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Marie Toussaint, déresponsabilisation, Total et incurie économique (20/05/2024)

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Ce sont les élections européennes les Verts semblent accélérer sur la désinformation. Comme le dit justement et avec poésie Emmanuelle Ducro : « plus les écolos baissent dans les sondage, plus l’usine à saucisses tourne à plein régime« . C’est encore Marie Toussaint, tête de liste, qui se distingue par ses outrances dans deux extraits de son intervention sur RTL.

Extrait 1 : Incurie économique

Le premier extrait montre la manipulation de « la science » par les Verts et, surtout, leur incurie économique absolue et dangerosité terrifiante sur ce plan.

« La science »

La politicienne commence en se revendiquant la voix « des scientifiques » :

« Tous les scientifiques, mais aussi l’agence internationale de l’énergie le disent : si on veut se donner la moindre chance de préserver le climat, il faut arrêter d’investir dans le charbon, le pétrole et le gaz. »

C’est faux : on sait qu’on va encore produire et utiliser du pétrole et du gaz pendant des années, optimiser les procédés d’extraction et d’utilisation (notamment la capture de carbone) semble un impératif. Ne plus investir signifie, avant tout, ne plus améliorer.

« Tous les scientifiques » est une tentative de s’approprier le consensus autour de l’origine anthropique du dérèglement climatique. Ce processus d’appropriation est, comme je l’explique dans l’économie du militantisme, un des procédés du « cancer militant », car le militant dégrade ainsi ce qu’il tente de s’approprier. C’est du parasitisme, tout simplement.

La déresponsabilisation

On a une amorce à la déresponsabilisation, qui vient juste après il me semble :

« On peut pas laisser ces entreprises continuer à polluer et puis après dire ensuite ‘c’est la faute aux Français, c’est eux qui veulent continuer à prendre leurs bagnoles et à polluer’. Bah non, c’est pas le cas, c’est de la faute des stratégies qui sont menées par Total Energie, par ENI, par Repsol. »

Je développe plus loin.

Une incurie économique absolue

C’est le coeur de ce passage, elle propose de nationaliser à l’échelle de l’Europe les compagnies pétrolières :

« Et donc je propose la mise en place d’un fonds de souveraineté écologique, Européen, qui soit porté par la Banque européenne d’investissement et qui devienne actionnaire majoritaire de ces entreprises. C’est-à-dire on prend 50, 51% des droits de vote, pour faire quoi ? Bah pour sortir tous les investissements des énergies fossiles et les mettre dans les énergies renouvelables. »

Cette idée est, même pour les Verts, d’une stupidité terrifiante.

D’abord, ce serait un drame économique. Rien qu’Exxon est capitalisé à plus de 500 milliards de dollars. Total a une capitalisation de 159 milliards de dollars. Et racheter la majorité des parts ne se fait pas en payant la moitié de la capitalisation ! Plus vous rachetez, plus les parts gagnent de la valeur, parce que les acteurs savent que vous allez acheter. Bref, même pour les seuls actions disponibles, il faudrait payer des billions de dollars.

Ensuite, parce que ce n’est pas vraiment une idée originale : si ça pouvait marcher, quelqu’un aurait déjà mis tout son argent disponible pour se faire un monopole sur le pétrole. On sait que c’est imposssible parce que ça n’a pas déjà été fait. Par exemple, Aramco est détenu à 82.19% par le gouvernement d’Arabie Saoudite, Rosneft est détenu à 70% par le gouvernement russe, Kuwait Petroleum Corporation (KPC) appartient au Koweit, etc. Toutes les plus grandes sociétés pétrolières sont étatiques (ce qui a été souligné par Princertitude).

Enfin, parce que, même si ça réussissait, elle serait contre-productive : les gisements non exploités par les sociétés achetées seraient exploités par d’autres. Ces dernières, pouvant espérer être rachetées à prix d’or pour la collectivité, verraient leur capitalisation et leurs investissements décupler. Au final, une telle mesure implique littéralement d’investir des sommes massives dans l’industrie pétrolière.

