Le cancer est l'un des fléaux de la société moderne, allant souvent avec l'âge. Alors quand cette maladie touche les enfants, c'est quelque chose de particulièrement terrible. L'accusation de causer des cancers pédiatriques est donc un des anathèmes préférés des pseudo-écologistes.
Des clusters de cancers pédiatriques autour des centrales nucléaires
Sellafield
Un cluster de cancers pédiatriques ?
Un documentaire TV au Royaum-Uni avait découvert 7 cas de leucémie à Seascale, un village à 3km du site nucléaire de Sellafield, alors qu’il n’aurait dû y en avoir statistiquement qu’un. La centrale a été pointée du doigt, notamment en raison d’un accident nucléaire s’étant produit en 1957. Une commission présidée par Sir Douglas Black a conclu qu'il y avait effectivement une incidence plus élevée de leucémie infantile.
Peu après l'affaire Seascale en novembre 1985, le Committee on Medical Aspects of Radiation in the Environment (COMARE) a été créé, un comité d'experts indépendants créé par le ministère de la santé. Il a rendu de nombreux rapports. Il a notamment constaté, chez les personnes entre 0 et 24 ans, 2 autres leucémies et 5 lymphones non Hodgkiniens.
La réalité scientifique
Néanmoins, malheureusement pour les antinucléaires, ces éléments sont très insuffisants pour imputer un risque sanitaire aux centrales nucléaires.
Le rapport de la COMARE
Le dernier clou a été enfoncé par le 17e rapport de la COMARE, rendu en 2016 sur les données près de Sellafield et Dounreay de 1963 à 2006. (1) Voici quelques extraits, traduits par mes soins :
"Depuis la publication de ce rapport , de nombreuses études et rapports sur les risques possibles de leucémie infantile (et autres cancers) dans le voisinage des sites nucléaires ont été publiés. Certaines études ont observé une association positive entre le risque de leucémie infantile et la proximité d'un site nucléaire, mais seulement quelques unes ont été statistiquement significatives et aucune preuve déterminente a été obtenue pour déterminer si vivre près d'une installation nucléaire pouvait augmenter le risque de leucémie infantile. De précédentes revues critiques du COMARE et autres ont conclu que les doses de radiation provenant des installations nucléaires ne sont pas proches d'être assez hautes pour causer une augmentation des leucémies infantiles (COMARE, 1988, 1989, 1996)."
Ils relèvent que le 10e et 14e rapport montrent qu'il n'y a pas, en général, de preuve d'une incidence plus élevée de cancer chez les enfants vivant dans des zones proches d'installations nucléaires en Grande Bretagne.
Une autre cause pourrait être impliquée :
"Il y a de plus en plus d'évidence épidémiologique que la leucémie infantile est liée aux infections ; deux hypothèses majeures sont que la leucémie infantile est soit une réponse rare à une ou plusieurs infections courantes spécifiques (Kinlen, 2011), soit une réponse rare à une exposition générale à des agents infectieux qui est renforcée par une exposition retardée (Greaves, 2006). Cependant, les mécanismes biologiques qui sous-tendent ces hypothèses restent l’objet de nombreux débats scientifiques."
- (1) A.T. Elliott et C.J. Gibson, Further consideration of the incidence of cancers around the nuclear installations at Sellafield and Dounreay, Seventeenth report, COMARE, 2016