Le complotisme: un thème récurrent de la pseudo-écologie
Le Covid a eu les docteurs D. Raoult et C. Perronne (entre autres), la Dermatose Nodulaire Contagieuse eu le GIE (Groupement d'Interventions et d'Entraide) Zone Verte. Ce groupe de vétérinaires homéopathes, osthéopathes et autres éleveurs paysan-herboristes, créé en 2002, a publié une pièce de désinformation assez spectaculaire sur son site en juillet..
Le GIE Zone Verte dépeint les mesures sanitaires comme un complot économique du ministère de l'agriculture, orchestré par des syndicats agricoles « corrompus ». Cette lecture conspirationaliste transforme un problème technique de santé animale en « affrontement politique » où la vraie science serait étouffée par des « autorités ».
Pire, quand on creuse, on découvre un organisme hostile à la vaccination et proche d'une des principales influenceuses antivaxx sur la DNC : Hélène Banoun.
Commmentons-le plus en détail. Commençons par leur page dédiée à la dermatose : [lien]
Dénigrement brutal de l'abattage total
L'abattage est diabolisé dans des termes extrêmement tranchés. La page commence par :
"Les horreurs d'euthanasie d'animaux sains sur les fermes se poursuivent en silence dans les départements de Savoie et Haute-Savoie, sous couvert d'un beau discours bien huilé, qui se veut rassurant, de la ministre de l'agriculture : à savoir que les vaccins arrivent, que le « dépeuplement » serait le seul moyen d'empêcher la propagation de la maladie, et autres balivernes... Ce discours est très largement relayé et soutenu par les GDS, chambres, syndicats FNSEA et JA... la propagande est forte !"
Le fait que ce soient des instances vétérinaires et sanitaires qui soient à l'origine de la stratégie et qui la soutiennent est totalement oblitéré : cela devient une décision purement administrative du seul ministère.
Elles sont néanmoins mentionnées ensuite, en les accusant de dissimulation : "ET la réalité sur le terrain est volontairement camouflée par les autorités sanitaires, entretenant un climat de peur-panique dans les fermes plus lointaines."
La diabolisation continue sur l'ensemble du texte :
- "Les horreurs d'euthanasie d'animaux sains sur les fermes se poursuivent en silence"
- "il n'existe pas de « bonne » façon d'annoncer à un éleveur qu'on va lui tuer ses vaches, même en bonne santé, et sur place ! c'est honteux !!![en gras et en grand format] Tant qu'on abat aveuglément les animaux, on refuse de voir et d'étudier... et ça, ce n'est pas de la science. ça c'est un crime !"
- "Tant qu'on abat aveuglément les animaux, on refuse de voir et d'étudier... et ça, ce n'est pas de la science. ça c'est un crime !" Notez que cette citation se situe dans le bullshit Fakemed "holistique", comme quoi la réponse à toute maladie serait dans les spécificités individuelles pour résoudre les problèmes, ce qui est utilisé pour dénigrer toutes les solutions globales.
- "les règles préconisées par arrêté préfectoral sont absolument draconiennes et criminelles "
- "Dans ce genre de situation, ce qui tue le plus c'est bien les abattages totaux associés à la découverte d'une vache malade, et non pas le virus !"
- "L'éradication par l'abattage total ou l'euthanasie totale est une ineptie absolue"
La diabolisation va jusqu'à la psychologisation, présenter les contradicteurs comme malades mentaux : "Cette maladie est évidemment politique avant d'être un enjeu de santé des troupeaux... Un éleveur m'a même dit : « mais je ne comprends pas, ce sont les vaches qui sont malades ou ce sont les humains ? »"
La dermatose nodulaire contagieuse, une maladie pas si grave et pas si contagieuse
Ce qui fonde cette accusation ? Que les vaches pourraient guérir de la maladie et qu'elle ne serait pas si grave.
Ce qui fait peur ce sont les menaces d'euthanasie bien entendu ! La maladie en elle-même, si on ne l'étudie pas et qu'on ne tente pas de soigner, on ne peut rien en dire...
Pourtant, sur le terrain, les éleveurs s'organisent, ils observent des choses qui doivent absolument être entendue, loin des discours officiels. Les autres éleveurs méritent de savoir !
