Dermatose Nodulaire Contagieuse : "L'abattage total est une aberration". Vraiment ?

L'abattage total est présenté comme un protocole aberrant, traduisant l'autoritarisme du gouvernement, quand ce n'est pas sa volonté d'éteindre l'élevage français.

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Ce protocole semble avoir été accepté par l'essentiel

L'ordre des vétérinaires, qui rappelons-le n'est pas subordonné à l'État, est sans équivoque dans son communiqué du 28 août :

"Le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires soutient sans équivoque et sans réserve la stratégie de lutte déployée par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire construit sur les bases acquises de la science, sur l’expérience issue des différents pays du monde préalablement touchés par cette maladie vectorielle fortement contagieuse et sur une base règlementaire européenne robuste soutenue par les Etats membres. [...] Le Conseil national dénonce avec tout autant de force ceux des rares vétérinaires qui sous couvert de leur titre et exposant une expertise parcellaire, sinon leurs seules convictions personnelles et militantes, ont cru pouvoir s’exprimer à travers différents médias dans un domaine de compétence qu’ils ne maitrisaient visiblement pas."

Un protocole populaire

"These outbreaks — often managed and controlled through 'stamping out', involving mass killing and disposal — have huge costs to the EU and its member states, both monetarily and non-monetarily, as they cause severe economic disruption, undermine food production and waste of animal proteins, risk animal welfare, devastate farming economy, and take a serious toll on the mental well-being of farmers and veterinarians. The consequences reach beyond the farm gate, affecting neighbouring European countries and entire communities and raise concerns about long-term sustainability." FVE, Vaccination animale : un pilier socio-économique de la santé animale et de la résilience européenne

L'abattage total a été efficacement utilisé :

Néanmoins, comme toujours, ce n'est pas une solution magique. Cette stratégie a pour objet de contenir la maladie. Lorsque la maladie est endémique, comme en Afrique, elle est moins pertinente et beaucoup de pays s'en abstiennent. Pennuen (2019, p.59-60) explique l'arbitrage (je mets en gras) :

Comme exposé précédemment, en cas de confirmation d’un foyer de DNCB dans un pays européen, la directive 92/119/CEE du 17 décembre 1992 indique les mesures générales à mettre en place. Ces mesures consistent tout d’abord à réaliser un abattage total des bovins de l’exploitation infectée avec élimination des carcasses, soit par enfouissement ou incinération des animaux sur place, soit le cas échéant dans une usine d’équarrissage si les services vétérinaires estiment que le risque de dissémination de la DNCB n’est pas trop élevé. Cette politique d’abattage total a été appliquée dans chaque foyer détecté en Grèce, en Bulgarie, et en Serbie. Les autres pays comme le Kosovo ou l’ancienne république yougoslave de Macédoine ont préféré procéder à un abattage partiel, en éliminant des troupeaux uniquement les animaux présentant des signes cliniques, tout en vaccinant le reste du cheptel. En effet, se fondant sur l’épidémiologie et l’analyse du coût-avantage, les services vétérinaires de ces pays ont conclu que l’abattage total était nécessaire pour les quelques premiers foyers détectés, mais qu’à partir du moment où la maladie commençait à s’étendre à tout le pays, l’abattage total ne présentait pas plus d’avantage que l’abattage partiel pour limiter la diffusion de la maladie (FAO, 2017).

Le protocole a été efficace en Savoie

Sources :