27. 7 mai 2016 : Néonicotinoïdes : le paradoxe de la Reine rouge

Cette page fait partie du corpus d’articles (annexe 1) utilisés pour écrire le livre Stéphane Foucart et les néonicotinoïdes.

Je relate ici les propos du journaliste dans « Néonicotinoïdes : le paradoxe de la Reine rouge ».


Le 10 mai, le Sénat devait examiner le projet de loi sur la biodiversité et, notamment, « l’épineuse question des insecticides tueurs d’abeilles, les désormais célèbres néonicotinoïdes ». Rien ne serait acquis « tant les intérêts contrariés par cette disposition s’agitent dans la coulisse pour lui faire son affaire. »

Ces intérêts seraient d’ailleurs « parvenus à gagner l’oreille » de Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture, qui aurait demandé de ne pas voter cette interdiction.

Foucart questionne, « Que penser de cet argumentaire ? », sachant qu’aucune « des différentes restrictions d’utilisation de ces substances n’a produit la moindre perte de rendement. »

Le modèle agricole dominant serait « sujet au paradoxe de la Reine rouge » en référence au livre de Lewis Caroll Alice au pays des merveilles. Dans une de ses scènes, « la Reine rouge explique à Alice que, dans le monde où elle a atterri, il faut sans cesse accélérer pour rester immobile. » De même, l’agriculture serait « dans une semblable course effrénée au surplace. »

Chaque nouvelle innovation aurait des effets bénéfiques plus faibles et causerait des dégâts plus importants, qui demandent toujours plus d’innovations phytosanitaires. Cela se manifesterait par une stagnation des rendements malgré une augmentation de l’utilisation de pesticides depuis 1990. Au contraire, la production de miel était selon l’UNAF alors 3 fois supérieure à ce qu’elle serait maintenant.

Il serait, en outre, impossible de contenir des NNI. Des chercheurs français (Henry et al. 2015) auraient notamment trouvé dans le nectar d’un colza une dose d’imidaclopride comparable à celle du thiaméthoxame avec lequel la plante avait été uniquement traitée. De même, des chercheurs (Botias et al. 2015) ont montré que les fleurs sauvages aux abords des champs traités aux NNI étaient aussi contaminées par ces pesticides. Nous aurions perdu le contrôle de cette technologie.