Yannick Jadot, le retour et le nucléaire [05-07-2026]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Yannick Jadot a été interviewé par LCI le 5 juillet 2026. Revenant, sans doute à la faveur des désaccords entre Tondelier et Rousseau, à la télé, il détaille sa nouvelle position antinucléaire.

La reconnaissance de l'utilité des centrales existantes

Nouveauté, Yannick Jadot reconnait l'utilité des centrales nucléaires et admet qu'il ne faut pas les fermer. Passé cette concession, son discours antinucléaire reste basiquement le même.

Un discours antinucléaire classique

Il reprend en effet :

L'argument "tout le monde le fait" n'était pas dans ma grille d'analyse, mais j'ai l'impression que cette évidente absurdité revient de plus en plus.

Bref, rien de significatif ne change, ils ont juste limité leurs revendications.

Transcription

Elizabeth Martichoux : Vous êtes toujours anti-nucléaire ou pas ?

Yannick Jadot : [...] Non mais, 1, on a des centrales nucléaires. Il vous a pas échappé qu'on est obligé d'en fermer avec les canicules.

Elizabeth Martichoux :Mais est-ce que vous voulez toujours fermer les centrales nucléaires ?

Yannick Jadot :Notre électricité aujourd'hui dont on a beaucoup besoin, y compris pour décarboner. Elle est massivement d'origine nucléaire. Donc les réacteurs nucléaires, aujourd'hui, on en a besoin. Il faut les sécuriser. Il faut même recruter pour conserver des compétences. Mais il vous a pas échappé qu'au mois de juin, on en a déjà fermé trois réacteurs nucléaires à cause de la température des fleuves. Quand l'étiage va baisser, ça va être la catastrophe.

Elizabeth Martichoux : Vous avez évolué dans votre doctrine quand même là.

Yannick Jadot :Mais c'est surtout, les nouveaux réacteurs nucléaires, c'est 2040-2045 pour plus de 100 milliards de factures. L'urgence, ça peut pas être ça. Bah on est en 2026. Il faut faire des énergies renouvelables.

Mais le monde entier le monde entier, Chine, même aux États-Unis de Trump, partout en Europe, c'est d'investir sur les énergies renouvelables. Si on tient ce chemin des énergies renouvelables et de l'efficacité, de la sobriété énergétique. Rien qu'en Europe, pour 2035, on ne dépend que du gaz norvégien. Fini le gaz russe, fini le gaz du Qatar, fini le gaz. Ce que je veux dire, c'est qu'on a des artisans, des entreprises qui sont capables de nous fournir de l'électricité décarbonée, qui sont capables de rénover. On a des paysans qui travaillent les sols de manière responsable. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut s'en sortir.

Intervenant : Mais j'ai pas compris sur le nucléaire, parce que vous dites on a déjà des problèmes avec les centrales qui fonctionnent et qui s'arrêtent parce que il y a des problèmes euh de d'eau. Euh mais le programme de construction de de de centrales lancé par le président de la République, s'il est vrai arrive au pouvoir, c'est non. On arrête. Stop, il faut arrêter ?

Yannick Jadot :Ah ben moi je pense qu'il faut clairement, euh quand on a le monde entier, non mais ...

Intervenant : C'est oui ou c'est non ?

Yannick Jadot :C'est simple. Ah moi, je suis contre. Très clairement.

Intervenant : Faut arrêter, faut pas lancer de nouveaux réacteurs ?

Yannick Jadot :Le dernier réacteur nucléaire qu'on a construit, il s'appelle Flamanville, 12 ans de retard, hein, 17 milliards de surcoût, juste de surcoût. Est-ce qu'on a envie de se lancer dans un programme nucléaire qui va nous coûter 100, 150 milliards ? C'est nous qui allons payer, hein. [brouhaha]

Elizabeth Martichoux :On sait tout l'énergie décarbonée qui nous permet d'exporter et qui n'est pas cher par rapport à d'autres.

Yannick Jadot : Donc, euh Ah non ! Pardon, non non non. Madame Artichoux, vous pouvez pas dire que les nouveaux réacteurs nucléaires sont pas chers. Ça va nous donner, non mais ...

Elizabeth Martichoux :"Aujourd'hui je suis pro-nucléaire, mais à condition qu'il y en ait pas de nouveaux.

Yannick Jadot : Ce que je dis, c'est que on est aujourd'hui dans un système électrique qui dépend massivement du nucléaire, on n'a pas le choix. On le maintient, on le sécurise, on recrute. Est-ce qu'il faut faire ces nouveaux réacteurs nucléaires très chers, qui n'arriveront en service qu'à l'horizon probablement de 2045-2050 alors que tous les pays du monde, Chine première, investissent sur le photovoltaïque, l'éolien, la géothermie, euh la biomasse, euh les énergies marines ? On a un tel paquet d'énergies qui seront beaucoup moins cher que le nucléaire, beaucoup moins cher que le nucléaire. Et en plus, il vous a pas échappé que une bonne partie de l'uranium qu'on importe pour notre nucléaire est sous emprise de la Russie. Est-ce qu'on a envie de ça ?

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