Il s’agit du registre des pseudo-alternatives.

Rhétorique complotiste

Au niveau de la rhétorique, il y a moins à dire, à part cette phrase, au tout début de sa réponse : « Bah quand on voit Total Energie, la semaine dernière encore, qui va voir ses amis du Qatar … » Ce qualificatif « d’amis », alors qu’il ne s’agissait probablement pas d’une visite de courtoisie et que ces dirigeants ne partagent sans doute aucun lien amicaux, sert à alimenter le complotisme de ses auditeurs.

Extrait 2 : Déresponsabilisation et complotisme

Le second extrait met l’accent à fond sur la déresponsabilisation.

« Nous les écolos on n’est pas là pour enquiquiner le monde. On est là pour protéger la planète et protéger la santé et la capacité de la population de vivre bien sur cette planète. »

D’abord, on pretend quelque chose. Ca ne coute rien et ça peut marcher. C’est un peu comme le « Je suis pas raciste, mais … »

Et qu’est-ce qu’on propose, nous ? Et bien on propose que ce ne soient pas les gens, qui fassent les efforts écologiques, la population … on fait chaque jour les efforts écologiques nécessaires.

Et je veux dire à celles et ceux qui nous écoutent : ce n’est pas de votre faute s’il y a un dérèglement climatique, s’il y a une perte de la biodiversité, s’il y a des pollutions chimiques et toxiques partout, c’est de la faute des grands pollueurs, de Nestlé, sur lesquels on ne tape pas quand ils mettent du désinfectant dans l’eau ou du plastique dans le sol, de TotalEnergie, dont j’ai parlé tout à l’heure, de Bayer-Monsanto qui produit les pesticides qui nous rendent malades et après vont se faire de l’argent sur la vente de médicaments … Nous ce qu’on veut, nous ce qu’on demande, c’est des contraintes sur ceux qui gagnent de l’argent en détruisant la planète et ne exploitant les êtres humains.

Cette déresponsabilisation est un des principaux « biens » que commercialisent la pseudo-écologie. C’est particulièrement pervers ici, car ils sont aussi à l’origine de la culpabilisation, l’écoanxiété de la population. C’est évident ici : « s’il y a un dérèglement climatique, s’il y a une perte de la biodiversité, s’il y a des pollutions chimiques et toxiques partout ».

Ainsi, d’abord il créent un besoin cognitif d’absolution, puis ils l’accordent (en échange évidemment, implicitement, de l’adhésion à leur dogme et au vote pour eux). On voit ici l’importance de la diabolisation des entreprises, ainsi que l’ADN anticapitaliste de la pseudo-écologie, dans leur modèle d’affaires. En effet, pour que ce transfert de responsabilité soit efficace, ils ont besoin qu’un diable soit responsable.

Extrait 3 : Désinformation antinucléaire

Le dernier extrait est très court : 25 secondes ! Mais très dense …

« Le nucléaire, faut se souvenir : c’est des déchets qu’on ne sait pas gérer; ce sont aussi des risques, des dangers, même si on a, en tout cas c’est ce qu’on nous dit, décru ces dangers-là ; par contre, le nucléaire, ça pompe aujourd’hui des capacités d’investissement, notamment en France, qui seraient bien plus efficacement et rapidement utilisées dans les [énergies] renouvelables pour sortir des énergies fossiles, c’est simple ! »

Il y a un peu tout. Dans l’ordre :

  • Désinformation sur les déchets nucléaires : on sait très bien les gérer, d’où l’absence de mortalité y étant liée.
  • Désinformation sur les risques du nucléaires, présentés comme « existants » et, implicitement, importants, alors qu’ils sont négligeables.
  • Désinformation sur la viabilité supérieure des énergies renouvelables pour se passer d’énergies fossiles.

Il me semble que cette présentation d’une nature alternative des financements pour le nucléaires et le renouvelables est aussi désinformative, mais je suis moins sûr.