L'emprise du modèle agricole sur les agriculteurs
Début 2024, la grogne du monde agricole a déclenché une série de manifestations. Le discours des pseudo-écologiste a été de répéter leur mythe du modèle agricole : c'est le système agroindustriel qui serait responsable.
Cela a par exemple été le cas de Greenpeace, qui a publié un communiqué "[Action] Crise agricole : Greenpeace dénonce les vrais responsables en déboulonnant les logos de l’agroindustrie" (Archive PDF).
L'ONG a sorti le grand jeu pour tenter ce transfert de responsabilité.
Une action choc "pour les agriculteurs"
Greenpeace France se vante ici d'avoir mené une action contre "cinq entreprises et un syndicat qui incarnent le système agroindustriel actuel et sont responsables de la crise sociale et environnementale", pour " pour pointer leur culpabilité dans la crise agricole et la paupérisation des agriculteurs".
Ils ont démonté les logos/panneaux et les ont remplacé par divers messages : "LDC se gave : agrobusiness coupable" ; "Avril se gave : agriculteurs exploités" ; "Agrobusiness coupable" pour une usine Lactalis-Neslé et la plaque de la FNSEA à Paris; "Leclerc se gave : agriculteurs exploités".
Cela ressort de ces messages, Greenpeace prétend que ces actions sont au profit des agriculteurs :
"Greenpeace demande une meilleure rémunération des agriculteurs, la définition d’un cap clair pour mettre en œuvre la transition de notre système agricole et un encadrement strict des pratiques de l’agro-industrie.
Ils complètent cet exposé par trois longs paragraphes développant cette idée :
Il est temps de rétablir la vérité et de dénoncer au grand jour les vrais coupables de l’impasse dans lequel notre système agricole se trouve actuellement, explique Sandy Olivar Calvo, chargée de campagne Agriculture à Greenpeace. Les politiques agricoles ont favorisé une dynamique d’industrialisation massive de notre système de production, et les politiques commerciales ultra-libérales menées par les gouvernements successifs depuis des décennies en sont responsables. Il n’est plus tolérable que les agriculteurs qui nous nourrissent ne puissent pas vivre dignement de leur travail. Il n’est plus tolérable qu’ils soient soumis à la concurrence déloyale des marchés internationaux, à la toute-puissance des géants de la grande distribution qui fixent seuls les prix, ou à la domination des agroindustriels qui les rendent dépendants d’un système délétère. »
Pour Greenpeace, les pratiques des industries agro-alimentaires doivent être encadrées par les pouvoirs publics, et les agricultrices et agriculteurs doivent avoir un cap clair, planifié et ambitieux et être soutenus pour mettre en œuvre la transition agro-écologique. C’est la condition sine qua non pour qu’ils puissent vivre dignement et pour garantir le droit à une alimentation saine pour tout le monde et adaptée aux défis écologiques de notre siècle.
Cette action intervient à quelques jours de l’ouverture du salon international de l’agriculture à Paris, et alors que le gouvernement est en train de revoir sa copie quant à la loi d’orientation et d’avenir agricoles (LOA). Celle-ci risque de marquer des reculs pour l’écologie et l’avenir de notre agriculture, sans relever pour autant le défi majeur du renouvellement des générations agricoles.
Une stratégie classique d'une sournoiserie phénoménale
Détournement de responsabilité
Il s'agit ici d'une stratégie de détournement de responsabilité. Les agriculteurs accusent les pseudo-écologistes, comme Greenpeace, de leurs difficultés. Ces derniers répondent que, la vraie origine de leurs problèmes, c'est le libre échange et l'agriculture industrielle.
Cela permet non seulement de détourner le blâme, mais également de transformer en carburant les souffrances des agriculteurs.
Une stratégie classique
Ce n'est pas une nouvelle stratégie, c'est en fait un des éléments classiques du mythe du modèle agricole.