L’offensive de Libération contre Mac Lesggy – 9/12/2023

C’est quelque chose de récurrent quand on étudie la pseudo-écologie: les personnalités visibles la dénonçant sont attaquées fallacieusement par l’écosystème pseudo-écologiste. Il s’agit essentiellement d’Emmanuelle Ducros, de Geraldine Woessner, occasionellement de Patrick Cohen, et, surtout en ce moment, de Mac Lesggy.

L’un des meilleurs « porte-flingues » se chargeant de cette besogne est sans doute Libération, qui a soutenu les attaques complotistes contre Emmanuelles Ducros. Cela c’est encore avéré avec la présente affaire: la publication d’une Une, rien que ça, nommée « ENQUÊTE Mac Lesggy, le savant flou« .

Nous allons commenter l’article principal, « Mac Lesggy, Science-frictions » [autre titre en ligne], écrit par Simon Blin et Quentin Girard et précédé d’un éditorial, reprenant la thèse de l’article, d’Alexandra Schartzbrod.

Le drama initial

Le drama part d’une interaction entre Christophe Cassou, un des rédacteurs du rapport du GIEC dont la participation à l’écosystème pseudo-écologiste est récurrente, et Mac Lesggy. Reprenons le résumé de Libération :

Cassou s’alarme sur le réseau social d’Elon Musk de «l’énergie de haine» des militants en train de parader et rappelle : «N’oublions jamais que les valeurs de l’extrême droite ne sont pas compatibles avec le climat.» Ni une, ni deux, saisissant son clavier d’indignation, le trublion de M6 lui répond : «Je ne savais pas que le Giec avait établi que tel ou tel courant politique était incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique. Moi qui croyais que c’était l’affaire de tous !» S’ensuit une série de tweets et de discussions stériles entre les deux individus et leurs partisans.

Le tweet de Cassou s’inscrit dans la diabolisation (ce qui n’est pas, rappelons-le, simplement de la critique) de l’extrême droite: l’ensemble de l’écosystème pseudo-écologiste travaille à créer une sorte de démon « extrême-droite » auquel ils pourront assimiler tous les opposants ou dissidents. La réponse de Mac Lesggy, qui lui nie le droit d’inscrire le GIEC dans cette mécanique est parfaitement justifié. On voit là toute la puissance désinformatrice de ces techniques, permettant de faire passer la réponse de l’animateur comme une « défense » de l’extrême droite.

On voit ici la puissance du cancer militant, qui en résumant tout à « pour » ou « contre » un camp ou l’autre détruit toute possibilité de réflexion. Mais c’est un autre sujet, continuons.

Le pivot vers la diabolisation

Le précédent paragraphe se termine comme suit :

Une journée tristement banale sur X mais qui révèle une des obsessions de Mac Lesggy : s’en prendre, avec un plaisir non dissimulé, à ceux qui incarneraient à ses yeux une parole officielle de la lutte contre le réchauffement climatique.

Libération conclue en écarte le débat d’un tour de main (pourquoi s’embêter avec les détails ?) et conclue que sa réponse serait révélatrice d’ « une des obsessions de Mac Lesggy : s’en prendre, avec un plaisir non dissimulé, à ceux qui incarneraient à ses yeux une parole officielle de la lutte contre le réchauffement climatique. »

Cassou est ainsi presque divinisé: il « incarne une parole officielle de la lutte contre le réchauffement climatique ». Libération se protège néanmoins, imputant à l’animateur cette étrange pensée. Néanmoins, rien dans la suite ne viendra étayer l’imputation de cette pensée à l’animateur. C’est bien Libération qui parle.

Puis Libération embraye sur une autre partie :

« BEAUCOUP DE CHARISME »

Car notre journaliste en blouse blanche, sorte d’Emmett Brown national (le «Doc» de Retour vers le futur), est en croisade : contre une bonne partie des représentants du Giec, un paquet de scientifiques ou la plupart des jeunes militants écolos. Il se frotte à tous ceux qui ne partagent pas sa ligne, celle du «techno solutionnisme», la croyance absolue en la science et les techniques pour réussir à enrayer la crise climatique sans changer nos modes de vie (lire ci-contre).

Tous les canaux et les moyens sont bons, que ce soit ses réseaux sociaux ou dans ses émissions radio ou télé. Même Valérie Masson-Delmotte, éminente paléo – climatologue, a eu affaire à lui. Après que celui-ci avait parlé sur X d’un «réchauffement climatique causé par l’homme [ ] inarrêtable à court ou moyen terme : une seule politique active d’adaptation permettra d’en limiter les conséquences», la coprésidente d’un des groupes du Giec l’a recadré : Lesggy est porteur d’un «discours d’inaction en décalage avec l’état des connaissances», a-t-elle tranché.

