Martine Deguillaume, arbres et néonicotinoïdes [3/06/2014]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Martine Deguillaume a organisé une "conférence-débat sur les pesticides" portant sur l'utilisation de néonicotinoïde dans les plantations de Douglas sur le plateau des Millevache. Le journale "Le Populaire du Centre"lui a consacré, le 3 juin 2014, un article synthétisant, si j'ai bien compris, cette conférence et nommé "PEYRAT LE CHATEAU. Les pesticides toujours plus décriés".

Narratif : l'utilisation de pesticides

Voici le début présenté en liste pour bien avoir le déroulé :

Cela s'inscrit dans le discours de la pseudo-écologie contre "l'agriculture industrielle": l'utilisation de pesticides découlerait de cette dernière.

C'est en fait un faux nez de l'anticapitalisme.

Notez l'absence de chiffres pour éviter de mettre en évidence les quantités infinitésimales. C'est la fallacie des résidus.

https://pseudo-ecologie.fr/desinformation/agriculture/pesticide-bashing/residus/
https://pseudo-ecologie.fr/desinformation/agriculture/modele-agricole-industriel/

L'alerte

Ensuite, l'article évoque plusieurs éléments qui seraient source d'alarmes :

Il s'est opéré, ainsi, un glissement de "les néonicotinoïdes" à "les pesticides". Il n'y a, de plus, aucune donnée précise on parle "des risques", "de résidus", mais de rien de concret : le narratif est d'accuser de ces choses l'imidaclopride utilisé pour lutter contre l'hylope, il n'y a rien sur ce sujet.

C'est l'effet d'apposition.

https://pseudo-ecologie.fr/pratiques/procedes-rhetoriques/effet-d-apposition/

La réglementation

L'article finit en qualifiant d'obsolète la réglementation sur les pesticides "notamment parce qu'elle ne
prend pas en compte l'effet perturbateur endocrinien"
et en affirmant la "nécessité d'une alimentation sans résidus de pesticides devient progressivement un objectif prioritaire" pour les femmes enceintes et les enfants.

Il finit sur des accents complotistes : "Des réglementations plus sévères sont en préparation au niveau européen pour mieux protéger les populations, mais certains industriels de l'agrochimie tentent toujours de les retarder."

Cela se rattache à leur vision de "la science", comme quelque chose d'évident et de consensuel, qui ne serait pas discutable quand elle va dans leur sens. Automatiquement, tous ceux les contredisant deviennent des "diables" de leur mythologie.

https://pseudo-ecologie.fr/pratiques/mythologies/divinites/la-science-divinisee/
https://pseudo-ecologie.fr/pratiques/mythologies/divinites/le-capitalisme-et-ses-avatars/

On voit ici un exemple très cru de glissement du 'rationnel' ("il y a des résidus dans l'eau") à l'hygiénisme (il faut abolir les pesticides). C'est le genre de choses qui est assez subtile en général. En l'espèce il nous apparaît évident, parce que ce n'est pas la pseudo-écologiste qui parle, mais le journaliste qui présente son discours.

https://pseudo-ecologie.fr/pratiques/procedes-rhetoriques/glissement-pragmatique-mystique/