Aboubakar Cissé : la logique de l'exploitation à son paroxysme [28/04/2025]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Le 25 avril 2025, un malien, Aboubakar Cissé, a été poignardé par Olivier Hadzovic, un français d'origine bosniaque de 20 ans. Il aurait filmé la conclusion, vidéo lors de laquelle il aurait crié "Je l'ai fait (...), ton Allah de merde". Le mobile islamophobe avait été retenu par la justice dans un premier temps, mais semble abandonné aujourd'hui: il s'agirait simplement d'un fou.

Ce mobile a néanmoins été considéré comme acté, une vérité non seulement indiscutable par l'extrême gauche, mais en plus illustrant l'islamophobie des français. Et ceci, non seulement les habitués de l'islamisme, mais aussi Marine Tondelier, illustrant encore la proximité de la pseudo-écologie avec l'islamisme.

Les réactions marquent, j'ai l'impression, un tournant dans la communication politique d'extrême gauche dans la logique d'exploiter n'importe quel événement pour justifier n'importe quelle revendication.

Une vaste mobilisation contre "l'islamophobie"

Immédiatement, l'extrême gauche dans son ensemble, tant les individus et entrepreneurs gravitant autour que les politiciens eux-même, s'est emparée de l'affaire.

L'imputation de l'acte à Retailleau

Le fait que le crime serait motivé par la haine contre la religion musulmane a été présenté comme une évidence par une large part du spectre politique. (ex: Marika Bret, Abdoulaye Kanté,).

Rapidement les politiciens et influenceurs d'extrême gauche ont accusé Bruno Retailleau d'avoir une responsabilité directe.

Marine Tondelier s'est jointe à l'effort, affirmant sans le moindre doute que l'assassinat est islamophobe et tourne subtilement la responsabilité vers Retailleau.

Elle va jusqu'à imaginer un argumentaire original : "On entend parler de phobie pour tout, mais pour l'islam certains sont incapables de prononcer le mot islamophobie, peut-être un problème, en réalité." Quel terme avec "phobie" est plus employé ?

C'est encore pire quand on l'écoute : "Au moins on parle de nous de nous, c'est le plus important." ...

L'imposture est encore plus absurde quand on lit les faits. Parce que oui, au moment de cette manifestation, on n'a encore aucune idée du contexte.

Notez qu'il semblerait que certains extraits ont été désactivés "suite à un signalement du détenteur des droits d'auteur". La liberté de la presse, oui, mais pas quand ça les gêne.

La réalité : un fait divers

Déjà à ce moment, les éléments étayant le mobile "islamophobe" étaient très ténus. La seule référence un tant soit peu précise est le propos "Je l'ai fait (...), ton Allah de merde". D'une part, ces propos auraient été tenu après l'acte, pas avant, et d'autre part ils traduisent du mépris plus que de la haine. Difficile de présenter cela comme un mobile. Sur la vidéo de surveillance, Aboubakar semblait vouloir lui montrer comment prier. Ces propos peuvent parfaitement avoir fait référence à cela, moquant la tentative pédagogique du malien.

C'est la seule évocation précise de propos rattachant l'acte à un mobile anti-musulman.

Surtout, l'enquête n'a même pas commencé. Ils ont délibéremment fait leur manifestation et lancé leurs imprécation en sachant parfaitement qu'ils pouvaient avoir tort.

D'ailleurs, l'assassin a été rapidement identifié comme au RSA, lisant mal le français, né de parents bosniaques. On voit mal comment rattacher ce profil à Retailleau.

Dès le 2 mai, la thèse islamophobe recule. La procurence, qui semble toute de même évoquer un "ciblage en raison de la race et de la religion", déclare que "les faits apparaissent, à ce stade, construits autour d'une envie obsessionnelle de tuer une personne". Selon une femme ayant auparavant signalé l'individu, il avait précisé "en amont qu'il allait s'en prendre physiquement à quelqu'un, sans préciser ni qui ni où, et sans faire référence à une ethnie ou une religion, épris d'une volonté farouche de tuer quelqu'un et à défaut de se suicider, le tout comme un acte libérateur". (3)

Le suspect, Olivier H., nie le caractère islamophobe de son acte. Il affirme n'avoir pas ciblé précisément un musulman, mais "la première personne qu'il croisait". (3)

Le motif religieux a néanmoins été conservé et le 9 mai, il a été mis en examen pour "assassinat à raison de la race ou de la religion". Le Monde écrit pourtant :

"Rien ne permet pour l’heure d’expliquer pourquoi « il entre dans cette mosquée » et agresse cette personne précise, a insisté la magistrate, rappelant le témoignage d’une jeune femme qui avait signalé les contenus en ligne du futur meurtrier, où il avait fait part, depuis un an déjà, « d’envies de viol de femmes, de meurtres ou de viols de cadavre »." (4)

Une indignation islamiste

Une large partie de l'indignation exprimée a des aspects islamistes.

Islamisme dans la manifestation

Un militant, accompagné de personnes portant la banderole tricolore, dont Cyrielle Chatelain, a récité, le regard exalté, une sourate glorifiant le sacrifice, se terminant par : "Ceux qui sont tués dans son sentier son bien vivants auprès de lui." Il conclue : "Et quelle meilleure issue que la vie auprès d'Allah ?"

