SFEN, manuels scolaires et désinformation antinucléaire [09-2022]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

En septembre 2022, la Société française d’énergie nucléaire (Sfen) a publié un rapport analysant les manuels scolaires "d'enseignement scientifique" de Terminale : [lien]

Reprenons certaines de leurs découvertes traduisant clairement l'empreinte des discours antinucléaires.

Assimulation du nucléaire aux énergies fossiles

Lelivrescolaire

Dans "la rubrique « La transition énergétique : un enjeu climatique et environnemental » du Lelivrescolaire.fr, p.148", un passage écrit :

"L'utilisation massive de ressources polluantes (fossiles et nucléaires), depuis plusieurs décenies, a conduit à des changements néfastes parfois irréversibles sur l'environnement et le climat de la planète."

Il s'agit clairement d'un discours antinucléaire, qu'on peut comprendre comme niant la nature bas carbone du nucléaire et/ou comme dramatisant l'impact des accidents et déchets nucléaires.

Hatier

Le manuel d'Hatier (p.165) est encore pire, avec le paragraphe suivant :

Le but de la transition énergétique initiée dans les années 1990 sur les recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est de réduire l'émission de gaz à effet de serre, de sécuriser au maximum les systèmes énergétiques, de protéger la santé des populations, de réduire l'inégalité d'accès à l'énergie et de diminuer les gaspillages énergétiques en augmentant, en particulier, l'efficacité des convertisseurs d'énergie. Pour cela, il semble notamment nécessaire de modifier le mix énergétique* de façon à remplacer les ressources énergétiques* fossile et nucléaire par des ressources renouvelables.

Il assimile le nucléaire aux fossiles et, en plus, prétend que le GIEC encouragerait la sortie du nucléaire, alors que c'est au contraire une des technologies promues (de "mitigation").

Désinformation sur l'intermittence

Plusieurs approximations présentent comme négligeables le problème de l'intermittence, par exemple en présentant comme déjà opérationnelles des technologies en fait à un stade embryonnaire.

"Ainsi, dans le Hatier (p. 134-135), nous avons : « La conversion de l’énergie électrique sous des formes stockable permet de répondre aux problèmes de l’intermittence ». Dans Lelivrescolaire (p.118), on lit : « Face à l’irrégularité de la disponibilité de certaines ressources énergétiques (non citées), le surplus peut être stocké afin de pouvoir l’utiliser en période de besoin ».

Dans le Hachette, page 133 : « Le réseau smart grid » - « Ce réseau électrique intelligent favorise la circulation entre les fournisseurs et les consommateurs afin d’ajuster le flux d’énergie électrique en temps réel. Il permet une gestion plus efficace du réseau électrique en valorisant au mieux l’énergie électrique produite à partir d’énergie renouvelable ».

Dans le Lelivrescolaire (p.128) : « En France … depuis l’arrivée des énergies renouvelables (EnR), le réseau est contrôlé par des smart grids, qui permettent de mieux gérer les fluctuations de production et de consommation ». Enfin, dans le Hatier (p.134-135) : « Des réseaux connectés « intelligents » nommés « smart grids » voient ainsi le jour. Leur rôle est d’adapter en permanence la production, la distribution et la demande instantanée d’électricité »."

Désinformation sur les stocks d'uranium

Deux citations minorent les réserves d'uraniums, sans même citer de source :

Hachette (p. 76) : « Les énergies de stocks…dont l’uranium, seront toutes épuisées en quelques dizaines d’années. »

- Magnard (p.152) : « des ressources en uranium qui s’épuiseraient dans 70 ans environ ».

Désinformations plus générales

Une infographie dans le "manuel Belin (p.181), présente comme négatifs les impacts écologiques, sanitaires et socio-économiques de l’énergie nucléaire sans justification." Or, le nucléaire est l'énergie la moins risquée et les déchets n'ont à ma connaissance été à l'origine d'aucun problème.

Quant à l'impact économique et social, on ne sait pas de quoi ils parlent.