Infogm, OGM médicaux, Jacques Testart et exploitation [13/09/2003]

Publié le 20/11/2025

Par Alexandre

Info'OGM a publié un article assez immonde signé Thierry Raffin, Frédéric Prat et Jacques Testart : "Du danger des OGM médicaux", le 13 septembre 2003.

Comme son nom l'indique, il concerne les OGM médicaux.

Contexte

L'article réagit au fauchage d'un champ d'OGM destinés à la médecine et surtout les enfants :

"Dans la nuit du 15 août, près d’Issoire (Puy-de-Dôme), étaient fauchés 3 000 m2 de maïs rendu transgénique pour produire une enzyme, une lipase gastrique de chien, capable de soulager les désordres digestifs des malades atteints de mucoviscidose."

Pivot : la réaction

Immédiatement, il tourne en dérision la réponse : "Tollé général ! Communiqué de Meristem Therapeutics, l’industriel responsable de l’essai (cette action « marque un tournant »), colère de l’association Vaincre la mucoviscidose, mobilisation de la préfecture contre le « terrorisme », indignation des syndicats (la CFDT y voit « le sommet de l’irresponsabilité »), embarras des organisations hostiles aux OGM, dont aucune n’a revendiqué l’action…"

Puis une pointe un peu complotiste : "L’opération arrive au bon moment pour l’industrie des OGM agroalimentaires". Comme par hasard, n'est-ce pas ?

Renforcée par l'idée que celle-ci viserait à "imposer les plantes transgéniques", sous-entendu par des moyens détournés.

Le dénigrement des OGM

Ainsi, on arrive aux OGM :

"En réalité, ces plantes n’ont jamais permis d’atteindre les buts assignés par leurs promoteurs (améliorer l’environnement, nourrir la planète…), et rien n’indique qu’elles seraient capables d’y parvenir, sauf la foi aveugle et mystique dans la solution génétique."

Ce passage est faux : les variétés BT réduisent les pesticides utilisés et beaucoup d'ogm participent à "nourrir la planète". Néanmoins, l'insinuation est whattaboutiste : les OGM devraient avoir réussi à éliminer la faim et sauver l'environnement.

Il continue dans le discours anti-solutions avec la pseudo-alternative :

De même que ces objectifs pourraient être visés par des méthodes alternatives moins invasives, et à moindre risque pour l’environnement, la santé et l’économie rurale, il existe d’autres façons de produire des médicaments, telle la lipase gastrique.

Néanmoins, son militantisme semble ne viser que les OGM végétaux : "Mieux encore, on pourrait faire fabriquer l’enzyme utile par des cellules animales ou des bactéries, rendues transgéniques et cultivées en fermenteur".

Effacement des malades

Ensuite, l'auteur efface totalement l'intérêt des malades derrière l'idée que l'industrie tenterait de faire accepter les OGM. C'est la quintessence de la logique d'exploitation : il ne se contente pas de soutenir des actes qui nuise aux malades, il efface totalement ces derniers.

C'est aussi une logique totalitaire : seul compte la conformité au narratif, au dogme. Le reste est ignoré.

Un passage intéressant : "En fait, ces démonstrations de « moléculture » présentent surtout l’intérêt pour les industriels des biotechnologies de se refaire une virginité éthique".

En effet, c'est un élément récurrent du discours pseudo-écologiste : l'idée qu'il faudrait être désintéressé pour faire quelque chose de souhaitable ou vrai et qu'eux seuls seraient désintéressés.

Le gène Terminator est qualifié de "stérilisation du vivant" et d'erreur de communication.

L'auteur exagère ensuite les difficultés liés à la pratique de cultures de plante créatrice de médicament en évoquant la contamination par le maïs Prodigène de 500 000 tonnes de sojas. "Les plantes-médicaments pourraient s’avérer redoutables tant leur culture en plein champ présente des risques non maîtrisés."

La dissémination est présentée comme un risque en soi.

La consultation

Les OGM sont implicitement accusés d'être antidémocratiques : " s’agitant jusqu’à Bruxelles et au Vatican pour imposer les plantes transgéniques à des populations qui, majoritairement, les refusent. [...] Comment peut-on s’autoriser ainsi à brader le principe de précaution, sans que le public soit informé des enjeux réels, sans qu’il soit impliqué dans la décision ? [...] Décidément, il est urgent de mettre les OGM en démocratie."

Ce discours est très courant en pseudo-écologie (ex : le nucléaire auquel il est reproché d'être antidémocratique) et combine plusieurs logiques :

  • Le dénigrement
  • Le double standard (eux doivent être transparents/démocratiques, nous non)
  • L'influence réglementaire : on leur impose cette transparence, des consultations (comme pour le nucléaire).