La Hague, Les Échos, le tritium et Greenpeace [8/12/1994]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Le 8 décembre 1994, Les Échos ont publié le premier article de désinformation sur le tritium : "Greenpeace accuse la Hague de pollution radioactive" de Jean-François POLO.

Fausse neutralité

L'article porte sur un rapport du World Information Service on Energy (Wise) "élaboré à la demande de Greenpeace" sur "l'usine de retraitement des combustibles nucléaires de la Cogema à la Hague". Il ne précise à aucun moment qu'il s'agit de deux organisations antinucléaires. Elles sont faussement présentées (ou au moins le Wise, Greenpeace ayant sa notoriété) comme neutres.

Notez aussi que ce type de structuration peut être un moyen de générer du financement.

En effet, ils peuvent aller voir des institutions pour obtenir le financement de tel ou tel projet spécifiquement. Il est possible d'extraire ainsi de l'argent public pour le donner aux alliés.

Le prix

Selon les auteurs "le retraitement "a perdu tout attrait économique", dans la mesure où il constitue un facteur considérable de rejets radioactifs."

Ce dénigrement de la rentabilité de l'énergie nucléaire est un des leitmotivs de la pseudo-écologie. L'histoire démontre qu'ils ont tort : les entreprises nucléaires continuent de prospérer 30 ans après ces mensonges.

Exagération de la radioactivité des rejet de tritium

"La limite annuelle autorisée de radioactivité pour les rejets liquides de l'usine de la Hague équivaut en effet, selon les écologistes, à 1.400 fois celle en vigueur pour un réacteur d'une centrale nucléaire classique, et à trois fois le seuil autorisé pour l'ensemble des centrales atomiques en activité dans le monde. Les auteurs du rapport s'inquiètent en particulier des quantités élevées de tritium, une substance très diffusante, rejetée dans les eaux de la Manche."

À supposer que les chiffres soient exacts, ici on a recours au juridisme : les seuils sont présentés comme indicateurs d'un danger, alors qu'ils peuvent résulter d'un compromis entre le fonctionnement normal d'une centrale et le lobbying antinucléaire.

Surtout, on découvre pour la première fois, à ma connaissance, la désinformation explicite sur le tritium, composé très faiblement radioactif dont la libération dans les océans a toujours été insignifiante. Une fois précédente, ne ciblant pas La Hague et ne parlant que "d'eau radioactive" a été publié 2 ans plus tôt dans le Monde Diplomatique.

La "citation abusive"

Une réponse très parcellaire de la Cogema est ensuite présentée pour la décrédibiliser (alors que le fond est tout à fait juste) :

"Les volumes de tritium que nous rejetons sont infinitésimals par rapport à ce qui existe déjà dans la nature " , se défend-on cependant à la direction de la Cogema, où on souligne que la Hague réalise à elle seule des prestations de retraitement pour une centaine de réacteurs dans le monde."

D'une part on devine que la citation a été amputée et d'autre part elle se trouve avant une autre critique, à laquelle la phrase ne répond pas. Elle passe ainsi pour une de dénégation politicienne et hâtive. C'est la stratégie de la "citation abusive".

Désinformation sur la radioactivité

"Les auteurs du rapport affirment, d'autre part, que la comptabilisation effectuée par Cogema n'inclut pas les déchets virtuels correspondant aux effluents rejetés, l'uranium retraité et stocké, ni les déchets correspondant aux futures opérations de démantèlement. Ils estiment, en conséquence, que les quantités réellement rejetées atteignent 85,4 mètres cubes par tonne de combustible retraité, soit 13 fois le volume indiqué par la Cogema."

Ici on a la désinformation sur la dangerosité et le fonctionnement de la radioactivité, qui n'est pas fonction du volume. Surtout, ils semblent inclure l'eau tritiée, pourtant inoffensive mais en grands volumes, dans ce total.

On retrouve encore, juste après, la citation abusive : "Un calcul qualifié d' "élucubration mathématique sans intérêt" par la Cogema." L'amputation de la réponse semble évidente ici.

Déblatérations et transparence

Le dernier paragraphe commence par une accusation dont on voit mal le sens : "Les écologistes critiquent, d'autre part, le fait que seul un conteneur de déchets à haute activité vitrifiés sur mille fait l'objet d'une analyse destructive de la part de la Cogema." Néanmoins, on comprend implicitement que c'est mal.

La dernière phrase est plus intéressante à commenter : "Ils se plaignent, enfin, de ce que les spécifications techniques des déchets de la Hague sont considérées comme un "secret commercial et industriel" par l'administration, ce qui nuit gravement à la transparence de l'information." En effet, on retrouve la divinisation de la transparence, présentée comme une valeur absolue et systématique quand elle arrange la pseudo-écologie.