Abattage de 83 vaches à Pouilley-Français, DNC, LFI et CR [26-12/2025]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Le 22 octobre 2025, l'élevage de la famille Lhomme, dans le Doubs, avait été vacciné contre la DNC. Néanmoins, suite à l'apparition de nodules fin novembre, il est décidé de l'euthanasier, ainsi que le reste de l'élevage. Le cas avait été confirmé le 28 novembre. Les analyses ont montré que les animaux avaient été infectés moins de 15 jours après la vaccination, "avant l'acquisition de la protection vaccinale". (2)

Ladite famille appelle à une mobilisation, à laquelle répondent notament des membres des CR locales le 1er décembre. Le lendemain, la CR et la Confédération paysanne "ont déposé deux recours". Néanmoins, l'élevage de 83 vaches est abattu dans la journée. Il semble que le Tribunal a ensuite rejeté le recours. (1)

La Coordination rurale et la France insoumise ont communiqué sur le sujet. Étudions leurs propos.

Réaction de la France Insoumise locale

Un article de presse locale rapporte la réaction de la LFI locale.

Elle s'inscrit principalement dans la stratégie pseudo-écologiste consistant à se présenter comme l'allié des agriculteurs (tout en étant en réalité ses tortionnaires, préparant ainsi une inversion victimaire contre les agriculteurs la critiquant).

Elle commence par dénigrer comme excessif le dispositif policier pour permettre aux vétérinaires de procéder à l'abattage. Cela s'inscrit dans le dénigrement "antiflics" systématique en pseudo-écologie.

Plus fin, elle tente deux choses avec ce passage : "Ces méthodes sont intolérables et illustrent cette même politique violente de maintien de l'ordre qui depuis 2017 est systématiquement déployée à l'encontre des opposant(e)s".

Ensuite sont évoqués plusieurs mots communs dans le langage pseudo-écologiste : "Pour les Insoumis, il est clair que ces situations démontrent "l’échec d'une méthode centralisée", "autoritaire" et "déconnectée des réalités du terrain"." La critique de la centralisation et l'autoritarisme est aussi présente dans le discours antinucléaire. C'est d'autant plus paradoxal que la LFI soutient largement des régimes autoritaires (Vénézuela, Syrie, Russie, Chine ...).

Ils vont même accuser la stratégie sanitaire de traduire un agenda politique, tout en faisant un appel du pied aux antispécistes : ""Dans la logique libérale productiviste, ces troupeaux ne sont que des marchandises qu'ils suffiraient d'éradiquer et de jeter à la benne pour régler le problème"." Cela caricature aussi la stratégie des vétérinaires, qui ne se résume pas à l'abattage. Ils la psychologisent, la présentant presque comme une pathologie mentale.

Enfin, la "rappelle que la Confédération paysanne dénonce depuis longtemps le classement actuel de la DNC dans la réglementation européenne", qui entrainerait "des contraintes disproportionnées", comme l'abattage total. C'est contradictoire avec l'un des discours des protestataires, qui est que l'UE n'imposerait pas l'abattage total. Plus largement, cela s'inscrit dans la relativisation de la dangerosité de la maladie et illustre l'ancrage de la Conf' à gauche (la LFI ne va pas reprendre le discours de la Coordination rurale).

Réaction de la Coordination rurale

La Coordination rurale prétend quant à elle que "aucun protocole sanitaire reconnu ne justifie l’abattage d’un troupeau vacciné depuis plus de 30 jours", négligeant totalement le fait que l'infection a eu lieu avant l'immunité. Elle va jusqu' à qualifier la décision d' "inacceptable et contraire à la logique scientifique". (1)