Marine Tondelier et Quentin : le piège de l'extrême gauche [2026-02-18]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

À l'extrême gauche, les verts sont mis sous tension avec La France insoumise. En effet, une large part l'électorat et les personnalités politiques des premiers sont relativement 'modérés'. Même si de plus en plus sont proches de La France Insoumise, avec notamment la popularité montante d'activistes violents comme les soulèvements de la terre, c'est un déchirement difficile à gérer pour les politiciens.

Cette ambivalence s'est notamment révélée avec le 7 octobre. Alors que LFI tentait de relativiser l'événement, refusant de le qualifier de "terroriste", EELV l'avait immédiatement condamné. Néanmoins, EELV a tout de même montré qu'ils restaient alliés aux islamistes en participant aux manifestations pour le "cessez le feu" juste après l'événement.

L'affaire Quentin a été une nouvelle difficulté. Marine Tondelier a donné sa position par deux tweets que nous allons commenter.

Mais avant, quelques éléments de contexte.

Contexte

Suite à une manifestation du Collectif Némésis contre l'intervention de Rima Hassan, la milice d'extrême gauche s'est attaquée aux manifestants. L'un d'eux, Quentin, a été isolé et roué de coups. Victime d'un trauma cranien grave, il ère quelques heures et décède.

Cette milice d'extrême gauche était notamment La Jeune Garde, dont Raphël Arnault, député LFI, était le fondateur et porte-parole. Elle avait été dissoute en 2025, mais restait visiblement active.

Cette dissolution a été protestée par l'extrême gauche "pure", mais aussi par les écologistes, comme Les soulèvements de la terre ou encore ... Marine Tondelier.

Premier tweet : 18/02/2026

Le premier tweet, extrêment long, développe plusieurs thèmes.

Prélude raisonnable

Elle commence par un truc un commentaire standard :

Le meurtre de Quentin D. est un drame.

Et pour cette raison, notre premier réflexe en tant que politiques doit être de faire preuve de respect et de dignité, vis-à-vis de lui et de ses proches, à qui j'adresse mes sincères condoléances.

Dire que personne ne devrait mourir pour ses idées n'est pas simplement "une évidence" comme j'ai pu le lire, c'est l'un des fondements essentiels de la démocratie à laquelle nous tenons, et oui, il faut malheureusement le rappeler aujourd’hui plus que jamais.

Rien à dire, c'est nécessaire, mais creux.

"Nos valeurs"

Elle commence doucement :

Notre mouvement politique a toujours prôné la non-violence. Nous ne défendrons donc jamais l'action violente contre les personnes, même en réponse à nos adversaires politiques. Reprendre les méthodes violentes de celles et ceux qu’on est censés combattre est indéfendable.

On pourrait se dire "bah oui, normal", sauf que ... non. C'est totalement mensonger, la pseudo-écologie étant un mouvement violent, comme en témoigne la place importante qu'y tiennent les Soulèvement de la terre.

Relativisme judiciaire

Puis elle continue par un autre paragraphe qui semble raisonnable :

Concernant les accusations portées contre des membres actuels ou passés de la « Jeune Garde », si elles étaient avérées, il conviendra bien entendu d’établir les responsabilités individuelles ou collectives qui engageraient cette organisation.

À ce titre, je réitère notre confiance envers la justice pour établir les responsabilités dans cette affaire. À ce jour, l'enquête ne fait que commencer et les principes fondamentaux de notre droit doivent être respectés.

Ici, on a le classique "laissons faire les juges", qui est très raisonnable dans beaucoup de situations. Néanmoins, ici la gravité et la clarté des témoignages ne laisse pas beaucoup de doute sur l'existence d'une responsabilité de la Jeune garde et, plus largement, de l'extrême gauche.

Elle cache la question globale de la responsabilité derrière la seule question judiciaire. C'est une manipulation qu'on voit aussi souvent pour prétendre que la LFI n'est pas antisémite : "ils n'ont pas été condamnés !" Cela lui permet d'invoquer la présomption d'innocence, alors que les principales critiques sont bien morales : LFI promeut activement de telles violences.

De plus, on se souvient que le discours n'était pas du tout le même lorsque François Bayou a été accusé (visiblement à tort vu qu'il n'y a eu aucune suite) de harcèlement moral et abus de faiblesse par une ancienne compagne. Le politicien, pourtant un des principaux cadres du parti, a été totalement évincé.

C'est qu'ici, en fait, il s'agit simplement de temporiser les réactions médiatiques et empêcher le grand public de parler de l'affaire.

Inversion victimaire

Ce relativisme prépare l'inversion victimaire :

Or, ils sont piétinés depuis plusieurs jours par une grande partie de la classe politique et médiatique, qui a décidé d'instrumentaliser cette affaire pour poursuivre une entreprise sidérante d'inversion des valeurs.

Dans ce nouveau monde, l'extrême droite devient banale et la gauche un ennemi à abattre. Je l'écris ici clairement : cette récupération est une honte, et elle met en danger la vie d'autres personnes.

