Stéfanie Prezioso, Quentin, inversion victimaire [15/02/2026]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Stéfanie Prezioso, une historienne Suisse, a réagi sur le plateau de C politique à la mort du militant Quentin, tué par des antifas en marge d'une manifestation contre une conférence de Rima Hassan. Commentons sa réaction.

Notons qu'elle est militante d'extrême gauche, membre de solidaritéS (parti "de gauche anticapitaliste, écologiste et féministe") de 2003 à 2021, élue à Genève entre 2014 et 2015 et conseillère nationale, intégrant le groupe des Verts, de 2019 à 2023. avant de participer à fonder Résistons, qui devient "Union Populaire". Ses parents sont un militant socialiste et sa mère une militante communiste. Ce n'est pas avec une grande surprise qu'on voit, sur son profil Twitter, une photo de Che Guevara et en épinglé un post de Besancenot appelant à "plus de communisme".

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Transcription

Stéfanie Prezioso : « En revanche, et on revient à ça comme le disait mon collègue, on est face à une idéologie d'extrême droite qui valorise la violence et qui appelle à la violence, à l'exclusion. Et je pense que là on est face aussi à une instrumentalisation qui est à mon avis insupportable, enfin qui m'est insupportable, je le prends pour moi, qui m'est totalement insupportable du point de vue du fait qu'on utilise la mort d'un jeune de 23 ans voilà pour faire de la politique et attaquer La France Insoumise qui se défend. Et moi j'aimerais qu'on m'explique c'est quoi ces mots qui tuent, quelle est la violence de La France Insoumise, quelles sont les déclarations qui auraient été faites et que des jeunes, dont les jeunes auraient pu se saisir pour légitimer des actions ? Et là je vous attends, enfin je vous attends pas vous hein, de manière général le discours, parce que si on reprend, on a beaucoup parlé de l'Italie. En Italie, le gouvernement Meloni, qui ne s'est pas tellement rangé des voitures, et bien le gouvernement Meloni qu'est-ce qu'il fait ? Il annonce tout comme aux États-Unis des arrestations préventives, c'est-à-dire avant même que des actions aient lieu en fonction de listes de violence supposée menée y compris sur la base de slogans ou de pancartes portées qui ne sont pas forcément et qui n'appellent pas forcément voire pas du tout au meurtre. Donc c'est quoi la violence qui aurait été l'un des éléments clés par exemple qu'on pourrait mettre sur le dos de La France Insoumise ? »

Animateur : « Mais quand vous entendez Jean-Luc Mélenchon expliquer, pas sur le cas d'Ibrahim Hassani, mais sur l'idée même que la rhétorique politique aujourd'hui consistant à transformer l'ennemi en adversaire... comment vous l'entendez ? L'adversaire pardon, je me suis emmêlé les pinceaux... l'adversaire en ennemi. »

Stéfanie Prezioso : « Alors moi je l'entends très bien, je l'entends pas, j'entends pas la musique, la petite musique de La France Insoumise, en revanche je l'entends très très bien dans le discours, dans les discours qui ont été faits par Donald Trump, dans les légitimations qu'il a fait de la violence dans le cadre de, prenons juste cette mort-là, de ce jeune infirmier tué de sang froid de dix balles dans le corps du point de vue d'une rhétorique, elle, extraordinairement violente et qui est à la tête de l'État d'un des États les plus importants et les plus puissants au monde. »

Analyse

Elle accuse de "récupération politique" l'association de l'homicide à La France insoumise, allant jusqu'à la qualifier d'intolérable. Ceci, alors même qu'il a été commis par des membres de La Jeune Garde, collectif plusieurs fois encensé par Jean-Luc Mélenchon et dont le 'chef' est député LFI, en marge d'une conférence de Rima Hassan, députée LFI.

Il s'agit ici du double standard sur la "récupération" : les alliés peuvent "récupérer" n'importe quel décès, même de manière tout à fait abusive (comme dans le cas d'Aboubakar Cissé), et les ennemis ne peuvent " récupérer" aucun décès, même causé par ses alliés.

C'est également une inversion victimaire : ce n'est plus la conflictualisation de la LFI qui est condamnable, mais sa dénonciation.

Plus largement, le discours déresponsabilise complètement La France Insoumise, prétendant qu'elle n'encourage pas la violence (alors que si). Pour cela, son statut d'historienne est très utile, cela permet de faire du blanchiment de militantisme : elle n'est pas présentée comme militante.

On voit là la force du lobby décentralisé : elle n'a sans doute pas d'instruction, mais elle sait que la LFI est son alliée et qu'elle doit la défendre. Elle met à profit son statut universitaire pour ça.

Charles Alloncle, dans la Commission d'enquête sur l'audiovisuel, a interrogé le responsable éditorial a relevé le blanchement de militantisme. Il prétend en substance qu'il ne savait pas et qu'il n'a pas non plus fait l'inventaire des tweets des contradicteurs et prétend "on va pas refaire le CV de cette personne".

Or, il s'agissait d'informations faciles à définir, importante (pas juste des "tweets") qui peuvent failement se préciser : il suffit de préciser "militante d'extrême gauche" ou "membre du parti". Là on a foutage de gueule intersidéral qui signifie en fait : "Bah oui et je m'en tape. Qu'est-ce que tu vas faire ?