L'imposture de la baisse des émissions de CO2, Antoine Peillon et le RAC [2023-04-05]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Antoine Peillon et l'hypocrite focalisation sur les émissions brutes

Le 5 avril 2023, Antoine Peillon a commenté dans un interview pour La Croix la baisse de l'équivalent de 10Mt d'équivalent CO2 en 2022 par rapport à l'année précédente : "En baissant de 2,5 % ses émissions de CO2 en 2022, la France est en ligne avec les objectifs fixés par la stratégie nationale bas carbone (SNBC), révisée tous les cinq ans."

Cette focalisation sur le montant brut est d'une hypocrisie assez phénoménale pour deux raisons : d'une part, il ne prend pas en compte les variations liées aux événements globaux, comme un hiver doux, et d'autre part il ne prend pas en compte les importations. En somme, si toute l'industrie s'en allait, il prétendrait avoir grandement amélioré le bilan carbone ...

L'empreinte carbone est en effet estimée à 623Mt CO2eq en 2022 ... en hausse comparé à 2021 (575Mt).

Anne Bringault du RAC et l'imposture des objectifs de baisse

L'hypocrisie de l'utilisation de cet indicateur est relevée par une experte en la matière, Anne Bringault, coordinatrice des programmes pour le Réseau action climat (RAC). Elle souligne légitiment que cette baisse pourrait essentiellement être liée à la douceur de l'hiver et la hausse du prix de l'énergie.

Puis elle enchaine en reprenant le discours sur le "retard" de la France en prétendant qu'elle devrait réduire ses émissions de GES de 4,7% chaque année. On reste bien dans la fallacie des émissions de GES brut.

Elle reprend ensuite un autre thème, celui du "on a les solutions", prenant en exemple les "trajectoires nationales de décarbonation" de l'ADEME.

Un projet antiFrance et anti-Occident

On reste donc dans la logique de l'effacement : la France devrait disparaître et, si son économie s'effondre et que son industrie disparaît, les objectifs climatiques seraient remplis. Cela concerne, plus globalement, uniquement l'Occident, car nous sommes les seuls à nous en préoccuper.

Ceci, alors que la France est déjà un des pays les plus en avance sur la transition écologique, essentiellement grâce au nucléaire et à l'électrification du chauffage.

Ce parti pris est évident quand on prend du recul : cette perspective est hypocrite, ne prenant pas en compte les importations. Elle est évidemment vouée à l'échec avec la montée en puissance des émissions des géants indiens et chinois, ainsi que de l'essentiel du monde.

Surtout, le contraire, choisir de décarboner par l'innovation en améliorant l'attractivité des pays décarbonés, serait elle efficace en réduisant la pollution dans les pays émergents et en améliorant la position des pays décarbonés dans l'échiquier mondial.

C'est que l'objectif n'est pas de réussir. Il s'agit bien d'un projet antiFrance-antiOccident.