Gilles-Eric Séralini: complotisme, anti-OGM et "science"
Contrairement à la désinformation antinucléaire, la désinformation agricole est extrêmement bien construite et complexe, s'appuyant sur les travestissements d'experts. Ce livre, écrit par des universitaires, en est une illustration : Hansen, M., Lannoye, P., Pons, S., Séralini, G.-É., & Berlan, J.-P.(Dir.) (2001). La guerre au vivant : OGM et mystifications scientifiques. Agone. coll "contre-feux"
Ici nous commenterons la partie, très courte, de GILLES-ERIC Séralini de la page 107 jusque 112. Elle est présentée comme la contribution de ce dernier "au rapport officiel de la Commission du génie biomoléculaire de 1998".
Il se présente comme "membre de la Commission européenne du génie biomoléculaire". Ce type d'entrisme permet d'impressionner une audience peu avertie.
Il dénigre la procédure d'autorisation des OGM. Selon lui, il n'y a pas d'études de toxicité à long terme (p.105), uniquement des études à court terme sur peu de sujets (p.108).
Il dénigre la notion d'équivalence en substance "sous prétexte que les gènes ont toujours été mélangés".
Sa posture est celle de celui qui pose des questions, technique derrière laquelle se retranche les bonimenteurs lorsqu'ils peuvent rien affirmer.
Il accuse les autres membres de la Commission du génie génétique à avoir un "a priori favorable aux OGM. Ils craignent donc de retarder la recherche ou les biotechnologies en demandant des contrôles supplémentaires. [...] Quelques-uns se sentent liés par les avis favorables de la précédente commission — dont ils faisaient partie." (p.111-112)
On retrouve l'exigence extrême sur les "conflits d'intérêts" :
Sur les dix-huit membres de notre commission, la moitié au moins soit travaille sur la transgénèse végétale, soit est professionnellement associée à des programmes de tests ou de développements agricoles d’OGM, soit est citée dans les dossiers de développement des oGM comme expert associé ou conseillé.