Monique Barbut, horrifiée par la climatisation [26/06/2026]
Monique Barbut est une haute fonctionnaire et dirigeante associative française née le 22 août 1956 à Safi, au Maroc, dans une famille installée dans le protectorat français au Maroc. Depuis le 12 octobre 2025, elle est ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature dans le gouvernement Lecornu II, où elle succède à Agnès Pannier-Runacher.
Carrière institutionnelle
Elle entre à l'Agence française de développement (AFD) en 1981 comme chargée de mission à La Réunion, puis gravit les échelons jusqu'à la direction générale, en passant par les politiques sectorielles, l'environnement aux ministères des Finances et de la Coopération, et la direction des dossiers Outre-mer. Entre 2003 et 2006, elle dirige la division Technologie, industrie et économie du PNUE, avant de prendre la présidence et la direction générale du Fonds pour l'environnement mondial (FEM/GEF) de 2006 à 2012. De 2013 à 2019, elle est secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, et devient en 2016 secrétaire générale adjointe de l'ONU. Le parcours lui vaut la Légion d'honneur : chevalier en 2008 « au titre de présidente d'un fonds mondial pour l'environnement », officier en 2016.
Présidence du WWF France
Elle rejoint le conseil d'administration du WWF France en 2018 et en devient présidente le 18 janvier 2021, succédant à Isabelle Autissier. Le mandat est court : elle quitte la présidence le 19 octobre 2023. Entre-temps, de mai 2020 à janvier 2021, elle a été envoyée spéciale du président Macron pour la biodiversité dans le cadre du One Planet Summit, puis envoyée spéciale pour les dix ans de l'accord de Paris en 2023.
Ministre, mais portée disparue
Le ministère qu'elle récupère en octobre 2025 a déjà été amputé de l'Énergie, des Transports et du Bâtiment. Elle s'efface rapidement et laisse son ministre délégué, Mathieu Lefèvre, porter la parole publique du ministère, tandis que le Premier ministre Lecornu la tient à l'écart des concertations qui concernent son propre ministère. Elle refuse de participer aux séances de questions d'actualité au gouvernement, et son unique sortie publique notable, lors de la canicule de juin 2026, est qualifiée de calamiteuse par Mediapart, qui titre dès avril 2026 « une ministre de l'écologie portée disparue ».
En mai 2026, un haut fonctionnaire du ministère la décrit à AEF info comme inaudible ; L'Opinion la qualifie de « ministre imprévisible » aux « méthodes iconoclastes » ; Libération rapporte qu'elle « en a marre d'être le bouc émissaire de tout le monde ». Plutôt que de représenter elle-même la France aux réunions préparatoires des trois COP de 2026 (Petersberg fin avril, Copenhague les 20-21 mai), elle délègue à l'ambassadeur climat Benoît Faraco. Côté bilan revendiqué : la présidence du G7 Environnement en avril 2026, qu'elle juge « constructif » et « détendu », assortie de la formule « l'écologie est une politique de paix ».
Prises de position
- En mai 2026, elle menace de démissionner si la loi d'urgence agricole franchit ses « lignes rouges » — sans qu'on sache ce que ces lignes recouvrent.
- En janvier 2026 elle menace d'aller jusqu' à la démission si le gouvernement soutient la proposition de loi du sénateur guyanais Georges Patient (RDPI) visant à autoriser l'exploitation des hydrocarbures dans les territoires d'outre‑mer. (1)
- Elle propose de classer le lagopède alpin et le grand tétras parmi les espèces protégées (1)
- Elle qualifie le recours généralisé à la climatisation d' "horrifiant".
Le portefeuille qui dérange
En avril 2026, la HATVP publie sa déclaration de patrimoine : environ 3 millions d'euros, dont un appartement parisien de 220 m² (2,25 M€), des parts dans la SCI Santa Villa Lucia propriétaire d'une maison à Sainte-Maxime (583 000 €), un diamant solitaire à 30 000 €, et un portefeuille d'actions de 153 362 € répartis entre 27 entreprises.
Parmi elles : Airbus (6 177 €), Thales, Dassault Systèmes, LVMH (6 805 €), L'Oréal, Inditex/Zara, Sanofi, Air Liquide, Iberdrola, AXA, BNP Paribas. Une version antérieure de la déclaration, déposée le 13 novembre 2025, comportait en outre une quarantaine d'actions TotalEnergies (2 134 €) ainsi que des participations chez Saint-Gobain et Leonardo, disparues de la version « rectificative » déposée le 22 mars 2026 — la HATVP évoquant des « erreurs dans la déclaration initiale », sans que le ministère confirme si ces titres ont été vendus, ni quand. Le cabinet de la ministre invoque un PEA confié à sa banque « dans le cadre d'un mandat de gestion excluant tout droit de regard de sa part ». Malgré les 27 participations, aucun décret de déport n'a été pris, ce qui a suscité des réserves de l'association Anticor. Interrogée par Vert, la déontologue Farah Zaoui (Probitas) relève que toute décision touchant Airbus, par exemple, devrait s'accompagner de garanties d'indépendance qui, à ce jour, n'existent pas.
Ce type de portefeuilles ne pose pas de problème de probité (surtout quand on voit le reste de son capital), mais elle a été écharpée par l'écosystème pseudo-écologiste. Le journal Vert titre ainsi "Où sont passées les actions TotalEnergies de Monique Barbut, la ministre de l'écologie ?" Un article Franceinfo titre "Airbus, Thales, Dassault, LVMH... Le portefeuille d'actions bien rempli de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut".
- (1) Claire Avignon et Émilie Legendre, ""Pire ministre de l'Écologie" ? L'approche peu conventionnelle de Monique Barbut ne convainc pas", AEF Info, [lien]