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Julien Boé, un ingénieur nucléaire et la désinformation antiglyphosate

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Linkedin est un réseau social où il semble que les désinformateurs pseudo-écologistes sont hégémoniques. D’abord, beaucoup de personnes ont une carrière en ligne avec cette désinformation, comme Julien Boé que je vois régulièrement ressortir dans mes actualités. Ensuite, être « écolo » est vu de manière plutôt positive dans cet espace. Même si vos collègues pensent que vous dites des bêtises, vous n’attirerez pas l’ire de grand monde. À l’inverse, si vous contredites les croyances écologistes d’un collègue, vous deviendrez un de cette myriade de démons qui font obstacle à la rédemption de l’Humanité.

J’ai vu passer un post qui m’a interloqué : un ingénieur nucléaire qui reprend la désinformation pseudo-écologiste la plus crasse. Il citait un post de Julien Boé.

Le post de Julien Boé

Le post de Julien Boé réagit à la vidéo de Laurence Huc, directrice de recherche à l’INRAE, dans laquelle la chercheuse présente le glyphosate comme un pesticide d’une toxicité extraordinaire, affirmant notamment qu’il est cancérigène. Surtout, elle prétend que les agences sanitaires auraient « effacé » la science, en rejetant le fait que 75% des études « indépendantes » auraient trouvé des effets toxiques au pesticides. C’est évidemment une désinformation lamentable, dont je parle dans l’article en lien ci-dessus.

Ensuite il cite plusieurs énoncés qui seraient parfaitement évidemment faux. En réalité, non, il s’agit juste d’une gestion d’objections parfaitement légitimes, mais il va présenter leur fausseté ou leur malhonnêteté comme une évidence.

Ensuite son argumentaire tend au complotisme et à la réécriture de l’Histoire en imputant ces arguments qui sont simplement de bon sens à « l’agrochimie », sous-entendant que ceux qui les reprendraient ne seraient que les pantins de cette dernière. Cette stratégie est largement employée par la pseudo-écologie pour museler leurs opposants et notamment les agriculteurs.

Ensuite, autre élément de langage récurrent : la comparaison avec l’industrie du tabac.

Ensuite il tente de se rattacher aux Monsanto Papers, dont j’ai démontré la désinformation, sans préciser dans quelle mesure. En effet, rien de ce qu’il évoque ne porte sur le ghoswriting, la connaissance du risque et autres mensonges de cette « oeuvre » qu’on peut rattacher à l’oeuvre de S. Foucart et S. Horel.

Il donne la conclusion que ces derniers ont simplement insinué : les avis sanitaires ne vaudraient rien et ne serviraient qu’à vous endormir (sous-entendu : elles sont au service de l’industrie).

Segmenter la psyché : le super pouvoir de la pseudo-écologie ?

L’ingénieur reprend in extenso l’argumentaire de la chercheuse et présente le post de Julien Boé comme révélant la vérité.

Mais alors, comment un ingénieur nucléaire peut suivre et reprendre un argumentaire aussi évidemment désinformatif, reprenant les stratégies de la désinformation antinucléaire, portées par les acteurs de la désinformation antinucléaire ?

https://www.linkedin.com/posts/jean-philippe-coupey-7b92133_leffacement-de-la-science-en-cours-devrait-activity-7196160335530070017-ACB8/

Cela révèle un élément central de l’économie de la pseudo-écologie : il s’agit d’un supermarché où les individus peuvent venir s’approvisionner. Ils choisiront telle croyance, laisseront telle autre. Ils seront incités à choisir des « packs » et adhérer au final à l’offre complète, mais ils peuvent commencer produit par produit.

Autre chose, cela montre la capacité des gens à segmenter leur esprit, à ne pas faire de lien : l’ingénieur en question pourrait condamner les écologistes promouvant la désinformation antinucléaire et les soutenir lorsqu’ils désinforment sur l’agriculture. C’est assez trivial en fait : il suffit de se dire qu’ils sont « idéologues » ou dogmatiques et se dire qu’ils sont globalement de bonne fois. Ainsi, s’ils se trompent quelques fois, ils peuvent dire des choses vraies d’autres fois.

Commentaires et l’influence de Stéphane Foucart

Je suis allé benoîtement poser la question que se poseront tous ceux qui connaissent un peu la pseudo-écologie : comment peut-il combiner sa profession avec l’adhésion à cette dernière ? Est-ce qu’il va rejeter le dogme anti-nucléaire et tout de même accepter les mensonges sur l’agriculture ? Comment cela peut fonctionner cognitivement ? « Ils disent des bêtises sur le nucléaire, ok, mais sur l’agriculture, à laquelle je connais rien, ça va. » ?

Une tierce personne m’est rentrée dedans avec un commentaire assez intéressant. D’abord, je note « Restez avec vos copains les marchands de doute ». En effet, cela fait référence au livre de Stéphane Foucart, Les marchands de doute, dans lequel il diabolise tous ceux contredisant les positions qu’il promeut.

Ensuite on a aussi des éléments sur la psychologie derrière : « C’est déjà suffisamment pénible comme ça, de lutter en permanence contre le mensonge, la désinformation et l’empoisonnement massif du vivant. » On sent le désespoir dans son attachement à un rêve que je viens troubler, à cette mythologie à laquelle elle croit (ex: « le vivant« ), à cette histoire avec les gentils (elle et ceux qu’elle identifie lutter pour la même chose) et les méchants (ceux qu’elle identifie ou rattache à cette opposition).

Ce côté métaphysique est confirmé par son message suivant : j’aurais troublé « son humanité« . Rien que ça !