Quelques éleveurs sont entrés en résistance et s'opposent aux euthanasies, grâce au soutien important de centaines de voisins, collègues, amis, sympathisants, qui se relayent tous les jours depuis 10 jours pour protéger les vaches. Pour ne pas abandonner l'éleveur et sa famille à ce sort funeste que lui réserve l'administration. Et pour faire blocage aux CRS, et aux vétérinaires mandatés pour ce sale boulot.
Et que voit-on dans ces fermes qui résistent ? On est bien loin des 90% de morbidité relatés dans la bibliographie, bien que nous soyons en territoire naïf.
Un éleveur qui avait rencontré la maladie sur une de ses vaches a fait le choix de rentrer son troupeau au bâtiment volontairement, de lui-même, pour limiter le « risque de propagation » aux troupeaux voisins ! ET on constate que la dermatose nodulaire ne semble pas si contagieuse que ce que l'on craignait ! Cela fait maintenant plus de 2 semaines que les vaches sont dans le bâtiment, elles mangent, elles vivent, elles produisent leur lait. Sur plus de 100 vaches, une seule semble déclarer des symptômes de la maladie (fièvre, nodules) après 2 semaines d'incubation.
Dans un autre cas, sur 10 génisses au parc, 4 avaient commencé des symptômes, un passage de fièvre. 3 jours après, elles étaient en pleine forme... il existerait donc une guérison possible ! malheureusement condamnées par la réglementation française, ces génisses ont dû être euthanasiées par la force...
C'est le mensonge sur la dangerosité de la maladie, qu'on a notamment vu repris avec véhémence par Tatiana Ventôse, une influenceuse populiste anticapitaliste : elle ne serait pas très dangereuse, pas très contagieuse.
Notez la mention du chiffre de 90% de morbidité, auquel personne ne fait référence (les taux évoqués sont plutôt de l'ordre de 20-40%). C'est un épouvantail utilisé pour décrédibiliser les discours sanitaires. On voit à ce genre de détails, qui ne peuvent pas être innocents, qu'il y a bien une volonté de désinformation sous-jacente.
Éloge de l'immunité naturelle
Laisser faire la nature
On retrouve également l'attribution de la maladie au réchauffement climatique et au libre-échange. Ces tendances irréversibles sont présentées comme une autre raison pour laquelle il faudrait "s'adapter", ce qui dans le langage de cette page signifie développer des défenses naturelles :
"Nous sommes en 2025, le réchauffement climatique est bien présent ! Les périodes d'activité des différents vecteurs s'allongent. Les périodes de canicules sont de plus en plus précoces. La mondialisation des échanges et des moyens de transports n'a pas diminué, bien au contraire ! ET avec les transports internationaux nous ramenons chaque jour, même chaque minute, des cohortes de virus, bactéries, « parasites » qui trouvent de plus en plus facilement des conditions favorables pour s'exprimer, parmi des populations animales et humaines sensibles, des conditions météo favorables, etc... L'avenir des maladies émergentes, c'est maintenant ! C'est maintenant qu'il faut apprendre à s'adapter ! À vivre avec tout ça, tout ce qu'on ramène de notre mode de vie fou... Et arrêter de sacrifier les animaux et les éleveurs par anticipation..."
Ils développent cette idée ensuite, en évoquant l'Afrique : "En Afrique où la maladie est endémique depuis plusieurs décennies, il faut savoir que les animaux touchés s'immunisent, et que cette immunité collective semble protéger les troupeaux sur des périodes de 5 à 6 ans."
Ce thème est récurrent dans l'ensemble du texte.
"Abattre c'est empêcher les animaux de développer une immunité et de se défendre pour les années à venir... Abattre c'est ruiner les capacités d'adaptation des animaux, et c'est ruiner le travail des éleveurs."
"Les processus d'immunisation naturelle sont une chance pour l'animal d'évoluer vers la guérison, mais aussi une chance pour l'espèce de s'adapter à une nouvelle maladie potentielle. [...] On observe que cette capacité à guérir et s'immuniser contre des maladies infectieuses est transmise à la descendance et peut-être pas seulement par l'apport des anticorps colostraux."
"Il risque évidemment d'y avoir des pertes, mais malheureusement l'avenir ne s'annonce pas sans nouvelles maladies, nouveaux virus, nouvelles mutations, nouvelles catastrophes... Collectivement nous devrions nous serrer les coudes et réfléchir à d'autres solutions que celles proposées depuis 70 ans pour tenter vainement de se débarrasser des maladies."
