on va continuer à vivre comme avant" et puis on va rien changer.")
- L'impératif de la rénovation thermique préalable ("Et puis climatiser un bâtiment qui n'est pas isolé thermiquement, c'est une ineptie. [...] Alors les écoles, la priorité, c'est l'isolation thermique.");
- Le sophisme de la solution parfaite ("Dernière chose, toutes les activités ne sont pas climatisables. Vous n'allez pas aller dans la rue avec une bulle autour de vous climatisée. Donc voilà.")
L'absurdité de ces argumentaires, surtout le dolorisme revendiqué et l'idée qu'il ne faudrait surtout pas climatiser des bâtiments non isolés, est assez hallucinante.
Le dolorisme dans le discours anti-climatisation
La rénovation énergétique, la grande solution
Le sophisme de la solution parfaite contre la climatisation
On note aussi la connivence du journaliste, qui soutient activement le discours.
Transcription
Journaliste : Vous parliez d'une préparation face à cet épisode de chaleur extrême. On va évidemment continuer à en parler, mais là, on est dans le dur disons. Il y a un sujet qui fait beaucoup parler notamment dans la classe politique ces jours-ci, c'est la climatisation. Est-ce que la climatologue que vous êtes dit "c'est une solution miracle la clim" ou "le remède serait pire que le mal" ?
Françoise Vimeux : Alors, je pense que entre les deux et il faut ouvrir le débat, faut pas que ce soit un tabou la climatisation. Donc d'abord je pense qu'on sera tous d'accord pour dire qu'on a besoin de la climatisation dans certains bâtiments, je pense aux hôpitaux. Vous prenez les hôpitaux parisiens aujourd'hui, dans les vieux bâtiments qui datent du XIXe siècle, on n'a pas la climatisation, on a des gens qui souffrent. C'est pas normal au XXIe siècle en France. Après quand on parle de climatisation, il y a tout un tas de technologies différentes derrière et ça on le dit pas suffisamment. Quand vous achetez un climatiseur sur roulettes parce que vous avez chaud, et moi je ne blâme pas les gens qui achètent un climatiseur. Ce qu'il faut savoir, c'est que d'abord c'est pas très efficace d'un point de vue énergétique, ça consomme beaucoup. Vous favorisez en fait le processus qu'on appelle des îlots de chaleur, c'est-à-dire...
Journaliste : Qu'est-ce qui se passe concrètement ? On réchauffe l'extérieur quand on rafraîchit son appartement ?
Françoise Vimeux : Voilà, c'est-à-dire que si vous rafraîchissez l'appartement, et bien en fait vous réchauffez à l'extérieur. Parce qu'il faut un équilibre, la chaleur elle se crée pas ou elle disparaît pas comme ça. C'est des principes physiques.
Journaliste : C'est ça qu'on appelle les gaz frigorigènes ?
Françoise Vimeux : Alors non, ça c'est autre chose. C'est ces climatiseurs là ont des fluides frigorigènes. Si jamais ça fuit, et bien ça émet des gaz à effet de serre qui sont environ 2000 fois plus puissants que le dioxyde de carbone. Donc il y a d'ailleurs, je crois, une réglementation européenne qui vise à ce que ces climatiseurs soient vraiment conçus pour qu'il n'y ait pas de fuites.
Journaliste : Donc il y a deux problèmes, il y a à la fois ces gaz dont vous parlez et il y a surtout le fait, un transfert de chaleur, c'est un peu entre guillemets égoïste d'avoir bien frais à l'intérieur de chez soi mais ça aggrave dans les villes la chaleur.
Françoise Vimeux : Exactement, ça a été quantifié par exemple sur Paris. Alors c'est pas uniforme, ça dépend des quartiers, ça dépend des plans des rues mais si par exemple vous avez une cour entourée d'immeubles, si chacun met la climatisation, ça peut augmenter la température jusqu'à 2, 2,5 degrés.
Journaliste : Donc la clim appelle la clim en fait après ?
Françoise Vimeux : En quelque sorte, mais le problème c'est que aussi, si vous climatisez, vous allez vous dire "bah voilà, on va continuer à vivre comme avant" et puis on va rien changer. Et puis climatiser un bâtiment qui n'est pas isolé thermiquement, c'est une ineptie. Il faut isoler thermiquement, il faut se protéger de la chaleur. Dernière chose, toutes les activités ne sont pas climatisables. Vous n'allez pas aller dans la rue avec une bulle autour de vous climatisée. Donc voilà.
Journaliste : Vous dites la climatisation pour les publics les plus fragiles, donc dans les hôpitaux, les EHPAD aussi, j'imagine. Qu'est-ce qu'on fait des écoles, à l'heure où il y a 13500 écoles qui sont soit fermées, soit qui adaptent leurs horaires. Les écoles, c'est pas prioritaire pour mettre la clim ?
Françoise Vimeux : Alors les écoles, la priorité, c'est l'isolation thermique. L'isolation thermique par l'extérieur, la protection des rayons du soleil, ça peut être par des stores à l'extérieur, ça peut être par des brises soleil. Après, on peut avoir recours à la climatisation de manière ponctuelle. Mais on peut aussi décider que quand on a un département en vigilance rouge, et bien systématiquement tous les après-midis, les établissements scolaires qui ne sont pas climatisés ou qui n'ont pas encore une isolation thermique sont fermés.
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Extrait d'interview du 3 juillet
Cet interview du 3 juillet est assez hallucinant. C'est une utilisation assez délirante du sophisme de la solution parfaite : il ne faudrait pas utiliser la climatisation parce que ça ne refroidit pas les forêts.
Transcription
Françoise Vimeux : Après ce que je voudrais dire, c'est que tout n'est pas climatisable. On ne va pas climatiser nos forêts pour empêcher les incendies de se développer.
Journaliste : C'est-ce qu'a essayé de dire Monique Barbu hein la, l'ami de l'écologie qui a été beaucoup moquée à tort manifestement.
Françoise Vimeux : Ah ben, je suis tout à fait d'accord. Mais c'est mais c'est tout à fait vrai. Quand vous allez à pied à votre travail, exactement. Quand vous allez à pied à votre travail, vous n'allez pas y aller avec une bulle autour de vous qui va être climatisée. Donc attention. Oui climatiser, oui climatiser, pour moi les hôpitaux et les Ehpad, c'est vraiment je pense, je crois qu'on sera tous d'accord là-dessus. Les écoles, il faut vraiment d'abord leur permettre d'avoir de l'isolation. Vous avez aujourd'hui des des collèges, des lycées, des écoles qui n'ont même pas de store extérieur, qui n'ont même pas de pare-soleil, de brise-soleil. Les fenêtres ne peuvent pas être ouvertes, donc on peut même pas faire courant d'air, pour des raisons de sécurité. A un moment donné, il faut il faut changer les choses.
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