Emmanuel Grégoire et la climatisation [06-07 2026]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Emmanuel Grégoire, maire PS de Paris, a également participé aux discours anti-climatisation. Voyons comment.

La climatisation, "une plaie"

Emmanuel Grégoire a qualifié la climatisation indivudelle de "plaie" fin juin : "Faut-il que les habitants s’équipent eux aussi de climatiseurs ? Elle peut être utile pour rafraîchir des lieux collectifs, pour mettre à l’abri les populations les plus fragiles, mais la cli- matisation individuelle est une plaie, elle amplifie le problème en réchauffant encore plus la ville. "(1).

Antoine Alibert, son adjoint, a précisé : "C'est une plaie parce que toutes les études démontrent que installer une climatisation individuelle, ça va permettre de protéger la personne, ça va nous permettre de nous protéger soi, mais ça va faire augmenter la température globale. Si la ville, du jour au lendemain, tout le monde installe des clims, toutes les études démontrent qu'on prendra 4, 5 degrés en extérieur."

On a donc le mensonge sur les îlots de chaleur. Notez que le journaliste reprend ensuite la désinformation de Viguié ("C'est plutôt 2 à 3 d'ailleurs.")

Emmanuel Grégoire reprend l'argument dans l'interview de juillet : "climatiser son appartement, c’est réchauffer celui du voisin". Il l'avait déclaré dans le Grand jury RTL

Le lien avec le mouvement antinucléaire

La fin de l'interview d'Antoine Alibert fait le lien avec le mouvement antinucléaire : "Exactement, et derrière, c'est les consommations énergétiques. Et donc, sur un modèle qui n'est pas extensible, enfin, on est dans une impasse énergétique aujourd'hui en France. On ne sait pas mener la transition énergétique et on en est réduit à devoir créer des nouvelles centrales nucléaires. Et la consommation énergétique, c'est pas juste des, c'est pas juste de l'électricité qui passe dans nos réseaux, c'est tout l'impact que ça a sur l'environnement et sur des ressources qui sont finies."

Les pseudo-alternatives

Il reprend les pseudo-alternatives à la climatisation : "En attendant que tous les plans puissent aboutir, notamment en ce qui concerne la rénovation des écoles, Emmanuel Grégoire affirme qu’il faut "bricoler" en installant des brasseurs d’air, des ventilateurs, des protections solaires, des volets ou encore des ombrières en textile. "Je souhaite que l’intégralité des écoles soit traitée d’ici l’été prochain pour pallier les urgences" affirme-t-il. Parmi les mesures centrales du plan local d’urbanisme bioclimatique qu'il évoque : le "plan volet". Une installation qui, pour Emmanuel Grégoire, est "de loin la chose la plus efficace pour protéger les appartements de la chaleur". Il pointe également du doigt la nécessité de changer la matérialité des toits en zinc."

Idem d'Alibert : "Et on voit bien que la climatisation, qui est une solution utile d'urgence individuelle, ne fonctionne pas pour les collectivités. La collectivité, et c'est les grandes rénovations du bâti et des logements qu'il faut qu'on mène d'urgence."

Aveu des limites de la rénovation

Emmanuel Grégoire admet les limites pratiques de la rénovation : "Nous avons déjà adapté 200 écoles sur les 600 de la ville, mais rénover l’en- semble du bâti scolaire est très consom- mateur de temps et de financements. Même si nous avions l’argent, les prestataires ne peuvent pas tout faire en quelques années." (1)

Divers

On retrouve l'invocation décérébrée de "la science" par l'adjoint : "Pardonnez-moi, quand les gens sont protégés à l'intérieur, ça change quoi d'avoir quelques degrés de plus dans la rue ? Parce que c'est des jeux de thermodynamique et de sciences. C'est leur rafraîchissement extérieur impacte la chaleur."

On retrouve aussi la rhétorique de l'effet rebond, comme si l'ilot de chaleur augmentait significativement le besoin de climatisation : "Impacte le réchauffement intérieur, et c'est en fait, on tombe dans un cercle vicieux tout simplement."

Transcriptions

Antoine Alibert, adjoint d'Emmanuel Grégoire (27 juin ?)

