La pseudo-écologie repose sur un principe central: l’apologie de la pureté: l’humain, le progrès, la technologie seraient une souillure qui pervertirait l’environnement. Je peut aussi parler d’hygiénisme, car il s’agit d’une logique sanitaire. Cette idée peut être qualifié de « méta » thème ou de principe moteur. En effet, la pseudo-écologie n’est que l’une de ses expressions. Parmi ces dernières, on peut probablement compter le racisme, l’antisémitisme et certaines conceptions de l’économie (il faudrait atteindre une sorte de « pureté » pour que le marché soit efficient). C’est l’une des grandes forces des sociétés humaines, qu’il faut sans doute rapprocher de l’antéconcept.

L’apologie de la pureté est un des thèmes centraux de la pseudo-écologie, à plusieurs niveaux. La nature serait souillée par la technologie et il faudrait l’en purifier. Cela semble très proche du néo-luddisme.

J’aime parler d’hygiénisme, car on est dans une logique sanitaire: il faut être « propre », ne pas salir. Notez qu’on retrouve cette idée derrière la conception extrêmiste du conflit d’intérêts, où les organisations pro-technologie souilleraient les individus s’en approchant.

Elle a une place cruciale dans les narratif et c’est un point de convergence important avec l’écosystème antivaxx – fakemeds ou encore les religions. D’abord, il faut comprendre qu’elle se divise en deux ensembles : les thèmes de la contamination et de la régénération.

Le thème de la contamination et du déséquilibre

Le thème de la contamination est structurant à plusieurs niveaux dans la pseudo-écologie :

  • il est au centre des stratégies de diabolisation des pesticides, notamment à travers la fallacie des résidus.
  • Il construit aussi le double standard autour de l’influence de l’argent des industriels : tout lien avec une source de financement privée contamine le chercheur, qui doit être vu comme présumé devient teinté pour le pseudo-écologiste.

On peut aussi lui intégrer le thème du « déséquilibre », qui est en fait une contamination d’un équilibre parfait. C’est cette rhétorique qu’on voit notamment autour des bassines et du dérèglement du cycle de l’eau.

Le problème de cette logique est son peu de crédit: si elle n’avance pas masquée, sa dimension dogmatique quasi-religieuse est trop visible. Les pseudo-écologistes mobilisent donc souvent une technique permettant de prétendre l’ancrer dans un discours scientifique: le passage du pragmatique à l’hygiéniste (ex: S. Foucart et les néonicotinoides (chap.3, V) ).

Le thème de la régénération

Les systèmes contaminés auraient besoin d’un processus spécifique pour restaurer leur pureté : la régénération. On voit en même temps la logique passéiste poindre : il faudrait restaurer un état antérieur idéalisé.