On comprend mieux leur diabolisation de l'abattage : les vaches développant des formes bégnignes devraient être conservées et sélectionnées parce qu'elles pourraient transmettre cette résistance à leurs veaux.
En d'autres termes, ils proposent de laisser la nature faire.
Promotion de "remèdes"
Le GIE Zone verte va promouvoir plusieurs remèdes préventifs :
- De l'homéopathie ("LEDUM PALUSTRE 7 CH : A donner tous les jours par périodes de 15 jours, en alternant avec 15 jours de pause !")
- "Drainage phytothérapeutique (artichaut, chardon-marie, pissenlit, romarin, etc...,., se renseigner auprès de laboratoires de phytothérapie : gentiana phytolabo, symbiopole, etc...) afin de détoxifier les animaux et de rendre plus fonctionnels les organes d'assimilation et d'élimination." Voilà donc la fameuse cure "detox" ...
- "la graine de lin ou tourteau de lin à des doses raisonnables (80g/j/vache) permet d'avoir un effet répulsif contre les insectes piqueurs des vaches."
En traitement curatif, ils écrivent que, même si c'est difficile en raison de l'obligation de déclaration et l'éradication, "des traitements homéopathique et phytothérapeutiques existent et seraient efficaces pour aider les animaux en traitement individualisé !!!" En gros ils disent aux gens de ne pas déclarer et de traiter leurs vaches avec leurs herbes de perlimpimpim.
"Accompagnement des animaux malades : les médecines dites « douces » parce qu'elles n'utilisent pas de pesticides toxiques et inefficaces sur des virus, ont toute leur place pour renforcer le terrain des animaux et les aider à surmonter leurs symptômes ! L'homéopathie, la phytothérapie pourront être utilisées dans une approche individualisée de l'animal malade !"
Soulignons que le GIE Zone verte vend des formations et analyses. On comprend qu'ils aient senti l'aubaine.
Mise en garde contre la lutte contre les insectes
Bien sûr ils mettent en garde radicalement contre la "lutte chimique contre les insectes" :
- "!!! la lutte chimique contre les insectes est très délétère pour les bovins et pour l'environnement et constitue un facteur très aggravant pour l'avenir : sélection des diptères commensaux des animaux au détriment de la faune naturellement prédatrice. A proscrire absolument !"
- Ne cédons pas à la peur panique... Ce n'est pas drôle de rencontrer un nouveau virus dont on sait que les animaux ne sont pas immunisés... Et qu'ils sont naïfs et potentiellement sensibles... Mais sauter sur les insecticides comme le préconise l'arrêté préfectoral du dimanche 29 juin ne permettra pas de se débarrasser des mouches, dont on sait à quel point elles ont une affinité forte pour les bovins... Les recommandations de désinsectiser n'ont aucun sens.
La dermatose, "une maladie économique" et "politique"
Ceci posé, il n'y aurait aucune justification au protocole sanitaire, à part des objectifs politiques ou économiques :
- "Cette maladie est évidemment politique avant d'être un enjeu de santé des troupeaux...""
- "La « dermatose nodulaire contagieuse bovine » est une maladie avant tout économique...et notamment pour le commerce international..."
On retrouve le discours totalitaire, qui transpire dans d'autres propos sur cette controverse : tout n'est que politique.
Maintenant que nous avons retracé tout le raisonnement, on peut résumer ainsi le message : "La gestion sanitaire est une stratégie de l'État pour nous empêcher de vendre des prestations et médicaments homéopathiques." Dit avec beaucoup de circonvolutions et de raffinements bien sûr.
Un communiqué complotiste plus clairement antivaxx
Un document plus récent, de décembre 2025 clarifie la position du GIE. D'abord, il dénigre clairement la vaccination et s'il prétend qu'il faut laisser "l'entière liberté de choix aux éleveurs", on comprend clairement qu'il ne la recommande pas.
Ensuite on retrouve une diatribe avec des thèmes communs dans la sphère Fakemeds, comme la victimisation avec l'allégation d'un "impossibilité de tout débat contradictoire interdit par la réglementation officielle" ou encore une longue critique sur le thème de "La vraie Science n'a rien avoir avec la religion scientiste bardée de titres académiques qui pré tend imposer à la population une vérité unique et définitive."
On y trouve aussi citée les travaux d'une certaine Hélène Baloun. Ah bah ça alors ...
