Confédération paysanne, normes, mercosur et paysannerie [13/01/2026]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Le 11 janvier 2026, Fanny Metrat, la porte partole de la Confédération paysanne a tenu des propos sur BFMTV, dans le contexte du vote du Mercosur que nous allons commenter.

Les comptes facebook et Twitter de la Confédération paysanne a repris ce discours.

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Transcription

Non mais elles ne sont pas suffisantes dans le sens où elles ne répondent qu'à la FNSEA. La FNSEA est venue àMatignon la semaine dernière avec sa liste du Père Noël et bien sûr, Genevard, qui est la ministre de la FNSEA clairement, a répondu à la FNSEA. Ça ne répond en rien aux colères paysannes.

Et moi je veux redire par rapport à ce que vous venez de dire juste avant : non, on ne veut pas s'aligner sur les normes brésiliennes en tant que paysans français, en tout cas pas à la Confédération paysanne. On veut bien tirer tout le monde vers le haut. Les normes sociales, les normes environnementales qui protègent les paysans et les paysannes et les citoyens et citoyennes en France, on veut que toutes ces normes-là soient appliquées dans le monde.

On veut pas du moins-disant de normes sociales et environnementales, c'est faux. On est la Confédérationpaysanne,nous on veut tirer tout le monde vers le haut.

— Est-ce que vous n'avez pas le sentiment que la bataille est perdue maintenant, sur le Mercosur en tout cas ?

On va tout faire pour que le Parlement européen ne lâche pas, parce qu'en fait, c'est quand même la première fois qu'il n'y a pas unanimité sur un accord de libre-échange à ce niveau-là. La minorité de blocage, on a perdu à 3,5 % uniquement. Du coup, on va mettre la pression.

Et pour nous, on a une immense colère parce que cette Europe libérale-là, qui veut détruire la paysannerie...C'est clair, les accords de libre-échange détruisent la paysannerie. Et ça faut le savoir : elle les détruit ici en Europe, mais aussi à l'autre bout du monde. On est solidaires des camarades du Brésil, des camarades des organisations paysannes aussi dans le Mercosur, qui eux aussi se lèvent contre cet accord-là.

Lutter contre le libre-échange pour enfermer l'agriculture

Le libre échange révèle le prix payé par les français pour l'accroissement des normes demandé par la pseudo-écologie. Ici, la Confédération paysanne explicite sa logique : elle ne veut pas moins de normes, elle veut que les Français payent le prix pour ces normes en plus. En effet, leur contrôle sur l'agriculture ne fonctionne pas si cette dernière se délocalise.

J'ai mis en gras le passage clé.

Cela révèle parfaitement l'hypocrisie de la Coordination rurale, qui manifeste, dans le cadre des manifestations au sujet de la Dermatose Nodulaire Contagieuse avec ceux-là même qui sont responsables du problème de l'agriculture française, qui est un problème de compétitivité.

Notez par ailleurs le complotisme anti-FNSEA, ainsi que la référence à la "paysannerie", systématiques chez la Confédération.

On voit clairement ici l'image d'une agriculture qui ne veut pas innover, la "paysannerie", exploitée par des politiciens pour asujettir l'agriculture toute entière.

Enfin, notez la diabolisation : l'Europe libérale "veut détruire" la paysannerie. Cela permet de victimiser les "paysans" et de s'approprier leur "cause".