La diabolisation passe la seconde, parlant d’une « croisade ». Ce n’est plus seulement Cassou (et Masson-Delmotte), mais une « bonne partie des représentants du Giec ». Ces derniers deviennent d’ailleurs « représentants du GIEC », alors qu’ils ne le sont absolument pas, ils ne sont que rédacteurs. C’est un peu comme si on qualifiait un informaticien d’Apple « représentant d’Apple ». C’est simplement faux.

Enfin, cela dissimule le fait que la sphère pseudo-écologiste, comptant plusieurs rédacteurs du GIEC, un paquet de « scientifiques » et la plupart d’écolos (jeunes et vieux), est largement critiquée par beaucoup de monde, parce qu’ils forment un corps au final cohérent qui produit énormément de désinformation. La plupart des personnes qui s’intéressent à l’écologie sans faire partie de cet écosystème critiquent logiquement les membres de ce dernier. Mais ici, cela devient une « croisade » propre de l’animateur, comme si c’était une sorte de lubie née dans son esprit.

Et une croisade, ce n’est pas qu’une lubie, c’est la mise en oeuvre de moyens pour. C’est l’objet du second paragraphe: « Tous les canaux et les moyens sont bons, que ce soit ses réseaux sociaux ou dans ses émissions radio ou télé. » On retrouve ensuite l’attaque de Valérie Masson Delmotte, qui a ici encore une fois montré son adhésion pseudo-écologiste en produisant un discours générique  » Lesggy est porteur d’un «discours d’inaction en décalage avec l’état des connaissances» ». Ils transforment ensemble un désaccord localisé en disqualification globale. Il s’agissait, en plus, d’un propos malhonête que j’avais dénoncé dans cet article.

On retrouve par ailleurs l’accusation du « techno-solutionnisme », un épouvantail créé pour dénigrer les personnes n’étant pas opposées aux solutions technologiques à la crise climatique.

La menace Lesggy

La suite de l’article dessine un long portrait de l’agronome pour le dessiner d’une part comme un déchu et d’autre part comme un danger.

Ils tentent de dessiner l’image d’une déchéance, commençant par poser une distance (« Qu’il est loin le temps du premier E = M6 en février 1991 ! ») avec une image positive (« visage sympathique », « Comme C’est pas sorcier sur le service public », « Mac présentait bien » …). Puis, une dégringolade: « Au tournant du millénaire, l’angle évolue. Les audiences baissent, l’émission est en danger », mais une réponse pouvant sembler cynique « Maintenant on va faire des sujets qui plaisent aux mamans ».

Libération monte ensuite en épingle son influence, prétendant qu’il « personnifie la vulgarisation scientifique cathodique ». Quelque chose pour le prouver, une comparaison, non ? Rien. Rien pour démontrer cette allégation, mais il faut monter en épingle son « influence« , terme vague central pour le complotisme: « Et son influence n’est pas près de s’arrêter. »

La mitrailleuse à bullshit

S’ensuit une série de plusieurs accusations lamentables pour dénigrer l’animateur et achever de dessiner l’idée d’une déchéance.

On commence sur le glyphosate: il aurait « suscité l’émoi » s’étant voulu « très affirmatif contre les méfaits supposés de l’herbicide sur la santé, alors que les doutes sur le caractère cancérogène du désherbant devraient appeler à la plus grande précaution. » Libération, revendique ainsi avoir un avis plus autorisé que l’EFSA. Classiquement, ce genre d’allégations sont portées par un « scientifique » militant, supposons qu’ils n’ont simplement pas eu le temps de demander à leur carnet d’adresse.

La seule caution à cette critique est

  • deux phrases, parfaitement justes mais qui pourront choquer ceux qui ont été abreuvés depuis des années à la désinformations antiglyphosate: «Combien de litres faudrait-il en avaler chaque jour pour que cela se traduise par un cancer ? On n’en sait rien» ; «Pour moi, tous ceux qui se réclament de l’écologie devraient militer pour le maintien de l’emploi du glyphosate.»
  • L’avis d’un « journaliste de RTL »: « Cette chronique, c’est un ramassis de conneries »

Ensuite, la « Société des journalistes, organe qui veille au respect des règles éthiques et déonto – logiques, est saisie et fait monter l’alerte jusqu’à la direction de la station privée. » Je ne sais pas de quoi il parle.

