Le sophisme de la solution parfaite contre la climatisation
Un discours méprisant la souffrance causée
Guillaume Gontard, sénateur écologiste, insinue que le problème auquel répond la climatisation, la souffrance des gens, est négligeable ("solution à quoi ?"). Il utilise la rhétorique de l'homme de paille croisée à la solution parfaite de manière grossière ("Aujourd'hui par exemple vous allez pas climatiser l'ensemble de l'air extérieur !").
Puis "la solution de la climatisation n'est pas une solution à long terme. N'est pas une solution à long terme, parce que derrière la climatisation, il y a un coût, comme le chauffage."
On est en plein dans le sophisme de la solution parfaite, très courante en pseudo-écologie et omniprésent en matière de climatisation.
Présenter la souffrance causée comme négligeable est aussi un élément de la rhétorique.
La rhétorique de l'homme de paille : caricaturer l'opposant
Le dolorisme dans le discours anti-climatisation
Il présente ensuite les rénovations comme suffisantes face à la canicule. Puis, confronté à la contradiction de la journaliste, détourne lâchement le débat.
Transcription
— C'est une solution pour vous ou pas la climatisation ?
Guillaume Gontard — C'est une solution à quoi ? C'est une solution à la problématique pour les agriculteurs, pour les agriculteurs. Aujourd'hui par exemple vous allez pas climatiser l'ensemble de l'air extérieur !
Laetitia Saillet, ex eurodéputé LR — C'est une solution à la souffrance des Français. (En même temps) Nan mais à la souffrance des Français. À la souffrance des Français. Est-ce que c'est une solution aujourd'hui à la souffrance des Français qui sont dans leurs appartements où il fait 38-40 degrés ?
— Mais quelqu'un… Mais quelqu'un… Mais je vais vous le dire. Mais évidemment que oui, quelqu'un qui sous un toit…— Mais vous êtes sûr ? Mais vous êtes sûr, vous êtes à Europe Écologie Les Verts ? Je suis quand même assez surpris.
— Alors, je vais vous rassurer parce qu'en plus je n'y suis pas. Donc c'est… c'est c'est voilà… Mais je, mais je suis totalement écologiste et solidaire, donc je n'ai aucun souci.
— Mais je vais vous dire, par contre, que la solution, que la solution de la climatisation n'est pas une solution à long terme. N'est pas une solution à long terme, parce que derrière la climatisation, il y a un coût, comme le chauffage. Et donc c'est encore les plus défavorisés qui effectivement peuvent avoir un coût en termes de… Alors, on peut les aider effectivement, mais on peut les aider aussi pour le chauffage. Sauf qu'à un moment donné si on n'est pas, en fait, à un moment donné, à long terme, effectivement qu'on ait des zones de fraîcheur, qu'on ait des zones sur les hôpitaux, certains, certains, certains groupes scolaires, mais, sauf que ce que je vous dis, je suis désolé, mais moi…
— Non, mais attendez, c'est pas moi qui vais vous dire qu'on n'a pas perdu de temps, mais à Paris la ville est dirigée depuis 25 ans par la gauche et les écologistes.
— Il y a, les écoles ne sont pas climatisées, il y a des enfants qui ont fait des malaises, il y a des maîtresses, parce que c'est essentiellement des femmes désormais qui, qui sont avec les enfants, qui n'en pouvaient plus, qui voulaient d'ailleurs, qui demandaient aux parents, "Prenez vos enfants parce que c'est intenable". Alors, excusez-moi, c'est dur.
— Mais c'est bien, c'est dur, mais c'est difficile d'entendre ensuite sur les plateaux télé des élus écologistes faire la leçon. Parce que quand vous avez, entre les mains, une ville, finalement, c'est la même chose, ça va pas plus vite.
— Mais, je peux, je peux vous dire, je peux vous dire que même dans une ville écologiste, je peux vous donner l'exemple de Grenoble. Oui, il y a eu énormément de rénovation d'écoles, et ce que les écoles qui sont rénovées…
— Mais mettre un arbre, la réponse, ça suffit pas, quand il fait 40 degrés.
— Mais, qu'il en reste, qu'il en reste encore, évidemment, mais regardons les dotations aux collectivités, regardons les baisses de dotations.
— À Annecy, oui, mais à Paris c'est 10 milliards par an.
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