L'OFB, le HuffPost, les agriculteurs et les dealers [15/01/2025]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Sur FranceInter, à 7h, Benoît Pradal, agent de l'Office Français de la Biodiversité et membre du syndicat SNAP FO était invité pour réagir aux propos de François Bayrou, ayant qualifié la veille "d'humiliation et de faute certaines inspections armées dans les fermes".

Il déclara : "On a l'impression que les agriculteurs ne veulent plus nous voir sur leurs exploitations. C'est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités pour empêcher le deal."

Le propos scandaleux fit évidemment réagir. Ici nous allons commenter l'événement, puis l'article du Huffington Post.

Entrisme et violence administrative

Les propos de Benoît Pradal (OFB), comparant les agriculteurs à des dealers, révèlent une inquiétante dérive idéologique et soulèvent la question de la violence administrative exercée contre le monde agricole.

Des propos inquiétants

Les propos de l'agent de l'OFB sont inquiétants, montrant une inversion victimaire (ce seraient les agents qui seraient victimes du manque d'hospitalité des agriculteurs) ET une diabolisation des agriculteurs, comparés aux dealers.

Cette comparaison à la drogue de l'utilisation de pesticides est d'ailleurs un des éléments du pesticide-bashing de la pseudo-écologie. Jean Pelras dénonce très justement l'imposture :

"Quant à ce qui différencie le dealer du paysan, et puisqu'il semble encore falloir le rappeler, disons que si le premier, de surcroît souvent armé, détruit des familles entières en revendant des produits illicites et létaux à leurs enfants, le second nourrit les populations et garantit à notre pays un approvisionnement alimentaire 365 jours par an." (1)

Cela fait beaucoup de proximité avec la pseudo-écologie dans un petit discours. Or, la réglementation environnementale est déjà dans une large mesure le résultat du lobbying pseudo-écologiste pour asservir l'agriculture. Si en plus ceux qui l'appliquent sont eux-même pseudo-écologistes et utilisent leur marge de manoeuvre pour nuire aux agriculteurs, cela devient une arme de violence administrative massive.

La réponse du management

Le management s'est vigoureusement désolidarisé de ces propos, qu'il s'agisse de la ministre de l'agriculture Annie Genevard ou du directeur de l'OFB, Olivier Thibault.

Une défense en règle de l'OFB

Plus largement, cet article est une défense en règle de l'OFB.

Tout y passe : les qualifier de "flics verts", rappeler qu'ils contrôlent les exploitations pour "s’assurer du respect de la protection des milieux naturels", qualifier le propos du Premier ministre de "charge contre les contrôles et les normes environnementales". Surtout, le propos litigieux de l'agent est commentée en ces termes :

"Vraie comparaison ou simple analogie pour expliquer la gravité des attaques contre un corps en partie formé par la gendarmerie ?"

Or, la suite ne décrit que des indignations sans contenu (contrairement par exemple à l'observation de Jean Perlas citée plus haut). Le paragraphe suivant en effet présente les règles environnementales comme des normes dont l'application absolue serait par nature bonne et souhaitable :

"Le hasard veut que c’est Benoit Pradal qui rappelait justement auprès du HuffPost en novembre dernier que « ce sont les députés et sénateurs qui élaborent les lois », et que les agents de l’OFB ne font que les appliquer."

C'est l'effet cliquet de la réglementation environnementale : les propagandistes peuvent ensuite présenter son application comme devant être absolue. Puis la "journaliste" conclut :

"Et d’utiliser alors une formule que n’aurait pas boudée la droite : « Un agriculteur en excès de vitesse, quand il se fait arrêter par la gendarmerie, est-ce qu’il s’offusque que ce fonctionnaire soit armé ? »."

Ce faisant, elle tente de faire oublier la phrase litigieuse et d'y substituer cette nouvelle, tout en insinuant que la droite serait au final bien hypocrite dans ses critiques.

Média et fausse neutralité

Le message est donc très clair : l'OFB et son agent sont injustement critiqués par la droite et l'extrême droite pour

Le propos est totalement euphémisé, l'agent déresponsabilisé. En fait ce n'est pas lui qui a dit une bêtise, mais ceux qui le critique qui sont condamnables. Vous aurez compris, on est en plein dans l'inversion victimaire.

Je suis admiratif de la rapidité avec laquelle ce texte a été conçu. C'est comme s'ils avaient un guide à suivre, un "playbook", pour passer leur désinformation. On a une "journaliste" prête à l'action avec déjà tous les éléments de langage à défendre. Étonnant non ?