La rhétorique de l'accaparement de l'eau contre l'irrigation
La Confédération paysanne a explicité ses positions dans une page "EAU : NOS POSITIONS. Pour une gestion paysanne de l’eau." (Archive).
Le principal thème est celui de "l'accaparement": l'irrigation "accaparerait" l'eau et les financements publics, qui
L'accaparement
La page reproche à l'irrigation d'accaparer l'eau. Cela part de l'idée que "l'eau est un bien commun", sans prendre en compte le fait que la récolter demande l'installation d'infrastructures couteuses.
Ils écrivent par exemple que "Dans de nombreux territoires, la mauvaise répartition des prélèvements en eau et leur concentration sur des exploitations agricoles empêchent d'autres paysan·nes d'avoir un accès sécurisé pour leur production." Rien sur le financement des installations.
Leur discours le plus caricatural à ce niveau est la revendication à "lutter pour la fin des méga-bassines". En somme, si tout le monde ne peut pas avoir d'eau, il n'en faut pour personne. On est directement dans la logique d'exploitation : ils proposent de dégrader la situation pour tout le monde.
Dans leurs propos, les bassines deviennent "le mal", indépendamment des contextes géologiques (ex: nappes phréatiques réactives) ou du type de prélèvement (rivière ou nappe).
L'exploitation : un aspect central de l'économie pseudo-écologiste
"Méga-bassines": la désinformation sur les retenues d'eau agricoles
La diabolisation, un élément central de la pseudo-écologie
La pseudo-alternative : une meilleure gestion
Les auteurs prétendent que changer les pratiques agricoles permettrait de se passer d'irrigation :
il faut aussi répartir les financements publics aujourd'hui majoritairement utilisés pour « l'hydraulique agricole » (méga-bassines, extension de réseaux d'irrigation, etc.) alors que seulement 7,3 % de la surface agricole est irriguée. Ainsi, à l'accaparement de la ressource en eau s'ajoute l'accaparement des financements publics pour une minorité. Ces financements doivent aller en priorité au soutien de pratiques paysannes qui permettent de retenir l'eau dans les sols et de limiter les prélèvements. L'enjeu est de restaurer le cycle de l'eau au plus proche de son fonctionnement naturel, de ralentir sa circulation pour la réinfiltrer dans les sols au bénéfice de l'agriculture.
C'est le discours de la pseudo-alternative : peu importe qu'elle soit réelle ou, surtout, quelle soit suffisante, son seul rôle est discursif.
On trouve aussi les délires sur la restauration du cycle de l'eau
La négation de la dimension économique de l'agriculture
La Confédération paysanne écrit : " L'irrigation pour booster les rendements et les bénéfices de l'agro-industrie doit cesser. Tout comme celle pour des cultures énergétiques."
Cela s'inscrit dans la négation de la dimension économique de l'agriculture. Ce ne serait pas un métier, mais un sacerdoce.