Charlène Descollonges, agriculture et pseudo-alternatives [14/08/2024]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Charlène Descollonges, jusqu'ici une illustre inconnue, a rejoint le club des hydrologues médiatiques pseudo-experts en agriculture avec une notable intervention sur France Inter le 14/08/2024.

C'est une ingénieure-hydrologue qui a commencé sa carrière de conférencière en 2023, dans un parcours qui n'est pas sans faire penser à Esther Crauser-Delbourg.

Transcription et commentaire

Le passage commenté est un passage sur France Inter retweeté par la fameuse radio.

Contexte : une logique d'inversion victimaire

Il est intéressant de rappeler quelques éléments de contexte. La question du journaliste (10'40) est à ce titre intéressante :

"Là on parle des solutions à court terme. Si on voit un peu plus à long terme, sur l'adaptation de cette agriculture. Charlène Descollonges, est-ce que les conséquences qu'on voit là en termes de revenus agricoles sont aussi les conséquences de l'inadaptation de notre agriculture au dérèglement climatique. Est-ce qu'on est en retard sur ce qu'il se passe sur l'accélération des phénomènes climatiques."

Ainsi on est dans une logique d'inversion victimaire : les agriculteurs seraient responsables des conséquences des trop fortes pluies.

La radio a aussi interviewé plusieurs agriculteurs, dont ... un vigneron. Vous verrez pourquoi c'est important.

Le "modèle agricole" et le "retard"

"Évidemment on est en retard, le modèle agricole n'est pas du tout adapté au futur du climat."

On retrouve ici, dans cette seule phrase, une désinformation centrale : l'idée qu'il y a "un modèle agricole". C'est en fait l'un des "diables" de la pseudo-écologie, un des avatars du Dieu du mal du panthéon pseudo-écologiste : le capitalisme.

On retrouve également un élément de langage récurrent : nous serions "en retard". Cela suppose une comparaison, mais elle n'est jamais précisée ou bien absurde. Par exemple, les pseudo-écologistes ont longtemps reproche à la France d'être "en retard" sur les énergies renouvelables par rapport à l'Allemagne, alors que cette dernière a une électricité >5 fois plus carbonée que la France.

Désinformation sur les sols, entre autres

On arrive au passage le plus important, qui a fait bondir beaucoup d'agriculteurs.

"Là ce dont on n'a absolument pas parlé au cours de cet entretien, c'est les sols. On n'a jamais pris en considération les sols. Aujourd'hui on les considère comme des supports et aujourd'hui, ils sont morts, nos sols, ils ne sont plus capables d'absorber toutes ces pluies qui va s'abattre en un temps record et ces sols ne sont plus capables non plus de retenir l'eau en temps de sécheresse."

On commence par l'un des mantra les plus récurrents de la pseudo-écologie : "les sols sont morts" et les agriculteurs ne le verraient que comme un substrat.

C'est faux, sinon ils ne produiraient absolument rien. Surtout, de plus en plus d'agriculteurs adoptent des méthodes de culture favorisant la vie des sols, notamment en réduisant le labours et en adoptant des couverts végétaux. Ils ont d'ailleurs été nombreux à monter au créneau. Je vous invite à lire leurs réponses détaillées, qui mettent clairement en évidence l'imposture de la militante.

Daniel Barach, agriculteur breton, explicite le désarroi que beaucoup d'agriculteurs, qui améliorent leurs pratiques, ont face à ces conneries:

Les "solutions politiques" : ... ??

"Et enfin, on a un panel de solutions politiques, et là c'est plus à l'échelle nationale et européenne. Privilégier l'alimentation humaine. On parlait du blé, est-ce que ça va augmenter le prix du pain ? Non, puisque 31% de la transformation du blé tendre, c'est pour l'alimentation animale. Donc revoir aussi notre alimentation."

Il y a deux choses à commenter ici.

D'abord, elle explique que le prix du pain ne va pas augmenter en raison des faibles rendements en France parce que 31% du blé tendre est utilisé pour l'alimentation animale. C'est simplement débile : le blé est une toute petite portion du prix du pain et ensuite la France reste exportatrice de blé, même avec une mauvaise récolte.

Ensuite on passe dans le foutage de gueule le plus absolu : la disponibilité de l'eau empêcherait les agriculteurs de diversifier leur assolement. Au contraire, cela augmente les possibilités pour les agriculteurs. Elle brode totalement.

On retrouve également l'association bassines - maïs et la diabolisation de ce dernier.

Son discours illustre bien une mécanique importante de la pseudo-écologie : il faut fermer les possibles. Les retenues d'eau seraient une vraie réponse au changement climatique, mais elle préfère la diaboliser avec un discours abacadabrantesque. Les pseudo-écologistes ont besoin d'une situation de crise à laquelle ce sont EUX, qui ont les solutions.

Un dernier mot sur France Inter

La radio a donné la parole à des agriculteurs, mais ils ne répondent ou ne savent pas répondre à la désinformation de la conférencière et, donc, démentissent assez mollement.

Globalement l'ensemble donne l'impression d'une mise en scène pour mettre en valeur les discours militants de Charlène Descollonges.

France Inter continue ainsi à encourager la propagande pseudo-écologiste.

On pourrait se demander

On rappelle que la radio avait signé une charte avec RadioFrance. Il semble de plus en plus clair que ce n'était qu'une opération de "virtue signaling" malhonnête.