Kokopelli, DNC et vaccins [17-12-2025]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Le litige de la Dermatose Nodulaire Contagieuse était dans une large mesure le refus du gouvernement de vacciner à grande échelle. Avec l'évolution de la maladie et la virulence de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, le gouvernement a accepté de vacciner 750 000 bovins.

Sauf que les outrances de la Coordination rurale ont rameuté de nombreux antivaxx, qui se sont mis à dire qu'en réalité, le vaccin n'était pas la solution !

Parmi ces derniers ... Kokopelli.

Déroulé

Premier postt

Dans le premier post, Ananda Guillet, président et fils du fondateur de Kokopelli, commence par prétendre que "La vaccination généralisée ne sera efficace que pour une seule chose : enrichir l’industrie !" On a en creux le complotisme anticapitaliste. Ici il ne prend même pas la peine de dire quelle industrie (pharmaceutique ? agroalimentaire ? Blackrock ?)

Il continue par une série de mensonges éhontés :

  • "Elle n’empêche pas les abattages (de nombreux cas le prouvent)
  • Elle ne stoppe pas la propagation d’une maladie transmise par des vecteurs incontrôlables (mouches, moustiques)
  • Elle affaiblit les défenses immunitaires des animaux"

Donc là on a la désinformation antivaxx classique : ça ne servirait à rien, serait contre-productif.

Il finit par une phrase prétendant à être du côté de la raison, à être un "sachant" : "Pour une fois, ayons une réflexion à long terme."

Ces quelques éléments reprennent déjà plusieurs aspects de la pseudo-écologie.

Second post

Il commence par un appel à l'émotion, le genre de trucs qui sont assez systématiquement faux (voir par exemple le célèbre discours Rivers of blood d'Enoch Powell). Ce qu'on pourrait appelé le procédé d' "anecdote à la con", qui consiste à raconter une anecdote, sans doute fausse, mais qui a son effet sur les crédules et dont on ne peut pas démontrer la fausseté.

Une amie éleveuse bio m’a dit aujourd’hui, très émue : on n’a pas eu le choix, ils ont vacciné même les petits veaux avec la même dose qu’une mère. La vétérinaire, gênée, a justifié : « Ne vous inquiétez pas, ces vaccins ont peu d’effets secondaires. »

Il continue en relativisant la gravité de la maladie. Classique : elle est bégigne, il y a une immunité et en plus il y a des effets secondaires (ce qui pour le coup n'est pas absolument faux, j'ai cru comprendre que les effets secondaires étaient assez pénibles, mais qui restent moindres qu'une infection).

@AnnieGenevard Connaissez-vous le principe d’immunité ? Doit-on rappeler que la maladie est bénigne et que la vaccination n'engendrera que plus de dégât à moyen/long terme ?!

Il finit avec une diabolisation de son adversaire, insinuant qu'il ne faut jamais ne serait-ce que discuter avec l'ennemi.

"@LPanifous Comment avez-vous pu accepter, vous qui êtes élu en Ariège, de vous tenir à côté de celle qui a ordonné l’utilisation de la force contre des paysans que vous avez côtoyés et qui vous ont fait confiance ?""

Matérialisation du lien entre antivaxx et pseudo-écologie.

Kokopelli n'appartient pas au coeur du pouvoir pseudo-écologiste. C'est une organisation qui, comme l'avait Pierre Rabhi, avait une place dans la mythologie, mais en restant assez marginal. Néanmoins, il fait indéniablement partie de la mythologie et de l'écosystème pseudo-écologiste.

Ici il matérialise le lien entre Antivaxx et pseudo-écologie.

Une bataille impossible à gagner pour le gouvernement

Cela montre aussi que le gouvernement ne peut pas "gagner" en faisant ce qui lui est demandé. Il sera constamment poussé d'un côté ou de l'autre, il n'y a rien de raisonnable chez ses adversaires. L'objectif est simplement d'influencer, de pouvoir dire "j'ai fait changer les choses" et/ou de pousser son narratif.

La condition ds éleveurs est à des années lumières de ses considérations. Cela se voit notamment à son ton : il affirme péremptoirement des généralités contraires aux discours des autorités sur un sujet qu'il ne connaissait pas il y a deux jours. Il s'en fout complètement de dire des conneries, il répète ce qu'il a besoin de répéter. Point.

Et c'est là où on voit la faiblesse du gouvernement : alors que les désinformateurs et les populistes ont un narratif précis à répéter constamment, lui n'a pas vraiment, contrairement à ce qu'il a pu dire au début, de "projet". Il ne propose pas une vision du monde dans laquelle on pourrait se projeter et qu'il pourrait promouvoir. À la place, il est contraint à se défendre constamment.

Métaphoriquement, c'est la stratégie du couvercle de marmite. Mais cette logique risque de faire long feu.

Epilogue

Géraldine Woessner a repris l'information. Vous vous laisse consulter le torrent de saloperie antivaxx qu'elle subit dans les commentaires.

Camille Biodynamie, qui la cite, rappelle quelques éléments sur Kokopelli, comme l'antisémitisme du fondateur et son adhésion à la thèse du "grand remplacement".