Nawak illustration et B. Butch face à l'économie de l'extrême gauche [24/07/2026]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre
Nawak est un illustrateur, très marqué à gauche, qui a pendant longtemps réalisé des dessins humoristiques sur la politique. À la faveur de l'affaire Barbara Butch, il écrit un texte expliquant la responsabilité de l'extrême gauche dans l'arrêt de ses dessins en 2023. Ces deux affaires nous disent quelque chose d'important sur l'extrême gauche (qui domine la pseudo-écologie aujourd'hui).

L'affaire Barbara Butch

Barbara Butch est une artiste qui est notamment connue pour avoir été au centre de la Cène lors de l'inauguration des JO de Paris. Attaquée avec virulence, notamment par l'extrême droite, pour cette prestation, elle était devenue une icone de la gauche. Elle est d'ailleurs très gauchiste, proche des LGBT. Elle obtient notamment la direction artistique de la Nuit blanche parisienne 2026.

Juive, elle a réalisé un set en Israël en 2025. Elle a également signé une tribune de soutien pour la loi Yadan, assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme, puis s'est rétractée. Néanmoins elle a été virulament attaquée pour ceci. Surtout, elle a été l'objet d'une campagne de haine préparée par La France Insoumise et notamment le maire de la ville où elle se produisait, Grenoble.

Un tract la présente comme maculée de sang, avec un drapeau arc en ciel affublé d'une croix de David.

Les militants, mené par Allan Bruno (ancien de La jeune garde), ont perturbé le concert de l'artiste. Au bout de 20 minutes, suite à des jets de projectiles (bouteilles en verre), une détonation et la section de cables, elle abandonne. Elle déclare plus tard : "J'ai eu extrêmement peur, à tel point que je ne pouvais plus bouger pendant des jours."

Le backlash contre LFI est important, notamment une tribune dans Libé en soutien à B.Butch, mais ils trouvent leurs soutiens. Ainsi un collectif "Organisation de Solidarité Trans" publie avec quelques dizaines d'associations un soutien aux agresseurs.

Un média d'extrême gauche, Contre Attaque, présente l'événement comme insignifiant : "Au moins 20.000 enfants de Gaza massacrés par Israël ne pourront réellement plus bouger. A tout jamais."

Manon Aubry a également dénigré les indignations en mettant en face la "censure" de Médine (je ne sais pas de quoi elle parle) et surtout "Quand Netanyahou massacre tout un peuple ?". Même logique pour Aymeric Caron et Daniel Schneidermann.

En somme, toutes les violences sont permises contre ceux qui émettent le moindre doute contre le Dogme, ici pseudo-propalestinien.

C'est la marque claire d'un mouvement totalitaire. Le reste de ce que nous écrivons ici étaye cette image.

Dans le même sens, Allan Brunon nie les violences et a prétendu ne pas être violent. On retrouve cette stratégie, consistant à tout nier systématiquement et, surtout, à présenter les actions violentes comme non-violentes.

Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a déclaré qu'il empêcherait Barbara Butch de se produire. Un média gauchiste

La dernière étape actuellement a été pour Allan Bruno de porter plainte pour « menaces de mort ». Cela s'inscrit dans la logique du brouillage de carte et l'inversion victimaire. Notons qu'il choisit comme avocat Rafik Cheiktat, un propagantiste antisioniste proche de François Burgat.

Autres éléments :

Nawak et La France Insoumise

L'agression contre Barbara Butch a été l'occasion d'un message d'un dessinateur plutôt populaire :

Voici le passage :

Bonsoir à toutes et à tous. Je n'ai pas ouvert cette page depuis de nombreux mois, mais aujourd'hui, j'avais envie d'expliquer ce qu'il s'est passé.

J'ai dessiné l'actualité depuis plus de 10 ans, avec un marquage plutôt à gauche qui m'a valu les foudres de l'extrême droite pendant toute la vie de cette page. Je ne compte pas les passages au commissariat pour porter plainte pour menaces... Mais j'avais la flamme et je m'en foutais.

