Grain : une petite "ONG" typique de l'écosystème pseudo-écologiste

GRAIN (Genetic Resources Action International) est une petite organisation internationale à but non lucratif alter-mondialiste fondée le 16 mars 1990 à Barcelone, en Espagne. L'organisation se présente comme un défenseur des petits paysans et des systèmes alimentaires "basés sur la biodiversité", mais s'est spécialisée dans la production d'éléments de langage anti-science et la désinformation systématique sur l'agriculture moderne.

L'histoire de GRAIN

On retrouve son histoire sur cette page.

Les débuts (1980-1990)

L'organisation trouve ses racines au début des années 1980, quand des activistes ont commencé à attirer l'attention sur la "perte de diversité génétique" dans les fermes. Le groupe initial était une coalition d'ONG de développement principalement européennes avant de devenir officiellement GRAIN en 1990, avec un conseil d'administration de six membres et une équipe initiale de deux personnes (Henk Hobbelink et Renée Vellvé).

Les premières campagnes anti-biotechnologie (1991-1995)

En 1991, Henk Hobbelink publie Biotechnology and the future of world agriculture, posant les bases de l'opposition de GRAIN aux biotechnologies. En 1995, GRAIN soutient le rejet par le Parlement européen d'une directive sur le brevetage du vivant et commence à promouvoir un système de "droits sui generis" pour contrer l'accord TRIPS de l'OMC.

La décentralisation et l'ancrage idéologique (1996-2001)

En 1996-1997, GRAIN adopte une stratégie de "régionalisation" pour transférer ses opérations vers les pays du Sud. L'organisation lance le projet "Oryza nirvana" critiquant l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI) et la révolution verte. En 2001, GRAIN publie l'une des premières critiques du "Golden Rice" (riz doré), affirmant qu'il constitue une mauvaise stratégie contre la malnutrition - une position qu'elle maintiendra pendant plus de deux décennies malgré le consensus scientifique contraire.

L'opposition au Golden Rice : un cas emblématique de désinformation

GRAIN fait partie du réseau "Stop Golden Rice!" qui s'oppose à ce riz génétiquement modifié enrichi en bêta-carotène, conçu pour lutter contre les carences en vitamine A responsables de cécité et de décès chez des millions d'enfants. En 2018, GRAIN et ses partenaires publient "Two decades of lies: Golden Rice", qualifiant le riz doré de "technologie inutile et non désirée" promue par les corporations "purement pour leur agenda de profit", malgré sa nature non-commerciale et humanitaire.

En 2016, 107 prix Nobel ont signé une lettre appelant Greenpeace et d'autres organisations anti-OGM à cesser leur campagne contre le Golden Rice, qualifiant leur opposition de potentiel "crime contre l'humanité". Certains estiment que ce blocage a causé la cécité et la mort de millions d'enfants.

L'accaparement des terres : une base de données contestée (2008-2016)

En octobre 2008, GRAIN publie "Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière" (Seized: the 2008 land grab for food and financial security), qui met le sujet de l'accaparement des terres à l'agenda politique mondial. L'organisation lance en 2009 le site farmlandgrab.org pour suivre ces transactions.

Cependant, la fiabilité des données de GRAIN a été sérieusement questionnée. Une étude académique de 2013 ("Messy Hectares: Questions about the Epistemology of Land Grabbing Data") note que des chercheurs de la Banque mondiale au Pakistan n'ont trouvé aucune preuve des investissements cités dans les rapports médiatiques catalogués sur le blog de GRAIN. L'étude révèle également qu'un cas au Mozambique s'est avéré faux mais est néanmoins apparu comme donnée solide dans les rapports de GRAIN, du FAO, de l'IFAD et de l'IFPRI.

Plusieurs transactions de la base de données GRAIN se sont révélées obsolètes ou jamais concrétisées, représentant près de 10% de leurs acquisitions transnationales répertoriées.

La croisade anti-agro-industrie (2006-2020)

En 2007, l'organisation publie "Non à la folie des agrocarburants". En 2011, GRAIN estime que le système alimentaire industriel provoque jusqu'à la moitié de toutes les émissions de gaz à effet de serre - un chiffre bien supérieur aux estimations scientifiques officielles de l'époque (18%).

En 2014, GRAIN publie "Affamés de terres", affirmant que les petits producteurs avec moins de 24% des terres agricoles produisent plus de 80% de l'alimentation mondiale - une méthodologie contestée par plusieurs analyses ultérieures.

Prise de position pro-palestinienne

Après le 7 octobre 2023, l'association a participé à la campagne internationale contre Israël en publiant plusieurs articles à charge contre Israël, reprenant le discours sur le "génocide" palestinien.

Un article de 2022 fustigeait déjà l'influence des entreprises israéliennes, qui osaient mener des partenariats pour moderniser l'agriculture africaine. On est typiquement dans la logique de l'exploitation : ils luttent contre la modernisation des exploitations africaines.

Une petite organisation au service de la pseudo-écologie

GRAIN incarne une forme de militantisme anti-science qui, sous couvert de défense des petits agriculteurs et de la biodiversité, s'est spécialisée dans l'élaboration d'éléments de langage contre les innovations biotechnologiques susceptibles d'améliorer la sécurité alimentaire mondiale. Ses positions sur le Golden Rice, son opposition à l'agriculture intensive moderne, et ses bases de données sur l'accaparement des terres aux données parfois douteuses illustrent une démarche idéologique plutôt que scientifique.

Une influence internationale

GRAIN a contribué à la création de plusieurs réseaux et alliances servant de relais à ses éléments de langage :

L'organisation collabore étroitement avec La Vía Campesina et d'autres mouvements anti-OGM, produisant régulièrement du matériel de campagne sur les semences, le climat et les entreprises agroalimentaires.