Les dégradations de permanences parlementaires, les menaces et les alertes à la bombe qui pleuvent sur LFI sont indignes. Se taire, c’est cautionner un jeu dangereux qui aboutira à d'autres drames.

Les menaces qui pèsent sur notre démocratie méritent bien mieux que la multiplication des règlements de compte et des instrumentalisations auxquels nous assistons. Et nous déplorons le confusionnisme qui en résulte.

En effet, elle a défini implicitement une faute : ceux qui critiquent la LFI "piétinent" la présomption d'innocence. Une fois passé ce pivot, elle attaque : ceux-là banalisent l'extrême droite et "inverse les valeurs".

Puis elle se prévaut des "dégradations de permanences parlementaires" et menaces contre LFI pour tenir le discours : ce serait l'extrême droite le problème et, ainsi, ceux qui accusent la LFI.

La LFI passe ainsi d'accusée à victime.

On voit au passage apparaître de manière flagrante le double standard : les actes allégés sont littéralement des délits, est-ce qu'il ne faudrait pas attendre les conclusions d'une enquête avant de tirer des conclusions ? Déjà on ne sait pas si elles sont inventées ou non (et vu le rapport de la LFI à la vérité, c'est très concevable) et pourquoi désigner l'extrême droite ? On ne sait pas hein, présomption d'innocence tout ça.

Relativisme 2 : les critmes de l'extrême droite

Il convient de rappeler les faits : la plupart des violences politiques en France ou en Europe sont le fait de l’extrême droite.

À Lyon plus qu’ailleurs, ce sont des organisations d’extrême droite qui menacent la sécurité et les libertés des personnes. À Lyon même, c’est plus de 100 exactions violentes qui ont été accomplies par l’extrême droite ces 15 dernières années. Depuis 50 ans, en France, c’est près d’un meurtre par an qui est imputable à l’extrême droite.

En Europe, le terrorisme inspiré par les idéologie d’extrême droite constitue la deuxième préoccupation pour les services de sécurité.

La manière dont la France Insoumise, en tant qu’organisation politique, est désignée comme principale responsable du climat de violence, n’est pas conforme à la réalité des faits.

C'est l'un des éléments de langages qui a été répétés. En ayant une conception extrêmement limitée de l'extrême gauche (excluant par exemple le terrorisme islamiste et tout crime ne se revendiquant pas comme tel, comme l'affaire Maupin) et extrêmement large des meurtres d'extrême droite (incluant par exemple Aboubakar Cissé), la gauche prétend que "l'extrême droite tue plus que l'extrême gauche" et que cela, en substance exonère cette dernière de sa responsabilité.

Surtout dans ce contexte, elle s'inscrit dans l'inversion victimaire autour de la mort de Quentin.

Un peu comme si l'extrême gauche avait un permis de tuer à partir de cette reconstitution très partiale de l'histoire.

L'extrême gauche est plus largement responsable du racisme anti-blanc, promouvant activement les discours victimaires selon lesquels l'Occident raciste ferait du tort aux pauvres populations racisées, qui seraient en droit de demander des réparations. En affaiblissant la police, elle favorise l'expression violente de ces tendances, comme à Crépol.

Elle est également largement responsable de la montée de l'islamisme en Occident et des conséquences qui en découlent. EELV d'ailleurs n'est pas la dernière à ce niveau, notamment à travers son invitation de Médine à ses universités d'été.

Lutte "antifasciste"

On peut déplorer, réfuter voire condamner politiquement la stratégie dite de « populisme de gauche » revendiquée par la France insoumise - c’est mon cas. Elle ne saurait pour autant être considérée à égalité avec les idéologies et les pratiques des mouvements d’extrême droite.

Comparer l’une aux autres, c’est contribuer à la banalisation de l’extrême droite. Aucune formation politique républicaine et démocrate ne devrait consentir à établir un tel amalgame.

La défense de nos principes démocratiques doit reposer sur des principes simples, tel que la non-violence, mais également sur des valeurs constantes comme la lutte anti-fasciste, la lutte contre toutes les formes de racisme et contre l’antisémitisme, et la reconnaissance de la spécificité de la menace existentielle et historique que représentent les idéologies d’extrême droite vis-à-vis de notre République.

Ici, Marine Tondelier tente de se distinguer de LFI tout en reprenant sa rhétorique.

Peu importe les événements, "l'extrême droite" et les "fascistes" (ou tout du moins ceux que le Mouvement désigne comme tels) a toujours tort. Il n'est pas au "même niveau", il est forcément inférieur et ne mérite rien.

Peu importe le nombre de morts, ça ne sera, au fond, pas assez pour eux.

En libérant cette rhétorique, ce meurtre politique a mis en évidence la dimension réellement totalitaire/fasciste de l'extrême gauche.

Second tweet : 20/02/2026

Le second tweet répond très brièvement à la minute de silence pour Quentin : "Je veux une minute de silence à l'Assemblée nationale pour toutes les victimes de féminicides, de meurtres racistes ou LGBTphobes."

Encore une fois, il s'agit d'effacer la dimension politique de l'homicide et de l'enterrer sous une montagne d'autres cadavres qui seraient plus "méritants" que lui.