Des habitués
Ce communiqué ne détonne pas dans le reste du site. voici ce qu'ils écrivent à propos de la fièvre catarrhale ovine (FCO) dans une page dédiée :
Nous conseillons de traiter le troupeau aussi vite que possible pour stimuler les réactions de défenses naturelles contre les piqures d'insectes hématophages avec LEDUM palustre en 200 K, une fois par jour, deux jours de suite ou en 15 CH une fois par semaine. Le remède dilué est pulvérisé sur les mufles des animaux.
Les médications allopathiques habituelles, antibiotiques et anti-inflammatoires ne sont guère utiles et plutôt contre productives sur une maladie virale.
Ils acceptent la vaccination ("En général, la vaccination n'est envisageable qu'avant l'apparition de l'épidémie"), mais la dénigrent :
- "Il est bon de rappeler que une vaccination réussie n'a qu'un effet individuel = éviter l'expression de la maladie, mais ne protège pas de la diffusion du virus."
- "La vaccination contre le sérotype 3 n'a pas montré d’efficacité remarquable. Son utilisation sur 95 % du cheptel en Hollande n'a pas empêché l'épidémie et son usage a provoqué de nombreuses aggravations."
- "De manière générale, les vaccinations ont une validité courte nécessitant un rappel annuel et sont moins efficaces que l'immunisation naturelle."
En somme ils présentent leurs remèdes comme une alternative avantageuse par rapport à la vaccination.
Approfondissement : presse et alliés
En approfondissant, on trouve plusieurs communications qui nous permettent de mieux comprendre ce qu'est ce GIE.
L'écho autour de la DNC
En septembre 2025, une pétition a été lancée par des agriculteurs de la Confédération paysanne 25 et 90 en septembre 2025 a priori se prévaut notamment de la page du GIE pour demander l'arrêt de l'abattage total.
On observe l'influence du GIE à travers la demande du "droit de soigner les symptômes des animaux malades et de donner ainsi une chance à l’immunisation de se faire."
D'après la prise de note d'une association d'agriculteur du Gers, le GIE zone verte a animé une réunion organisée par la FNAB, dans laquelle elle a repris sa désinformation.
Le compte rendu reprend, à la fin, les préconisations du GIE pour la prévention.
La confédération paysanne Pyrénées-Orientales (66) s'est explicitement fondée sur "les constatations scientifiques du GIE Zone Verte alertant sur l'effet néfaste à long terme d'une politique de désinsectisation massive."
On devine aussi l'empreinte de son discours sur l'immunité naturelle à travers la demande pour "la mise en place d'une immunité des troupeaux face à la DNC ainsi qu'à des maladies nouvelles,qui passe par le choix entre l'immunité naturelle et la mise en place d'une vaccination libre sur l'ensemble du territoire", ainsi que la déclassification de la DNC.
On les trouve également cités comme référence par un réseau "Paysans de nature", pour leur alerte contre l'utilisation d'insecticides. Un autre communiqué, du 12 janvier 2026, reprend plus extensivement la désinformation du GIE. Ils prétendent notamment que "l’État empêche la co-évolution caractéristique de l’élevage depuis ses origines". L'inspiration antivaxx est claire : "Cependant, il nous semble urgent d’assouplir cette application d’une idéologie libérale et finalement autoritaire pour laisser les paysannes et paysans volontaires expérimenter des voies de sélection de troupeaux et de pratiques et fabriquer ainsi une immunité." Voilà, il faudrait laisser faire la nature.
Le GIE et Hélène Banoun
Hélène Banoun est sans doute la principale figure antivaxx de la polémique sur le dermatose. Si ce n'est globalement pas la plus célèbre, c'est la plus véhémente sur le sujet.
Et quand on cherche quelque chose sur le GIE, on tombe rapidement sur elle. Elle a par exemple mis en avant le communiqué du GIE de décembre 2025 qui la cite. Elle a également partagé l'article de paysandenature qui cite le texte du GIE.
Mais surtout, on trouve cette vidéo, de l'infameux Louis Fouché (un des principaux désinformateurs antivaxx sur le Covid) qui a comme intervenantes Hélène Banoun et ... Coralie Amar, un vétérinaire du GIE. Et pas juste "on est invité en même temps", il s'agit d'une vraie présentation conjointe.