Et un jour, j'ai dessiné Mélenchon. Pire : j'ai osé me moquer de Mélenchon, comme je me suis moqué de tous les autres... et là, j'ai découvert la meute.

Soudainement, je suis devenu le "traitre", le "pé🎲 bourgeois", le "privilégié"... et les insultes ont fusé. Puis les menaces. Chaque jour, des messages haineux, des signalements, des commentaires. Même mon employeur a été "alerté". J'ai découvert une "gauche" capable des mêmes crasses que l'extrême droite.

J’ai demandé à des copines ici de m’aider à modérer tant ça suintait la haine. Faut bien se protéger. Outre la gêne ressentie par mon employeur de l'époque, ce sont principalement ces militants insoumis qui m'ont dégoûté du dessin et m’ont encouragé à jeter l’éponge. J'ai tenu bon face à l'extrême droite, mais je ne pouvais pas me battre seul sur deux fronts aussi binaires, aussi stupides. J’en ai eu ras le bol. La passion s'est émoussée.

Durant toute la durée de cette page, je me suis fixé un point d'honneur à me foutre de la gueule de tout le monde, avec une priorité à l'extrême droite. Mais comment faire quand le camp qui est censé te représenter est aussi bête, insultant et harcelant qu'en face dès qu'on ose le titiller un peu ?

Ce weekend, Barbara Butch a été agressée par la France Insoumise et sa "manifestation pacifique" (sic). Ce qui lui est arrivé est effrayant et me parle. Ca me parle suffisamment pour rouvrir temporairement cette page. J’ai pas vécu d’agression aussi grave qu’elle, mais j’ai vécu la bêtise - heureusement qu’en ligne - de ces gens prétendument de gauche. Cette meute persuadée d'être la quintessence de la gauche, mais qui en salit toutes les valeurs…

Ils se sentent légitimes à faire ça. Ils ont toujours une justification. Ils transpirent l'aigreur, la colère, les propos simplistes... Mais ils le font pour le bien, ils en sont persuadés ! La cause palestienne - une belle cause pourtant - leur donne tous les droits, ils en sont persuadés aussi. Ils ont déjà toutes les excuses pour se justifier au sujet de Barbara Butch. Et comme souvent : les pires crasses sont souvent faites au nom du bien.

La FI aujourd'hui me fait peur. Peur, parce que derrière ces beaux discours d'humanisme, de paix, etc. se cache un parti intransigeant, autoritaire, incapable de la moindre remise en question ou de la moindre critique. Un parti qui souffle sur les braises de la colère et qui exploite un conflit dont les protagonistes ne lui ont rien demandé. Ce weekend, ils ont franchi la ligne rouge : ils ont agressée une artiste suspectée (à tord) de "soutenir un génocide", le tout dans des délires complètement lunaires.

C'est pas ma conception de la gauche. Mais je ne considère plus ce parti comme de gauche depuis bien longtemps.

Je ne compte pas reprendre le dessin, mais j'avais ce soir envie de prendre ma plume. Cette situation m'a affecté, et ce n'est visiblement pas fini.

Portez-vous bien

Archive

Cela reprend ce que nous avons vu plus haut, si ce n'est qu'il ne voit pas la dimension réellement totalitaire du mouvement, pas simplement autoritaire.

Cela dessine un aspect économique de l'extrême gauche : en harcelant les artistes, ils créent une incitation à suivre leurs Dogmes.

Et ce qu'on voit ici n'est que la version la plus violente, un peu comme un coup de semonce pour que les autres restent tranquilles. Il y a très probablement beaucoup d'autres manières de faire plus discrètes et courantes dans ce même objectif..

Un point intéressant, est la référence à une "gauche" qui serait la sienne, mais pas de LFI. Cela illustre la psychologie gauchiste, qui ne voit pas qu'il utilise exactement le même logiciel que l'extrêmiste qu'il rejette.