36. 19 octobre 2017 : Les apiculteurs dénoncent l’autorisation d’un nouveau néonicotinoïde en France

Cette page fait partie du corpus d’articles (annexe 1) utilisés pour écrire le livre Stéphane Foucart et les néonicotinoïdes.

Je relate ici les propos du journaliste dans « Les apiculteurs dénoncent l’autorisation d’un nouveau néonicotinoïde en France ».


La récolte de miel aurait été catastrophique, atteignant un tonnage 3 fois inférieur à celui des années 90. L’UNAF dénonce l’AMM du sulfoxaflor. Cet insecticide agirait comme les NNI et serait un NNI non classé comme tel.

« C’est honteux, scandaleux, pitoyable et irresponsable vis-à-vis des Générations futures, s’étrangle Gilles Lanio, le président de l’UNAF. Je n’en reviens toujours pas ! »

Cette molécule a été autorisée en 2015, malgré des informations manquantes et n’excluant pas « un risque élevé pour les abeilles ». Selon le porte-parole de l’entreprise la commercialisant, il n’est pas un NNI et, « autorisé dans quarante-trois pays, est utilisé sur des millions d’hectares et aucun impact négatif sur les abeilles ou les pollinisateurs n’a été signalé. »

L’ANSES a autorisé deux produits à base de sulfoxaflor en septembre. L’UNAF dénonce des autorisations faites en catimini et traduisant un double discours : « On autorise un produit à la légère et après on tergiverse avant de le retirer, au bout de quinze ans. » Même le ministère de l’Écologie de N. Hulot n’aurait pas été prévenu. Les NNI traiteraient 6 des 28 millions d’hectares de terres arables en France. Or ils sont extrêmement toxiques pour les insectes et peuvent persister dans les sols plusieurs années : 3 ans pour la clothianidine et 10 ans pour l’imidaclopride.

Les agriculteurs n’auraient même pas le choix : « il leur est devenu bien difficile de se procurer des semences qui ne soient pas enrobées de pesticides – dont ils ne connaissent pas forcément la teneur. Aujourd’hui, les coopératives, auxquelles trois quarts d’entre eux adhèrent, vendent 70 % des semences présentées comme de véritables « garanties tous risques » et leur dictent leur façon de procéder. « Les agriculteurs dépendent des coopératives et les coopératives dépendent des pesticides », résume-t-on à l’UNAF. » Le déclin des abeilles ne finirait pas de s’aggraver.

Une autre menace porterait sur l’apiculture : l’explosion de « miels » en provenance de Chine contenant une large part de sirops sucrés. L’UNAF demande que l’étiquetage indique l’origine des miels importés.