Coralie Amar y déclare notamment : "[...] et malheureusement il y a des animaux qui ont fait à la fois la maladie naturelle et à la fois la maladie vaccinale et qui ont été détectés positifs au virus sauvage et qui ont dû subir aussi l'euthanasie de leur troupeau bien qu'ils aient vacciné leurs animaux depuis plus de 3 semaines. Ça ça fait partie des des incompréhensions parce qu'en fait c'était des animaux qui avaient commencé une immunité sérieuse et qui était en train de enfin voilà qui était en train de s'immuniser donc qui était qui était protégé et qui était protégé pour les troupeaux pour l'avenir quoi en fait. Donc ces animaux on les a tué alors que alors qu'ils étaient immunisés." (1:04:22) Il ressort des communications de vétérinaires moins marginaux que c'est faux.
Dermatose : pourquoi abattre des vaches vaccinées ?
Références et presse passée
La chambre d'agriculture de l'Aude propose une initiation à l'homéopathie pour l'élevage par Nathalie Laroche, un des vétérinaires GIE Zone Verte.
On les trouve aussi cités dans un mémoire de fin d'étude au Diplôme d’Ingénieur Agronome option système d'élevage (!!) de Julie Lefeuvre avec L'institut agro en 2022. Le GIE est présenté p.23 :
Le GIE Zone Verte (Groupement d’Interventions et d’Entraide Zone Verte. Pour pAnser librement l’élevage et l’agriculture) est l’un des seuls regroupements de vétérinaires formés à ces pratiques en France. Il s’agit d’un groupement de vétérinaires exerçant en rurale et qui sont tournés vers des pratiques intégrant une approche holistique des fermes d’élevage. La création remonte à 2002 et vise à la fois les éleveurs biologiques et conventionnels. Ce groupe propose des formations aux vétérinaires mais aussi aux éleveurs et aux techniciens. Il existe également des suivis possibles pour diminuer l’usage des antibiotiques, améliorer la santé animale ou favoriser l’autonomie des éleveurs. [etc.]
2013
J'ai trouvé deux articles les présentant comme des références et reprenant leur discours contre les antibiotiques fin 2013 :
- Agri Mutuel, Pour le Gie Zone Verte, le « produisons autrement » devrait être mis en pratique
- Biofil, Antibiorésistance : les vétérinaires du GIE Zone Verte demandent une (r)évolution des pratiques d'élevage
On retrouve les thèmes classiques de la pseudo-écologie, condamnant "Concentration des troupeaux, élevage industriel, non-respect des besoins éthologiques des animaux, sélection d’hyper-type génétique, alimentation standardisée…".
Ils présentent l'élevage bio comme exemplaire ("Quand on sait que par exemple en élevage bovins lait Bio, on utilise trois fois moins d’antibiotiques que dans des élevages similaires en conventionnel, on voit bien le lien qui existe entre les conditions d’élevage et le recours aux médicaments chimiques").
2015
Dans un article de Web Agri du 30 septembre 2015, ils s'opposent à la vaccination obligatoire contre la FCO
Ils y vantent la supériorité de l'immunité naturelle :
Rappelons que l'immunité naturelle protège de l'expression de la maladie durant toute la vie. Il en est de même pour la vaccination avec une efficacité très limitée dans la protection et dans le temps.
Mais surtout, ils prétendent que le principal problème causé par la maladie est pour "les animaux destinés à l'export." Encore une fois, il s'agit de dénigrer l'exportation : "Son coût pour la collectivité est disproportionné en ces temps de misère budgétaire et face aux grandes difficultés des éleveurs. Dans le contexte actuel d'échanges marchands mondialisés, nous notons l'extrême fragilité des modes de production qui se construisent entièrement sur la dépendance à l'exportation."
Puis, de nulle part, ils déclarent : "Comme nous l'avions signalé dès 2008, la vaccination n'a aucun intérêt général. Elle ne peut être obligatoire dans aucun cas. Elle peut seulement répondre à une exigence particulière pour les animaux qui se déplacent à l'export ou comme une mesure choisie librement par un éleveur."
2017
En 2017, ils ont été l'objet d'un article élogieux sur Web-agri : " Se faire accompager par le GIE « Zone verte » pour un autre type d'élevage". On retrouve cette rhétorique de la pseudo-alternative, si centrale dans tellement de désinformations.
L'article ressemble plus à une courte brochure promotionnelle.
En 2021, la proximité avec la Confédération paysanne apparaît encore : ils les ont visiblement convié à un événement avec les représentant de l'administration.