Greenpeace, Pouyanné, diabolisation (24/05/2024)

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Greenpeace a fait aujourd'hui une manifestation au siège de Total Energies alors que se tenait l'assemblée générale. Cela a été l'occasion d'une opération de diabolisation qu'il faut commenter ici.

Commençons par l'affiche.

Une affiche pour une chasse à l'homme

Total est l'un des "diables" de la mythologie pseudo-écologiste, c'est l'objet d'un dénigrement assidu de la sphère pseudo-écologiste.

Ce choix d'indicateur interroge : en effet, tout d'abord, le métier principal de TotalEnergie n'est pas la production d'énergie, mais la production / raffinage de pétrole et, dans une moindre mesure, la fourniture d'énergie. Surtout, ils évoquent "70%" des investissements vers les énergies fossiles. C'est en fait relativement peu et, si elle consacre 30% de ses investissements à une activité qui ne représente qu'une petite partie de son chiffre d'affaires, cela traduirait un changement d'orientation et il est potentiellement majeur. Surtout, l'entreprise semble avoir une place centrale dans la production d'énergies renouvelables :

Et selon le classement du cabinet Mercom, elle est le plus grand développeur d'énergie solaire au monde. Elle a consacré 2 milliards d'euros aux ENR en 2020, 3 milliards en 2021, 4 milliards en 2022 et 5 milliards en 2023, soit un tiers de ses investissements, montant reconduit en 2024.

Christine Kerdellant, TotalEnergies : pourquoi tant de haine ? , Les Echos, 18 mars 2024

Est-ce que les militants sont vexés qu'une entreprise fasse plus pour la planète qu'eux ?

Surtout, cela illustre le fait que l'écologie politique n'a rien d'écologique et tout de politique. En effet, leurs actions se font au préjudice du grand groupe énergétique le plus en avance sur le sujet, favorisant leurs concurrents qui investissement relativement moins que le géant français.

On retrouve ensuite le thème où "ils savaient", évoquant un rapport produit par les scientifiques de Total Energie en 1971.

Il est intéressant de se rappeler que, jusque dans les années 90-2000 (et même après en creux), les écologistes pronaient le gaz en alternative au nucléaire.

Ils ont eu le concours de la députée La France Insoumise Manon Aubry (qui tente peut-être de revenir dans sa campagne, dont elle me semble avoir été un peu éjectée par son management). Elle s'est effectivement victimisée de l'intervention des forces de l'ordre. (voir ci-contre) Sandrine Rousseau, David Cormand, Sagaspe Chloé et Nour Durand-Raucher, politiciens EELV, seraient également présents.

La victimisation culmine avec le compte du parti LFI qualifiant l'interpelation d'une des politiciennes présente comme d'un "scandale", s'insurgeant que le droit commun s'applique à ses membres (et rappelant sa logique putschiste : la "vraie République, c'est eux).

Cette rhétorique putschiste est aussi présente dans le tweet du dirigeant, Jean-Luc Mélenchon, qui en profite pour encourager la participation à ces actions. En effet, ils ont besoin de chair à canon pour être violentée par les policiers pour pouvoir, ensuite, s'en plaindre.

Se sont également indignés sur ce sujet les cadres du parti (Thomas Portes, Manon Aubry, Bastien Lachaud, ), des députés (Nadège Abomangoli) les médias du Parti (LFI 10e, l'insoumission, ) des politiciens plus secondaires (Vianney Orjebin, Nordine Raymond, candidat aux européennes, Amine Soussi (assistant parlementaire), Aurélien Le Coq, coanimateur des jeunes insoumis ), des alliés (Partie de Gauche, et divers particuliers (1, 2, William Aucant qui a été à la convention citoyenne, 3). Attac France, qui semble présent, rapporte les événements et rapporte le nassage et l'interpellation "de plus en plus d'activistes", commentant "Pendant ce temps, Total peut continuer en toute impunité son activité climaticide."

Il est intéressant de voir comment tout cet écosystème (LFI - Greenpeace - Attac) agit de concert, comme s'il s'agissait d'un seul organisme. On voit bien aussi comment les sphères pseudo-écologistes et anticapitalistes sont intriquées, tant qu'il est difficile de les distinguer.

La victimisation ne s'arrête pas à eux d'ailleurs. Le tweet de Claire Nouvian, directrice de Bloom, est d'ailleurs assez immonde, accusant d'inversion victimaire en pratiquant une inversion victimaire.

Le lendemain, les verts ont rajouté une couche autoritariste, jugeant que la réponse policière à leur action violente était "antidémocratique" :