Foucart, Gérard, acétamipride et liquide encéphalo-rachidien (15/05/2025)

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

La loi Duplomb a, dès mi 2015, déclenché un déferlement médiatique, comme si on autorisait le DDT ou le port d'arme. Nous allons commenter un des articles qui a mis le feu aux poudres, signé Stéphane Foucart et Mathilde Gérard, du Monde, "Pesticides : un possible retour des néonicotinoïdes", du 15 mai 2025.

Je ne commenterai que les aspects désinformatifs.

Montée en épingle de l'étude et "du doute"

Il commence par citer le rapporteur de la loi (pour donner l'apparence du pluralisme), puis Delphine Batho, affirmant "Cet article 2 est une attaque frontale contre la science, contre la santé et contre la souveraineté".

Cela lui permet de cadrer le débat et d'endosser un discours absurdemment tranché tout en conservant son apparence de neutralité.

Puis il souligne que les doses autorisée de l'acétamipride ont été divisées par 5 en raison d'une étude (Laubscher et al. 2022) ayant trouvé des NNI dans le liquide céphalorachidien, ce qu'on pensait ne pas etre possible. Au lieu de saluer la rapidité de réaction de l'agence, il va en déduire que cela traduit un risque réel supérieur encore.

Cela s'inscrit implicitement dans le dénigrement des agences. En effet, cela présume qu'elles n'en font jamais assez et insinue qu'elles auraient dû l'interdire (ce qui sera explicité après).

L'un des auteurs de l'étude se permet de participer à l'activisme des journalistes, déclarant "Nous avons été sidérés de retrouver des traces du principal produit de dégradation de l’acétamipride dans la quasi-totalité des échantillons". Pourquoi parler spécifiquement de ce produit ? Alors que le thème de l'étude c'est l'ensemble des néonicotinoïdes

Surtout, le point central qui est négligé, est que l'acétamipride EST PRÉSENT DANS DES PRODUITS DOMESTIQUES. Le point central de la désinformation sur cette fallacie des résidus est de faire oublier cet état de fait.

Plus loin, il continue : "L’acétamipride doit faire l’objet d’un réexamen complet d’ici à 2033. La Commission européenne dit avoir demandé aux industriels de « soumettre une liste d’études à réaliser », afin d’évaluer « ses propriétés de perturbateur endocrinien et de toxique pour le neurodéveloppement »." C'est parfaitement juste, mais le message est, dans le contexte : "c'est probablement dangereux et il ne faudrait pas l'autoriser".

Puis il prétend que l'exposition des français n'est pas évaluée, et en même temps qu'il est présent dans les cheveux de 47% des enfants de la cohorte ELFE en 2024. Sachant que l'acétamipride, comme tous les NNI, est interdit depuis 2018 ...

Est-ce qu'ils n'y auraient pas été exposés eu à cause des USAGES DOMESTIQUES ?

Recherche et blanchiement de militantisme

Le coauteur de l'étude, M. Aebi, semble uassi militant, prétendant mieux savoir que l'EFSA ce qu'il faudrait faire : "Selon les chercheurs, la baisse des seuils décidée par la Commission ne suffit pas. « Une telle réduction de la dose tolérable est une avancée, mais, s’agissant d’un neurotoxique aussi puissant, qui agit à des doses infinitésimales, cela reste insuffisant »,affirme M. Aebi." On note aussi la généralisation "les chercheurs" alors qu'il n'en cite qu'un. C'est une technique pour étendre la portée de l'opinion exprimée et insinuer que c'est un consensus, invoquant "la science".

Ensuite, il cite Bonmatin, qui est présenté comme neutre et notable "auteur de nombreux travaux de référence sur les « néonics »." Cela donne du poids à son allégation ridicule "Selon lui, leur retour en France représenterait « une régression catastrophique, tant du point de vue environnemental que sanitaire »."

Dog whistle

La deuxième partie du court article est titrée "indépendance de l'expertise". Pourtant il n'apporte aucun élément sur le sujet.

Ainsi, le titre est en fait un "dog-whistle" évoquant le reste de son oeuvre, ayant largement dénigré l'indépendance de l'EFSA. C'est la puissance de l'élément de langage : il suffit d'une simple évocation pour que son audience comprenne clairement ce qu'il veut dire (mais ne peut pas parce que le système est corrompu).


Références