Je voulais qu'on dise un mot d'un sujet qui a évidemment beaucoup occupé le débat public, le débat politique ces derniers jours, et peut-être que beaucoup de Français, ou c'est un certain nombre, en tout cas, se sont dit peut-être que ça pourrait être pas mal d'installer une clim chez soi. Le maire de Paris, lui, présente la climatisation individuelle comme une plaie. Pourquoi ?

C'est une plaie parce que toutes les études démontrent que installer une climatisation individuelle, ça va permettre de protéger la personne, ça va nous permettre de nous protéger soi, mais ça va faire augmenter la température globale. Si la ville, du jour au lendemain, tout le monde installe des clims, toutes les études démontrent qu'on prendra 4, 5 degrés en extérieur.

C'est plutôt 2 à 3 d'ailleurs.

Dans les modèles nord-américains, moi j'ai plutôt lu 4 à 5. Mais quel que soit le pourcentage de degrés, ça illustre que ce n'est pas la bonne solution.

Pardonnez-moi, quand les gens sont protégés à l'intérieur, ça change quoi d'avoir quelques degrés de plus dans la rue ?

Parce que c'est des jeux de thermodynamique et de sciences. C'est leur rafraîchissement extérieur impacte la chaleur.

Rafraîchissement intérieur, oui.

Impacte le réchauffement intérieur, et c'est en fait, on tombe dans un cercle vicieux tout simplement.

Et plus on rafraîchit, plus on chauffe, donc plus on rafraîchit.

Exactement, et derrière, c'est les consommations énergétiques. Et donc, sur un modèle qui n'est pas extensible, enfin, on est dans une impasse énergétique aujourd'hui en France. On ne sait pas mener la transition énergétique et on en est réduit à devoir créer des nouvelles centrales nucléaires. Et la consommation énergétique, c'est pas juste des, c'est pas juste de l'électricité qui passe dans nos réseaux, c'est tout l'impact que ça a sur l'environnement et sur des ressources qui sont finies. Et on voit bien que la climatisation, qui est une solution utile d'urgence individuelle, ne fonctionne pas pour les collectivités. La collectivité, et c'est les grandes rénovations du bâti et des logements qu'il faut qu'on mène d'urgence.

[lien] (27/06)

Emmanuel Grégoire, 5 juillet, Grand Jury RTL

Pour Emmanuel Grégoire, invité du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro ce 6 juillet, "personne n’avait prévu une canicule d’une telle ampleur". "Les scientifiques eux-mêmes sont surpris de la gravité, de la durée de la canicule", souligne le maire de Paris. Selon lui, "beaucoup de choses" ont déjà été faites dans la capitale, comme . Il évoque notamment le plan d’adaptation de la Ville de Paris aux changements climatiques, un plan "inédit au monde" dont "le monde entier" vient s'inspirer.

En attendant que tous les plans puissent aboutir, notamment en ce qui concerne la rénovation des écoles, Emmanuel Grégoire affirme qu’il faut "bricoler" en installant des brasseurs d’air, des ventilateurs, des protections solaires, des volets ou encore des ombrières en textile. "Je souhaite que l’intégralité des écoles soit traitée d’ici l’été prochain pour pallier les urgences" affirme-t-il. Parmi les mesures centrales du plan local d’urbanisme bioclimatique qu'il évoque : le "plan volet". Une installation qui, pour Emmanuel Grégoire, est "de loin la chose la plus efficace pour protéger les appartements de la chaleur". Il pointe également du doigt la nécessité de changer la matérialité des toits en zinc.

Enfin, concernant la climatisation, le maire de Paris se positionne globalement contre, estimant qu’elle n’est pas indispensable dans "pas mal d’endroits". "Les climatisations individuelles je suis contre, car climatiser son appartement, c’est réchauffer celui du voisin", argue-t-il. "Je ne juge pas ceux qui ont acheté un climatiseur d’appoint pour se soulager", souligne toutefois Emmanuel Grégoire, qui précise que le plan local d’urbanisme interdit la pose de blocs de climatisation en façade à l’extérieur.

[lien]