Bernard Laponche, un militant antinucléaire historique

Formation et débuts professionnels

Bernard Laponche, né en 1938 à Alençon, est ingénieur diplômé de l’École Polytechnique (promotion 1957). Il est également docteur ès sciences en physique des réacteurs nucléaires et docteur en économie de l’énergie.

Dans les années 1960 et 1970, il travaille comme ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), où il participe à la mise en œuvre des premiers réacteurs nucléaires français. Il y prépare une thèse d’État sur la physique des réacteurs et occupe des postes au Service de physique mathématique à Saclay (1961-1973) puis au Département des programmes (1977-1979).

Carrière institutionnelle et engagements

Dans les années 1970, Laponche s’engage syndicalement à la CFDT, où il devient permanent et critique ouvertement la politique nucléaire française, notamment le plan Messmer.

De 1982 à 1987, il dirige l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (AFME, devenue ADEME), puis fonde en 1988 le bureau d’études International Conseil Énergie (ICE), spécialisé dans le conseil en politiques énergétiques et la maîtrise de l’énergie.

En 1998-1999, il est conseiller technique de Dominique Voynet, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, pour les questions énergétiques et la sûreté nucléaire.

Positions et publications

Bernard Laponche est connu pour ses prises de position critiques envers le nucléaire civil et militaire. Il est membre et président de l’association Global Chance, créée en 1992, qui milite pour une transition énergétique et une démocratie participative dans les choix technologiques.

Ses critiques portent sur le coût du nucléaire, la gestion des déchets, le démantèlement des centrales, et les scénarios énergétiques alternatifs. Il a coécrit plusieurs ouvrages, dont :

Controverses et influence

Ses travaux et prises de position, souvent qualifiés de militantes, sont régulièrement cités par les opposants au nucléaire. Il dénonce notamment la complexité et les risques des installations nucléaires, ainsi que l’absence de solution satisfaisante pour la gestion des déchets.

Ses analyses, bien que parfois contestées par la filière nucléaire, restent une référence pour les mouvements antinucléaires et les débats sur la transition énergétique.