La dépêche a titré le 1er février : "Un "simulacre d’investigation" : le CNRS désavoue l’un de ses scientifiques après son passage dans un reportage d’Hugo Clément sur France 5".
Une présentation trompeuse
Le passage litigieux est dans l'émission "Ces animaux envahissent la France : qui les a importés ?", à 24'38" - 34'30. Un extrait ci-contre.
"Elles dévorent tout : les micro-crustacés, des insectes aquatiques ... La conséquence, selon ces chercheurs : c'est que les algues prolifèrent." Selon le chercheur les lacs de montagne sont en train de se dégrader. Le chercheur est présenté sur une minute de manière positive, présentation qui se conclue par un convaincu "Et je me bats pour la biodiversité en montagne."
Les truites seraient libérées adultes par les par la fédération locale pour favoriser la pêche. Ils présentent le fait de voir un camion libérant les truites comme une habile filature. Elles sont effectivement libérées dans le lac. Elle
La question des algues et encore appuyée : "D'après la fédération de pêche, ce n'est pas à cause de la truite arc en ciel qu'il y a tant d'algues dans le lac. C'est pour ça qu'ils continuent à les relâcher. 15 000 cartes de pêche sont vendues chaque année dans l'Ariège. C'est ce qui permet de financer l'élevage et le transport d'une espèce exotique."
La condamnation ferme du CNRS
Stéphane Blanc, directeur de l'Institut écologie et environnement, a désavoué Dirk Schmeller, qualifiant les propos de ce dernier de "regrettables, tant sur le fond que sur la forme", dans une lettre répondant au présent des fédérations de pêche.
Il rectifie plusieurs erreurs de fond :
- La truite n'est pas envahissante.
- "son implication dans l'origine de l'eutrophisation est injustement incriminée"
- "la comparaison entre cet étang soumis à des pressions ahtropiques et un lac oligotrophe de haute montagne est scientifiquement incorrecte".

Il critique même la forme : "Sur la forme, je partage votre constat concernant le ton à charge du reportage, la scénarisation excessive et le simulacre d'investigation."
L'importance des chercheurs
Cet épisode montre clairement une pratique, qui est en fait courante, qu'est l'utilisation de chercheurs militants prêts à tordre un peu la réalité pour servir un narratif.
Le CNRS à géométrie variable
J'applaudis la réaction du CNRS, qui couvre l'ensemble des critiques pouvant être faites et rappelant la coopération entre les différents organismes.
Néanmoins, cette réaction interroge : des chercheurs du CNRS se sont parés de ce statut pour dire des choses plus condamnables. Pourtant, le CNRS ne les a jamais inquiétés. Je pense notamment à Jean-Marc Bonmatin
Deux hypothèses sont possibles : soit le CNRS change sa politique vis-à-vis des prises de position publiques de ses membres ; soit il s'agit d'un double standard résultat d'aspect politiques.
Le second cas pourrait résulter de deux éléments :
- Si le narratif inculpe la chasse/pêche, il disculpe le réchauffement climatique et l'élevage.
- Par ailleurs, Hugo Clément n'est pas un membre proche du coeur de la pseudo-écologie. Au contraire, il n'est pas vraiment marqué "de gauche". Je doute qu'il bénéficie de beaucoup de protection.
Mais on est dans l'hypothèse sur une hypothèse.