Ensuite est cité un propos (du journaliste RTL ?) insultant directement Mac lesggy de « tanche », qui ne devrait sa place qu’à obscure une logique de groupe média : « On nous l’envoie parce qu’il vient de M6, c’est pour créer des synergies. »

Enfin, comble de l’ignomonie, il aurait eu l’audace, une semaine après ce « plaidoyer proglyphosate » (rq: on retrouve la stratégie de conflictualisation de tout débat, où il y aurait deux camps égaux ‘antiglyphosate’ – ‘proglyphosate’, ‘antinucléaire’-‘pronucléaire’, de sorte à relativiser la dégueulasserie d’un des deux camps, ici les anti), de prétendre que le micro-onde serait le « meilleur moyen de cuisson des aliments » [cette citation semble malhonnête]. Il aurait ensuite fait « l’éloge des poulets OGM contre la grippe aviaire ou évoqué une thérapie génique pour lutter contre le cholestérol »

Le lecteur est supposé déjà penser fermement que les poulets OGM et la thérapie génique sont par nature mauvais, sans rien savoir au sujet (outre la désinformation anti-OGM évidemment).

Accusation de désinformation climatoscepticique

Ensuite commence un long passage visant à présenter l’animateur comme désinformant sur le climat, sous-entendu dans une logique climatosceptique, essentiellement à partir de citations de tiers cherry-pickées. On a par exemple:

  • la critique de François Gemenne (qui lui n’appartient, à ma connaissance, pas à l’écosystème) « Il a une certaine forme de croyance absolue en la technique et en l’idée que le progrès technique va résoudre les problèmes ».
  • L’obscur auteur d’une obscure étude sur le Twitter, il appartiendrait à la sphère « technosolutionniste », caricaturée en un groupe qualifiant systématiquement les mesure de sobriété ou de contrainte comme par nature « plus idéologiques que nécessaires ».
  • La militante Camille Etienne, qui tient simplement son rôle en affirmant « C’est une espèce de climatosceptique maquillé, lâche la militante écologiste Camille Etienne, lassée de ses attaques. Il est aux aguets de chaque miniphrase et il est très organisé. Quand il décide de s’attaquer à toi, il t’envoie des raids. Lesggy je le regardais à la télé quand j’étais enfant ; il a son aura de légitimité et il en profite. » On a tout ici: de la diabolisation bien sale (« = il s’attaque aux enfants »), du complotisme (il serait « aux aguets », enverrait des « raids ») et encore une fois l’idée d’une hargne, d’une haine, d’une émotion intime qui s’exprimerait. On voit une militante rodée aux pratiques malhonnêtes de son écosystème. Libération en rajoute en la présentant comme « lassée de ses attaque » (= victimisation).

La fin du paragraphe détonne, reprenant les défenses de Serge Zaka et François-Marie Bréon:

« Pour construire un débat, «il faut de tout», nuance l’agroclimatologue Serge Zaka. Sur X, «il peut avoir un côté très tranchant, mais dans la vraie vie, c’est une personne agréable, éduquée, cultivée». «C’est un gars sympa, chaleureux», ajoute François-Marie Bréon, physicien-climatologue, membre du Giec, qui se sent proche de l’histrion sur «certaines solutions», comme la défense du nucléaire, des bassines, des pesticides. » »Pour construire un débat, «il faut de tout», nuance l’agroclimatologue Serge Zaka. Sur X, «il peut avoir un côté très tranchant, mais dans la vraie vie, c’est une personne agréable, éduquée, cultivée». «C’est un gars sympa, chaleureux», ajoute François-Marie Bréon, physicien-climatologue, membre du Giec, qui se sent proche de l’histrion sur «certaines solutions», comme la défense du nucléaire, des bassines, des pesticides. »

Je devine que le lecteur, à ce stade, retiendra simplement que Mac Lesggy est très tranchant en ligne et qu’il défend le nucléaire, le bassines et les pesticides.

Une fois ce passage factuellement vide révolu, on retourne aux controverses. En 2020, l’animateur avait nié « le lien entre augmentation des épisodes cévenols et l’action de l’homme, avant de s’excuser ». Notez que Libération précise bien qu’il est excusé. Le journal ne précise pas que d’une part c’était sur Twitter et d’autre part l’excuse a été très rapide (moi de 24h il me semble ?). En 2021, BonPote aurait mis, avec Florence Habets (autre rédactrice du GIEC), deux pseudo-écologistes, une caricature de Mac Lesggy le présentant affirmer l’erreur qu’il avait pourtant reconnue. Ici on déjà une information: il y a donc eu ce travail qui ressemble beaucoup à de la diffamation, ancrant comme une sorte d’erreur répétée et récurrente une erreur ponctuelle dont la durée de vie s’est comptée en heures.

