Révélations de la justice américaine – 2 : Tenet Media et la Russie [06/09/2024]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Au début du mois de septembre 2024, la justice américaine a lancé une opération d'une ampleur remarquable contre les relais d'influence russe aux États-Unis : le groupe de presse russe (Rossiya Segodnya media group, incluant Russia Today), Social Design Agency (SDA), Structura National Technology (Structura) et Autonomous Non-Profit Organization Dialog (ANO Dialog) ; ainsi qu'une dizaine de particuliers.

Ils ont notamment mis au jour plusieurs projets : Good Old USA Project, Guerilla Media Campaign et U.S. Social Media Influencers Network Project. Je détaille tout dans l'article ci-dessous, qui est en fait le prélude à celui-ci.

En effet, la justice a poursuivi Tenet Media, notamment en raison de l'implication étroite de Russia Today dans la naissance et le management de ce nouveau média.

Créer un montage qui va dissimuler cette influence est trivial, comme cela a été montré ici : inventer une personnalité fictive, à la fictivité évidente, a suffit à faire illusion auprès des commentateurs, qui prétendent avoir été trompés.

On voit aussi le modèle d'affaire de ces gens : ils sont payés pour produire un discours, à eux de le mettre en forme pour leur audience. Cette notion d'audience est intéressante, c'est un peu un capital sympathie attiré au fil du temps plus la connaissance intime de ces gens. Cette audience va leur accorder sa confiance et son attention parce qu'ils produisent un discours qui confirment ses croyances.

C'est typiquement le coeur de l'économie de la pseudo-écologie : le consumérisme idéologique.

Une question est intéressante : quelle est l'implication des influenceurs ? Ceux-là nient leur responsabilité et prétendent avoir été bernés.

Il est possible que ce soit une stratégie de "plausible deniability" : ils sauraient parfaitement ce qu'ils font, mais ils savent qu'ils doivent pouvoir le nier.

Réciproquement, les commanditaires auront eu l'intelligence de l'anticiper et de ne pas jouer cartes sur table pour éviter de mettre en danger l'opération.

Quand Tim Pool hurle que l'Ukraine est l'ennemi, est-ce qu'il ne se doute pas un peu que la Russie est derrière le gros chèque qui lui fait dire ça ?