Exagération du prix du nucléaire
À une époque qui semble aujourd'hui infiniment loin, avant le 7 octobre, se tenait le débat sur la loi visant à accélérer la relance du nucléaire. Marine Tondelier a répondu le 19 mars 2023 à 20minutes. Analysons globalement ses réponses.
Prix et délai
Tondelier oppose nucléaire et renouvelable en prétendant que "Le nucléaire nous coûte si cher que ça nous empêche de développer les renouvelables." On a deux informations :
- Le nucléaire coûterait cher. C'est un des éléments classiques de la désinformation pseudo-écologiste.
- Cette chèreté empêcherait de développer les EnR. Je n'ai jamais vu de source à cette allégation et cela ressemble à un simple mensonge.
Ensuite, les nouveaux EPR n'aideraient pas à respecter l'accord de Paris, engageant à baisser de 40% les émissions de GES d'ici 2030. Cet argument est encore plus fallacieux :
- La France a déjà beaucoup d'électricité décarbonée. Ses challenges portent plus sur l'électrification des usages.
- Il faudra encore de l'électricité décarbonée en 2050.
Tondelier se prévaut ensuite des lenteurs et du prix de l'EPR Flamanville, en sachant que les antinucléaires ont contribué à ces déboires.
Globalement, on retrouve la logique du pompier pyromane : les antinucléaires augmentent la réglementation et difficilitent les financements, ce qui rend la filière moins rapide et rentable, puis le lui reprochent.
Enfin, implicitement elle prétend que les EnR ne seraient pas "lentes", alors qu'elles mettent aussi des années à déployer.
Convention citoyenne sur la stratégie énergétique
Tondelier commence par déplorer qu'on ait "du mal à avoir un débat public sérieux et rationnel sur le sujet." On retrouve la logique du pompier pyromane : les pseudo-écologistes, en désinformant et en perturbant physiquement les débats (par exemple en braillant pendant les réunions d'informations) sont responsables de la mauvaise qualité du débat.
Elle continue en affirmant : "On a un lobby nucléaire qui dépense un « pognon de dingue », qui a des relais très agressifs sur les réseaux sociaux." Accusant ainsi le "lobby nucléaire" et ces relais d'être responsables de ladite mauvaise qualité du débat.
C'est du complotisme pur et dur.
Et du complotisme d'autant plus lamentable que :
- Les antinucléaires sont un lobby qui dispose effectivement d'un "pognon de dingue" (assigné spécifiquement à la désinformation) et a "des relais très agressifs sur les réseaux sociaux".
- Le "lobby nucléaire" est basiquement absent de l'espace public, ce sont des professionnels du nucléaire (et d'ailleurs), comme Tristan Kamin, qui ont d'eux-même pris la parole pour lutter contre la désinformation antinucléaire.
Ensuite elle prétend qu'en prenant "150 personnes tirées au sort pour les faire travailler sur le sujet..."
Globalement ce passage s'inscrit dans l'idéalisation du dialogue (quand il leur est utile). Il y a aussi l'idée qu'ils sont les seuls à vraiment représenter "le peuple".
Nucléaire et réchauffement climatique
Interrogée sur l'usage de l'eau par le nucléaire pour le refroidissement, Tondelier reprend le discours habituel...
C'est la désinformation classique : le nucléaire peut se refroidir aussi en cycle fermé...
Elle continue avec les centrales en bord de mer...
La sobriété, Idéalisation du renouvelable et de l'Allemagne
Le journaliste lui demande si les questions industrielles et techniques ne seraient pas aussi existantes avec les énergies renouvelables.
Tondelier répond que...
- L'utilisation d'énergie est présentée comme une faute morale.
- Elle réduit la "sobriété" à la performance thermique des logements.
- Elle laisse entendre l'exclusion des moyens technologiques.
Ensuite elle évoque les "moyens". Le discours est caricatural...
"Ensuite, la question est de savoir quel effort on fait..."
Il apparaîtra à tout le monde l'absurdité de cette construction...
Cela s'inscrit aussi dans la prétention à être des "sachants".
Ensuite elle prend l'exemple de l'Allemagne...
Elle continue : "Cela montre qu'il est possible..."
Le foutage de gueule apparait immédiatement absolu...
La suite est dans la même veine...
Elle accuse le nucléaire d'être responsable :
"On a perdu beaucoup trop de temps..."
- Psychologisation.
- Rhétorique de la perte de temps.
Débat public et "lobby pro-nucléaire"
Interrogée sur l'amélioration de l'image publique du nucléaire...
"La nature du débat public..."
Je ne sais pas à quoi elle fait référence...
Elle continue : "Or, il faut expliquer..."
Elle fait ici référence aux centrales arrêtées en raison de la corrosion sous contrainte...
On peut également penser que leur destruction des perspectives industrielles...
Ici c'est la logique du pompier pyromane...
La stratégie de communication
Marine Tondelier présente ensuite sa stratégie...
"Beaucoup de gens n'ont pas envie..."
Ici on a une très bonne accroche...
"Mon travail est de créer..."
Ce passage commence par une prétention à l'altruisme...
Ce genre de stratégies demande un certain savoir-faire...
Réforme des retraites
Tondelier est ensuite interrogée sur la mobilisation...
Elle affirme que...
Elle continue avec un discours séditieux...
"La seule défaite possible..."
Tondelier prétend aussi incarner le "vrai peuple".
Conclusion
Cette interview illustre parfaitement les techniques rhétoriques et narratives utilisées pour présenter une vision biaisée de la réalité énergétique et politique, en jouant sur la moralisation, la dramatisation, le complotisme et la victimisation, tout en évitant soigneusement les faits techniques et économiques les plus élémentaires.