L’animateur aurait réagi et « certains éléments erronés » auraient étés « modifiés à la marge dans un second dessin ». « Pas suffisant pour la vedette de télé qui annonce son intention de solliciter le Comité d’éthique du CNRS. Une « pression qui n’est pas suivie d’actes le CNRS indiquant à Libération ne pas avoir «été saisi par M. Olivier Lesgourgues ».

Pourquoi s’appesantir sur ce non-évènement ? Il s’agit ici de le présenter comme une attaque malhonnête, comme s’il cherchait à faire taire des critiques légitimes. Le journal emploie même le terme, récurrent dans la sphère pseudo-écologiste, de « pression ». [rq: c’est renforcé par l’utilisation de la citation de Serge Zaka ensuite, « ce n’est pas toujours parfaitement propre »]

On enchaine sur d’autres considérations générales. Encore une fois, des citations cherry-pickées de Serge Zaka («Il a parfois quelques ratés sur le changement climatique, ce n’est pas toujours parfaitement propre, reconnaît Serge Zaka. Mais ça ne veut pas dire qu’il est climatosceptique.») et de François-Marie Bréon («C’est un journaliste de télé qui fait des programmes pour le grand public, recentre le physicien François-Marie Bréon. Et l’émission sur le climat à laquelle j’ai participé, il n’y avait rien à dire. C’est une erreur de mettre dans le même sac les climatosceptiques et ceux qui ne sont pas d’accord sur les solutions à mettre en place, comme Lesggy.») Après tout ce bashing, le lecteur ne retiendra que « ce n’est pas toujours parfaitement propre » et « c’est un journaliste de télé », surtout au regard de la présentation des citations.

Surtout avec la suite : Libération enchaine immédiatement sur l’émission qui défendrait « l’élevage intensif », qui aurait causé « des sueurs froides à nombre de scientifiques« , se prévalant d’une tribune dans Le Monde d’une « trentaine de chercheurs » face à ce programme. On entre de plein pied dans le complotisme pseudo-écologiste classique:

Dans une tribune parue dans le Monde, une trentaine de chercheurs (écologues, agronomes, biologistes) exprime son effarement face à ce programme qui «fournit un bel exemple» de «toutes les caractéristiques des dispositifs de fabrique de l’ignorance». Le collectif pointe, entre autres choses, «l’influence d’intérêts économiques visant à retarder ou à brouiller les connaissances sur les impacts sanitaires, environnementaux ou sociaux des produits industriels».

Libération enchaîne avec une partie éloquemment appelée « Business florissant »:

Au même moment, le magazine Que choisir expose, à l’appui de chercheurs spécialistes, les «erreurs et omissions» de trois des thèses relayées dans l’émission. «La faute aux conflits d’intérêts ?», s’interroge le mensuel de défense des consommateurs, qui note : «Parmi les annonceurs ayant payé pour voir leurs produits vantés durant les coupures publicitaires de cette soirée spéciale, on pouvait compter McDonald’s, Charal, ou encore « les viandes de boeuf Label Rouge ». Parmi les clients de la société qui a produit l’émission, on peut citer notamment Casino, Picard, Interbev [le lobby de la filière bovine] ou encore Coca-Cola. Enfin, parmi les clients de Mac Lesggy, qui propose ses services d’animateur pour des événements privés, se trouve l’Aemic, qui se présente comme le réseau des professionnels des industries céréalières. Des liens qui ne facilitent probablement pas la critique vis-à-vis des intérêts agro-industriels.»

Ils n’ont rien à critiquer, ils invoquent donc la figure de la finance corruptrice, faisant feu de tous bois: l’animateur aurait fait ce documentaire (auquel ils ne trouvent visiblement rien de clair à reprocher) pour plaire aux annonceurs des coupures publicitaires ? D’ailleurs, Coca-Cola, casino, Picard n’ont-ils jamais été « clients » de Libération ? Quel rapport encore Coca-Cola, Casino ou Picard avec la viande ? Les deux dernières mentions sont d’autant plus effarantes que la grande distribution fait classiquement plus de marges avec le bio.

Ils enfoncent le clou complotiste en présentant l’animateur comme un homme d’affaire, décrivant plusieurs activités.

