Greenpeace, GIEC et nucléaire

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Greenpeace a mobilisé un membre du Giec, Henri Waisman, pour écrire un article sur la position du GIEC vis-à-vis du nucléaire. (article - archive) concluant que "Le nucléaire est disqualifié de la course de la lutte climatique."

Étudions cette absurdité.

Un raisonnement tordu

Des scénarios excluant le nucléaire ont été étudiés

L'auteur commence par rappeler qu'il y a de nombreux scénarios envisagés par le GIEC et que, parmis eux, "plusieurs envisagent un maintien ou un développement du nucléaire. D’autres, au contraire, comptent ne pas dépasser la barre de 1,5°C sans nucléaire, d’ici la fin du siècle."

Dénigrement du nucléaire

Ceci posé, il va dénigrer le nucléaire en reprenant les énoncés un peu négatifs.

D'abord, le fait que le GIEC relève que la faisabilité de "l’énergie solaire, de l’énergie éolienne et les technologies de stockage d’électricité se sont considérablement améliorées au cours des dernières années, tandis que celles de l’énergie nucléaire et du captage et stockage du dioxyde de carbone (CSC) dans le secteur de l’électricité n’ont pas montré les mêmes améliorations."

C'est une argutie assez hallucinante : l'énergie nucléaire est déjà faisable et n'a pas particulièrement besoin d'amélioration. À l'inverse, le solaire, l'éolien et les batteries étaient absurdes il y a quelques années et, encore aujourd'hui n'ont pas démontré leur capacité à décarboner une grille électrique.

Ensuite, il rappelle : "Les experts du GIEC notent que le rythme de développement du nucléaire n’est plus le même. Le délai actuel entre la date de décision et la mise en service des centrales nucléaires est compris entre « 10 et 19 ans » et la capacité de déploiement actuelle est ralentie par les préoccupations du public au sujet du risque d’accidents et des problèmes liés aux déchets nucléaires."

Ce discours sur les délais est classique. Rappelons d'une part que les batteries et les énergies renouvelables ont le même problème et d'autre part que ce sont essentiellement les antinucléaires qui sont responsables de cet état de fait.

Il reprend aussi l'augmentation du prix du nucléaire, qui a la même cause.

Il reprend également implicitement la désinformation sur le "risque d’accidents et des problèmes liés aux déchets nucléaires" en y faisant référence.

Une conclusion tranchée évidemment fausse

Il conclut

"Les bénéfices théoriques que l’énergie nucléaire pourraient apporter dans la lutte contre les dérèglements climatiques sont donc bien trop faibles, trop lents, trop coûteux et trop risqués. Alors que le rapport du GIEC nous oblige à rapidement réduire les émissions, il n’est pas envisageable de choisir la technologie de production électrique la plus lente et coûteuse à déployer, ainsi que la plus sale et risquée."

Il arrive ainsi à présenter cette conclusion, qui n'est absolument celle du GIEC, comme si elle découlait logiquement du rapport. Cette manipulation fait implictement prévaloir sa propre appréciation, contenue intégralement dans ce très court article, sur celle du GIEC, comme si ce dernier n'avait pas pris en compte les éléments qu'il relève lui-même.

La malhonnêteté de ce procédé est hallucinante et exclue toute intégrité de son auteur, Henri Waisman, pourtant un des auteurs principaux d'un rapport du GIEC publié en 2018, "Sustainable Development, Poverty Eradication and Reducing Inequalities". Il est également directeur d'un programme d'un Thinktank environnementaliste, l'IDDRI.

Entrisme et appropriation d'autorité

Cet article illustre l'importance de l'entrisme pseudo-écologiste. Ici l'auteur peut s'approprier implicitement l'image du GIEC, pour lequel il n'a que participé à écrire un des nombreux rapports. Il se présente même comme "membre du Groupe Intergouvernemental des Experts sur le Climat", alors qu'il ne ressort pas qu'il y ait un rôle continu.

Il dégrade ainsi l'image du GIEC. C'est très lié à la logique de l'exploitation : il s'agit d'extraire de la valeur des structures sociales en les dégradant. C'est le coeur de la démarche du gauchisme, dégrader tout ce qui a de la valeur.