On retrouvera le double langage associé à la prétention à la neutralité : d'un côté on prétend simplement défendre les musulmans, de l'autre on promeut un message islamiste.

Il faut aussi mentionner les mots de Ritchy Thibaut, assistant parlementaire d'Ersilia Soudais, qui appelle à la création de milices.

C'est évidemment une logique favorable aux islamistes, surtout quand on compare le nombre d'actes antimusulmans avec le nombre d'actes anti-chrétiens et antisémites.

Il prend le moindre prétexte pour encourager la communauté musulmane à se méfier davantage de son environnement, à se victimiser et à augmenter le pouvoir des organisations "islamiques".

Un autre speaker, reprenant au passage la désinformation sur un prétendu génocide palestinien, a même prétendu qu'il y aurait un génocide anti-musulman actuel ou en préparation :

"De réitérer ce qui se passe actuellement en Palestine, c'est-à-dire un génocide sur une base islamophobe, sur une base raciste et raciale. Ce sont les mêmes gens qui aujourd'hui soutiennent le génocide et qui soutiennent le fait qu'on devrait appliquer en France les mêmes méthodes contre les musulmans."

Bien sûr, l'antisémitisme "pro-palestinien" s'est invité à l'événement, notamment en virant Guedj et en appelant à l'intifada.

Islamisme d'ambiance

D'ailleurs, ceux qui ont une démarche islamiste ont compris le message : le 11 mai une dizaine d'adolescents, dont certains se revendiquaient musulmans ont fait une scène après la messe de nuit, tenu des propos injurieux, crié "allah akbar" et répété "On va revenir brûler ton église". Le père évoque des incivilité récurrentes "Dans la même semaine, mercredi 7 mai, des jeunes sont venus perturber la réunion dans la maison paroissiale, en criant et tapant aux vitres depuis l’extérieur. "Nous nous sommes fait voler un ordinateur dans l’église, des cierges… Il arrive que certains viennent faire taper leur ballon volontairement contre le mur de l’église en pleine messe"." (2) Un peu comme si les personnes menacées devaient voir avec terreur tout ce qui pourrait perturber ces prosélytes d'un certain genre.

La logique d'exploitation

Comme toujours avec l'extrême gauche, on retrouve cette logique de l'exploitation : ils mettent

Elle s'est empressée d'organiser une première marche blanche, sans consulter la communauté musulmane locale, dont le représentant se plaint d'ailleurs qu'ils l'aient de fait empêché de l'organiser. Ils ont ensuite pu se vanter d'être les seuls politiciens présents.

C'est clair dans le message de Rima Hassan: "Si des mesures ne sont pas prises Boubakar sera mort pour rien." Imagine-t-on entendre de telles paroles pour parler des morts de l'islamisme et du racisme anti-blanc ?

On l'a aussi vu dans le propos d'Idriss Sihamedi, islamiste notoire proche de la LFI, qui va utilise l'événement pour appeler aux violences contre "ils" (comprendre les français).

L'accusation d'islamophobie

Une question se pose, en quoi le meurtre d'un musulman serait "islamophobe" ?

En réalité, cette accusation est comme l'accusation "d'extrême droite" portée par la gauche (ce qui n'est pas à dire qu'il n'y a pas d'extrême droite) : un totem qui n'a aucune consistance concrète, qui ne se rattache à aucune réalité tangible, à par dans la manière de l'utiliser, et qui sert à brouiller la réalité.

Le terme lui-même est utilisé de manière à neutraliser les critiques : toute critique de l'islam serait une sorte de trouve mental, une "phobie". C'est d'ailleurs ce que relèvent Raphaël Enthoven et Sophia Aram dans les papiers ci-contre.

Regelegorilla, un infuenceur appartenant au lobby décentralisé de la LFI, a applaudi la récupération du meurtre par un streamer, qui a porté un t-shirt "Aboubakar on t'oublie pas" ; tout en diabolisant l'hommage réalisé par le Collectif Némésis à Philippine (analyser son tweet serait d'ailleurs assez intéressant : il fait semblant de lui rendre hommage aussi et de la défendre, alors qu'en fait il essayer de neutraliser tout hommage).

Pourtant, ils donnent ici une portée politique à un événement qui n'en a, nous le verrons, évidemment aucune.

Le mépris envers les victimes des crimes anti-blancs

Le fossé est terrifiant quand on compare au comportement de la gauche en réponse à la mort de Thomas. Loin de manifester pour se recueillir, elle a manifesté ... contre la stigmatisation de ses assassins.

Alan Brunon, assistant parlementaire LFI, a peut-être la palme du grand écart : il a perturbé l'hommage à la petite Philippine et rendu hommage à Aboubakar Cissé, accusant au passage un "climat" d'islamophobie.

Une pancarte derrière des élus LFI questionne : "Combien dAbubakar te faut-il pour qualifier ces meurtres d'islamophobes, hein ???" Sachant que c'est le premier meurtre, à ma connaissance, à prétendre à ce mobile.


Références