Le 18 février 2025, le procureur à la tête du parquet d'Aix en Provence, Jean-Luc Blachon, est interrogé par le journal mesinfos. Après diverses considérations sur l'insécurité, il a tenu des propos pseudo-écologistes que nous allons étudier : « Le parquet d’Aix-en-Provence est très engagé ».
Défense de l'OFB
Il commence par défendre l'OFB :
"Je suis très sensible à la nécessité de protéger l’environnement, et j’aimerais évoquer l’office français de la biodiversité, l’OFB, qui assure des missions de prévention et de répression et fait l’objet aujourd’hui d’un débat. Je suis surpris par les attaques qu’essuient les 3 000 agents, notamment les 1 700 inspecteurs de l’environnement, de l’OFB, alors que cette structure et ses analyses incarnent la meilleure métabolisation institutionnelle de l’urgence environnementale. "
Il nie ainsi l'intégralité des critiques ciblant l'OFB, ne reconnaissant même pas leur possible légitimité.
Au contraire, les agents de l'OFB incarnant cette cause supérieure, cette "urgence environnementale", ils ne pourraient pas être critiqués.
Ils auraient donc tous les droits pour empêcher n'importe quel projet qui leur déplaise, se comporter n'importe comment avec les agriculteurs, etc. Aucun reproche ne pourrait leur être fait.
C'est une logique pseudo-écologiste. Ce thème sera confirmé par l'autre paragraphe.
Agribashing de base
Le deuxième est plus intéressant :
"Nous ne pouvons pas faire reposer la protection de l’environnement sur la seule conscience plus ou moins alertée des acteurs économiques. Il faut savoir que nous sommes le pays d’Europe qui emploie le plus d’intrants chimiques, où les cours d’eau et les terres sont les plus pollués et où l’on affiche la plus forte baisse de biodiversité. Dans ces conditions, je resterai en effet très mobilisé pour la protection "
La seconde phrase est clairement de l'agribashing à plusieurs égards.
D'abord, il y a une exagération de l'utilisation d'intrants : la France est le plus de surfaces agricoles d'Europe fertiles (à titre de comparaison, les terres d'Ukraine ont un rendement 2 à 3 fois inférieur en blé). Il est logique qu'on emploi le plus d'intrants.
Ensuite la diabolisation de la chimie (il veut probablement dire "de synthèse"), qui s'inscrit dans la divinisation de l'agriculture biologique et des intrants naturels, un peu comme si le lisier était par nature meilleur que l'urée.
Enfin la diabolisation de la pollution et de la "baisse de biodiversité". Il ne propose aucune donnée, je ne peux pas les discuter, mais cela me semble hautement douteux, notamment en comparaison avec l'Espagne, dont l'exposition au changement climatique est plus brutale et dont la réglementation phytosanitaire est (il me semble) plus souple.
Entrisme : la puissance de la pseudo-écologie
Il faut rappeler ici que l'entrisme est l'une des armes les plus puissances de la pseudo-écologie. En effet, cette dernière apporte des rémunérations non-monétaires, qu'elles soient purement individuelles (le sentiment de comprendre le monde, répondre au 'need for closure'), psychosociales (sentiment de reconnaissance, de "faire le bien", etc.) et sociales (relations, amitiés, amours). Elle peut ainsi infiltrer n'importe quelle institutions sans limite, sans contrainte.
Un procureur pourrait par exemple encourager l'utilisation de ressources pour sanctionner même les plus ridicules manquements aux réglementations environnementales.
Cela se combine parfaitement à l'influence réglementaire, consistant à concevoir des réglementations environnementales absurdement lourdes.
Son discours pourrait aussi s'inscrire dans une ébauche de carrière politique.
On l'a vu assez récemment avec François Molins, ancien procureur général à la Cour de cassation, à la retraite depuis juin 2023, qui s'est récemment engagé dans une tribune réunissant le ghotta de la pseudo-écologie.
Source initiale : https://x.com/GeWoessner/status/1892479363691553083