Je ne détaille pas, on retrouve la diabolisation générique du « secteur industriel »: vu qu’il aurait des clients « industriels », donc tout ce qu’il ferait serait l’expression de la malfaisance intéressée du Grand Capital.

Cette mécanique est enfoncée par une citation de Pierre-Henri Gouyon, un autre habitué de l’écosystème pseudo-écologiste, anti-OGM, proche du CRIIGEN et de l’écosystème antivaxx, intervient pour renforcer la rhétorique complotiste : «Lesggy s’est fait happer par le système industriel. Il fait maintenant partie des marchands de doute qui déguisent la publicité en information». Cette citation est mise en grand dans l’article :

Enfin, après tout cela, ils s’étonnent, se posant en victimes intègres :

« On ne saura pas si Mac Lesggy, lui-même, se reproche quelque chose. Malgré plusieurs relances et l’envoi de questions par courriels, il n’a pas souhaité répondre à nos questions. »

La prétention à la neutralité jusqu’au bout.

Une pièce de diabolisation ignoble

Ainsi, cet article est une charge brutale et injuste contre Mac Lesggy, qui ne se justifie que par une intention malhonnête. On n’est plus dans l’attaque mesquine, comme ce que j’avais pu voir jusqu’ici, mais dans une diffamation de grande ampleur. Ils essayent de tuer médiatiquement Mac Lesggy.

L’économie: pourquoi flinguer ?

Ceci posé, il est intéressant de réfléchir à l’économie de cet article. Pourquoi ?

Mac Lesggy est une personnalité très visible pour le grand public et il contredit, souvent très efficacement, la désinformation pseudo-écologiste. C’est donc une cible que l’écosystème a intérêt à abattre. Néanmoins, rappelons que l’intérêt de tous les membres de l’écosystème n’est pas convergent avec l’intérêt de ce dernier.

L’intérêt des journaux et journalistes

Qu’est-ce qui fait que ces journalistes ont intérêt à écrire cet article et que Libération ait intérêt à le publier ?

Les deux intérêts peuvent ne pas converger: des journalistes pourraient dissimuler de la désinformation dans un article qui ne serait pas perçue par leur rédaction ou dont elle ne se soucierait pas. Néanmoins, Libération est un journal qui a joué un rôle similaire à Le Monde dans la propagation de la désinformation pseudo-écologiste.

Pour le journal, il va s’agir de gagner en visibilité: toute la sphère pseudo-écologiste va reprendre son papier. C’est une puissance communicationelle énorme ! Imaginez combien il faudrait payer en publicité pour avoir une audience comparable. Et il ne s’agit pas que d’audience, ces gens vous prêter la crédibilité qu’ils ont gagnés auprès de leur audience à l’article. Cela envoie, envoie, en outre, un message: Libération vous apporte des éléments entretenant vos croyances, ce qui incite l’abonnement pour cette population.

S’agissant des journalistes, l’intérêt le plus évident est de plaire à leur direction et d’améliorer leur visibilité. Il peut aussi s’agir de mieux s’intégrer personnellement à l’écosystème, qui est un moyen extrêmement puissant pour vendre des livres par exemple ou d’accumuler du capital politique.

Le rôle des scientifiques

On observe à travers cet article et l’épisode avec C. Cassou et Valérie Maçon-Delmotte l’importance des scientifiques complaisants avec l’écosystème: ils donnent les armes aux portes-flingues et permettent de faire facilement illusion.

Commentaire global

J’ai l’impression que Libération fait beaucoup d’efforts pour dissimuler son appartenance à l’écosystème militant d’extrême gauche. Mais cet article montre clairement qu’il y appartient. Son rôle est juste d’avoir l’air le plus acceptable possible. Comprenez bien que la pseudo-écologie ne se résume pas à du « pour » ou du « contre », c’est une mécanique centrée autour de parcours utilisateur: d’abord il est séduit par quelque chose, puis autre chose, etc. L’un de ces parcours consiste à convertir les personnes « normales », méfiantes envers le militantisme et pour cela, il faut d’abord les attirer vers quelque chose de très doux, qui n’a vraiment pas l’air militant. On peut imaginer que Libération représente une première étape.

Cet article utilise des mécaniques étrangement similaires à celles utilisées par S. Foucart et S. Horel contre David Zaruk pour protéger Christopher Portier d’accusations parfaitement légitimes. On voit émerger, j’ai l’impression, un style d’article. Après le journalisme de désinformation, le journalisme de diffamation ?