Bompard, Faure, nucléaire, EnRi et dépendance énergétique [05/10/2021]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

L'invasion d'Ukraine a entraîné une crise énergétique et une réflexion sur l'indépendance énergétique de la France avant la présidentielle/législative de 2022.

Ici Olivier Faure avait déclaré sur FranceInfo "le nucléaire c'est à la fois une question de souveraineté, ne pas dépendre du gaz russe, ou ne pas dépendre du charbon."

Manuel Bompard, de la LFI, le lui reproche et reprend, ce faisant, plusieurs éléments de désinformation antinucléaire et techniques pseudo-écologistes que nous allons détailler ici.

Pas de mine d'uranium, pas de souveraineté

Il commence par l'argument classique : le fait que la France importe son uranium la rendrait dépendante de ses fournisseurs (et donc non-souveraine).

C'est une fallacie classique qui consiste à présenter la notion de souveraineté comme un absolu. Cela lui permet de mettre au même plan l'uranium, qui est un combustible facile à stocker, relativement peu cher, abondant dans le monde, avec plusieurs fournisseurs alliés, avec le gaz, qui demande des installations massives et couteuses, est relativement cher, dont le marché est captif (importer du gaz liquéfié coute cher) et largement approvisionné par des puissances hostiles (Russie, Algérie).

C'est bien sûr absurde. Une énergie souveraine est une énergie qu'un ennemi ne peut pas utiliser comme levier pour nous nuire. Le gaz n'est pas souverain, le nucléaire oui.

De plus, il reconnait implicitement qu'il sait que la France a des mines d'uranium qui pourrait être utilisées en dernier recours, car il précise bien "encore en activité". C'est une preuve de ce que je répète constamment : ils savent très bien qu'ils mentent.

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Le charbon et l'Allemagne

Il reproche à Olivier Faure de répéter "les mensonges sur l'augmentation de l'utilisation du charbon en Allemagne suite à l'annonce de fermeture des réacteurs nucléaires".

Ce serait un mensonge car "en dix ans, la production nucléaire a été divisée par un peu plus de deux, celle de charbon d'autant, et dans le même temps la production d'électricité d'origine renouvelable a été multipliée par 2,5."

Ce faisant il fait de la fermeture du nucléaire une cause de la baisse du charbon, alors que ne pas fermer le nucléaire aurait permis de diminuer davantage la consommation de charbon.

C'est un bel exemple de la manière qu'on les pseudo-écologistes de rendre confuses les choses.

On retrouve aussi leur logique guerrière, qui d'une part interprète littéralement le propox d'Olivier Faure (ce qui est une première malhonnêteté), mais en plus l'accuse de reprendre des "mensonges", c'est à dire quelque chose de volontaire. Il insinue ainsi que Faure pourrait aussi mentir, ainsi que l'existence d'une désinformation structurée (comme celle que nous présentons ici) sur ce thème, ce qui est faux. Il est évident que c'est seulement une approximation liée à sa faible connaissance du sujet et au format de l'interview.

C'est la stratégie de la diabolisation : tout ce qui est contraire à leurs intérêts est, s'ils peuvent lui attribuer la moindre négativité, totalement diabolique.

Enfin, ce discours est "profossile", puisqu'il sous-entend qu'il vaut mieux fermer du nucléaire que des centrales à charbon.

Parc vieillissant et grand carrénage

Il prétend ensuite qu'il faudrait choisir entre investir les 100 milliards du grand carrénage dans le nucléaire "pour prolonger la durée de vie des centrales" ou dans les renouvelables.

C'est un élément de langage qui a été répété ad nauseam par la LFI sur cette période et qui est désastreux, notamment parce que l'essentiel du grand carrénage était déjà accompli.

On est encore dans une rhétorique profossile : aujourd'hui aucune économie ne sait gérer une grande quantité d'énergie renouvelable intermittente (parce que oui, l'hydraulique est relativement figé).

Objectif 100% renouvelable et Negawatt

Il finit en rappelant l'objectif de son programme : 100% d'énergies renouvelables en 2050.

Il s'appuie en cela sur la rapport de l'association antinucléaire Negawatt.

C'est une illustration de l'économie de la pseudo-écologie : les associations pseudo-écologistes font des rapports bidons et les politiciens s'en servent pour légitimer leurs allégations, tout en donnant de la visibilité et légitimant en retour l'association.

Une mauvaise foi intersidérale (ou pas)

Un tweetos, qui a depuis supprimé son tweet, a retourné l'argument de Bompard, lui proposant de faire "visiter les mines éoliennes pour faire les éoliennes panneaux solaires et batteries".

En effet, aujourd'hui ces technologies sont dominées par la Chine, notamment en raison des terres rares pour les aimants des éoliennes et pour les wafers du photovoltaïque.

Néanmoins, Bompard a la réponse : en fait il n'a jamais dit que le rénouvelable apportait la souveraineté.

Ainsi, pour lui, la souveraineté ne serait pas une variable. Cette posture changera par la suite, les EnRi étant présentées comme les seules énergies vraiment souveraines.

Cette réponse démontre l'habileté du député pour manipuler l'information.

On pourrait parler d'une mauvaise foi extraordinaire, intersidérale ... si c'était involontaire. Or, comme nous le voyons sur ce blog, ces techniques discursives sont en fait très communes dans la communication pseudo-écologiste.

Comme je le dis souvent: "it's not a bug, it's a feature"

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