Un système agricole "drogué" aux intrants ?
Le principal verrou que le "lobby agro-industriel" aurait placé sur l'agriculture serait les semences des agriculteurs.
Le lobby agro-industriel aurait construit son emprise sur les agriculteurs en restreignant leur choix à des variétés fragiles à haut rendement, pour favoriser la consommation d'intrants. Cela les aurait également éloignés de leurs variétés locales, adaptées à leurs terroirs.
Ensuite, il aurait interdit les semences de ferme et se serait approprié le vivant.
La restriction du choix à des variétés fragiles
Les agriculteurs seraient obligés de choisir des variétés fragiles, inadaptées à leur terroir, notamment à cause du catalogue officiel, qui définit précisément les variétés disponibles.
Cela favoriserait la dépendance aux intrants et leurs effets pervers :
- Plus ils utilisent d'insecticides, moins il y a d'insectes prédateurs de ravageurs et de faune commensale.
- Plus ils utilisent d'herbicides,
- Plus ils utilisent d'engrais, plus il y a de mauvaises herbes et moins il y a de micronutriments dans le sol.
En réalité, les agriculteurs sont largement libres d'utiliser leurs semences, notamment les variétés anciennes. Ces dernières sont néanmoins survendues et si les nouvelles sont préférées, c'est qu'elles sont meilleures, tout simplement.
La propriété intellectuelle agricole
L'agro-industrie s'approprierait le vivant à l'aide des brevets OGM et des Certificats d'obtention végétale (COV).
Ainsi ils dépossèderaient les paysans du monde entier de leurs variétés et de leurs plantes. Pire, ils empêchent les agriculteurs de resemer, ce qui enferme ces derniers dans une relation de subordination.
En réalité, les COV ne permettent que de protéger des variétés "nouvelles".
Quant aux OGM, ils visent des usages et ne peuvent pas "déposséder" une obscure tribue amazonienne de l'usage qu'elle fait de ses plantes.
Une désinformation anti-agricole
Comme souvent en agriculture, on constate que cette désinformation vient essentiellement du monde agricole. Et pourtant, c'est l'une des plus toxiques pour les agriculteurs eux-mêmes. En effet, ce sont les premiers bénéficiaires de l'innovation génétique en matière agricole. Ce sont eux qui ont de meilleurs résultats grâce aux nouvelles variétés et aux OGM.
Ces discours, décourageant l'innovation en la matière, sont en fait surtout néfastes aux agriculteurs. Pour le comprendre, il faut revenir à la base : l'intérêt individuel à participer à la désinformation est supérieur à l'effet négatif individuel.